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Nissan Shaham libéré de façon anticipée malgré les objections de l’État

Les procureurs ont déclaré que l'ancien chef de police condamné pour harcèlement sexuel devait rester en prison, n'ayant jamais exprimé de remords ni suivi de stage de repentance

L'ancien commandant du district de Jérusalem, Nissan "Niso" Shaham remis en liberté, devant la prison de Hermon, le 25 août 2022. (Crédit : David Cohen/Flash90)
L'ancien commandant du district de Jérusalem, Nissan "Niso" Shaham remis en liberté, devant la prison de Hermon, le 25 août 2022. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Un ancien chef de la police de Jérusalem condamné pour harcèlement sexuel a été libéré jeudi après avoir passé six mois et demi en prison, la Cour suprême ayant rejeté les efforts du Parquet pour empêcher sa libération anticipée.

Nissan « Niso » Shaham a été reconnu coupable de harcèlement sexuel, de cinq chefs d’accusation d’abus de confiance et de cinq chefs d’accusation d’actes indécents pour avoir eu des relations sexuelles avec plusieurs femmes officiers de police sous ses ordres, qui étaient par ailleurs beaucoup plus jeunes que lui.

Selon les procureurs, Shaham avait contraint des subalternes à avoir des relations sexuelles avec lui, et avait ensuite pris des décisions concernant leur carrière, et ce à de multiples occasions.

Le mois dernier, un comité de probation a accordé une libération anticipée à Shaham, condamné à dix mois de prison, en invoquant son bon comportement. Shaham n’avait commencé à purger sa peine qu’en mars.

La commission de la prison de Tzalmon a pris cette décision malgré l’opposition du ministère public et des autorités chargées de la réhabilitation.

En quittant la prison jeudi soir, Shaham a déclaré qu’il ne se souciait pas des critiques publiques au sujet de sa libération anticipée et que son cas « ne regardait personne ».

L’ancien commandant du district de Jérusalem, Nissan « Niso » Shaham, lors de sa remise en liberté, à l’extérieur de la prison de Hermon, le 25 août 2022. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Dans leur appel à la Cour suprême, les procureurs de l’État ont fait valoir que Shaham ne méritait pas de libération anticipée, affirmant qu’il n’avait pas reconnu sa culpabilité et n’avait pas suivi de programme de réhabilitation en prison.

Le Parquet a également cité des déclarations faites par Shaham en prison, qui, selon lui, montrent non seulement qu’il ne regrettait pas ses actes, commis alors qu’il occupait de hautes fonctions officielles, mais qu’il ne les considérait toujours pas comme étant de nature criminelle.

Mais le tribunal n’a pas été convaincu, citant un rapport d’enquête sur le premier entretien de Shaham avec des travailleurs sociaux de la prison, selon lequel l’ancien officier avait initialement assumé une « responsabilité partielle » pour ses actes, mais avait ensuite déclaré qu’il était « tourmenté » par les conséquences de ses actes et qu’il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour minimiser la douleur de ses victimes.

La décision du tribunal a noté que les remords de Shaham semblaient être authentiques et a accepté sa déclaration selon laquelle il avait initialement des difficultés à s’exprimer parce qu’il était embarrassé par son comportement, « ce qui l’éloignait de sa vérité intérieure ».

L’ancien commandant du district de Jérusalem, Niso Shaham, lors d’une audience pour sa libération anticipée, à la Cour suprême de Jérusalem, le 23 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La Cour a également cité un avis externe soumis par Shaham au conseil d’administration de la prison, qui affirmait qu’il avait exprimé de véritables remords et qu’il avait accepté de recevoir une aide professionnelle.

Ces éléments ont convaincu la Haute Cour de rejeter l’appel du ministère public et d’approuver la libération anticipée de Shaham jeudi.

Le groupe de défense des droits des femmes Naamat a qualifié cette décision de « scandaleuse », ajoutant qu’elle ne contribuera pas à rétablir la confiance du public dans le système.

Hagit Peer, présidente de Naamat, a déclaré que le « comportement scandaleux » de la commission de libération conditionnelle donnait un « laissez-passer gratuit à un délinquant sexuel ».

« Nous parlons d’un délinquant sexuel qui a bénéficié de peines clémentes dès le départ et qui reçoit maintenant une autre récompense sous la forme d’une réduction de sa peine de prison », a écrit Peer.

L'ancien chef de la police de Jérusalem Nissan 'Niso' Shaham au mur Occidental de Jérusalem, en 2012. (Crédit : Uri Lenz/Flash90)
L’ancien chef de la police de Jérusalem Nissan ‘Niso’ Shaham au mur Occidental de Jérusalem, en 2012. (Crédit : Uri Lenz/Flash90)

Shaham a été condamné une première fois en avril 2018 pour avoir embrassé une officier subalterne, mais a été acquitté de près d’une douzaine d’autres accusations portées contre lui concernant des relations sexuelles présumées avec de nombreuses femmes officiers sous son commandement.

Il a été condamné en décembre 2018 à des travaux d’intérêt général, mais en septembre 2019, le tribunal de district de Tel Aviv a accepté l’appel de l’accusation, a annulé la décision d’innocenter Shaham pour harcèlement sexuel, fraude et abus de confiance, et l’a condamné pour les charges initiales.

En février 2020, il avait écopé d’une peine de prison de dix mois assortie de cinq mois de probation et de plusieurs amendes. Après des appels infructueux, il était finalement entré en prison le 1er mars 2022.

Tout au long de l’enquête et du procès, Shaham a refusé de signer un accord qui lui aurait permis de plaider coupable pour les accusations d’abus de confiance.

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