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Nucléaire iranien : Lapid parle à Macron, appelle à renforcer les pressions

Les deux hommes ont aussi discuté des relations bilatérales, selon le ministère des Affaires étrangères ; le président a répété son attachement à la sécurité d'Israël

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, à gauche, parle au président Emmanuel Macron, à Paris, le 30 novembre 2021. (Crédit : MFA/Quentin Crestinu)
Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, à gauche, parle au président Emmanuel Macron, à Paris, le 30 novembre 2021. (Crédit : MFA/Quentin Crestinu)

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid s’est entretenu samedi avec le président français Emmanuel Macron au sujet des négociations nucléaires qui ont actuellement lieu à Vienne entre les puissances mondiales et l’Iran.

Six semaines après la rencontre entre les deux hommes à Paris, Lapid et Macron « ont eu une longue conversation », selon le ministère des Affaires étrangères israélien. La discussion s’est focalisée sur « les négociations consacrées à l’accord sur le nucléaire et la demande d’Israël de renforcer les pressions sur l’Iran », a dit Lapid.

Son bureau a indiqué qu’ils avaient aussi évoqué les liens bilatéraux et que Macron avait « répété son engagement en faveur de la sécurité d’Israël et il a souligné l’importance qu’il accorde à la relation chaleureuse qui unit Israël et la France ».

La présidence française n’a pas encore émis de compte-rendu de cet appel.

La dernière série de négociations sur l’Iran a repris la semaine dernière à Vienne juste après le Nouvel an, suite à une pause de trois semaines pour les fêtes et après la reprise initiale des pourparlers, au mois de novembre.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a expliqué vendredi qu’il restait optimiste sur la conclusion d’un accord entre l’Iran et les puissances mondiales concernant le programme nucléaire de la République islamique.

« Je reste convaincu que nous pouvons conclure un accord. Il y a eu des progrès au cours des derniers jours », a dit Le Drian à BFM et à la radio RMC, cité par l’agence de presse Reuters. « Nous avançons dans une direction positive depuis quelques jours, mais le temps est déterminant parce que si nous ne concluons pas un accord rapidement, il n’y aura plus rien pour négocier ».

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et son homologue libanais, Nassif Hitti, non représenté, ont tenu une conférence de presse après leur réunion au ministère libanais des Affaires étrangères à Beyrouth, au Liban, le 23 juillet. 23, 2020. (Crédit : AP Photo/Bilal Hussein)

Pendant leur entretien, samedi, Lapid a aussi félicité Macron pour la présidence du conseil de l’Union européenne (UE) qui a été prise par la France et « il a souligné l’importance de renforcer les relations entre Israël et l’UE », a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

Fin novembre, Lapid s’était rendu à Paris et avait rencontré Macron au terme d’un déplacement de trois jours en Europe qui avait été largement consacré aux négociations avec l’Iran.

A l’époque, Lapid avait dit à Macron que les sanctions mises en œuvre contre l’Iran ne devaient pas être levées et que seule une menace militaire crédible parviendrait à stopper le programme nucléaire de Téhéran.

Lapid avait rappelé à Macron la conviction d’Israël, qui est que l’Iran tente de gagner du temps avec ces pourparlers afin de continuer à avancer dans son programme nucléaire, et dans le but aussi profiter d’un allègement des sanctions économiques écrasantes qui sont appliquées à la république islamique. Le chef de la diplomatie israélienne avait également souligné la nécessité de développer un plan B efficace si les négociations devaient échouer.

L’Iran a fait savoir, lundi, qu’il avait perçu un nouveau « réalisme » de la part des pays occidentaux qui participent aux négociations.

« Nous sentons un recul, ou plutôt une forme de réalisme de la part des pays occidentaux qui participent aux négociations de Vienne, qui prennent conscience qu’aucune demande au-delà de l’accord sur le nucléaire ne pourra être soumise », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Saeed Khatibzadeh aux journalistes.

Toutefois, il est « prématuré de juger si les États-Unis et les trois autres pays européens [France, Allemagne et Royaume-Uni] ont mis en place un ordre du jour réel en ce qui concerne un éventuel engagement à lever les sanctions », a-t-il continué.

Lazar Berman et l’AFP ont contribué à cet article.

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