Nucléaire : l’Iran continue de « mentir au monde », met en garde Naftali Bennett
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Nucléaire : l’Iran continue de « mentir au monde », met en garde Naftali Bennett

"L'attente naïve selon laquelle l'Iran sera prêt à changer de cap par le biais de négociations s'est révélée infondée," a déclaré le Premier ministre israélien

Le Premier ministre Naftali Bennett s'exprime lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem le 8 août 2021. (Ronen Zvulun / Pool / AFP)
Le Premier ministre Naftali Bennett s'exprime lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem le 8 août 2021. (Ronen Zvulun / Pool / AFP)

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett a accusé vendredi l’Iran de continuer à « mentir au monde » concernant son programme nucléaire, quelques jours après la publication d’un rapport de l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA) dénonçant un grave manque de coopération de Téhéran.

« Israël considère avec une extrême gravité l’image reflétée dans le rapport (de l’AIEA, NDLR), qui prouve que l’Iran continue de mentir au monde et de promouvoir un programme de développement d’armes nucléaires, en contrevenant à ses obligations internationales », a déclaré M. Bennett dans un communiqué.

L’AIEA avait déclaré mardi dans son rapport que l’Iran avait « sérieusement entravé » depuis février 2021 ses « activités de vérification et de surveillance » en décidant de restreindre les inspections de l’organisation.

M. Bennett a ainsi enjoint la communauté internationale à « agir » car, « l’attente naïve selon laquelle l’Iran sera prêt à changer de cap par le biais de négociations s’est révélée infondée ».

« Seule une position ferme de la communauté internationale, appuyée par des décisions et des actions, peut entraîner un changement de cap du régime de Téhéran, qui a perdu toute retenue », a-t-il ajouté.

A l’instar de son prédécesseur Benjamin Netanyahu, M. Bennett accuse l’Iran de chercher à se doter de la bombe atomique en secret et est opposé à l’accord international sur le nucléaire iranien.

Ce pacte, conclu en 2015 à Vienne entre Téhéran et la communauté internationale, offre à l’Iran un allègement des sanctions internationales à son encontre en échange de son engagement à ne jamais se doter de l’arme atomique, et d’une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous un strict contrôle de l’ONU.

En riposte au retrait unilatéral des Etats-Unis de l’accord en 2018 et à la réimposition de sanctions sévères, Téhéran a progressivement abandonné à partir de mai 2019 la plupart des limites à ses activités nucléaires prévues par l’accord.

Le président américain Joe Biden, qui a succédé à Donald Trump, dit vouloir faire revenir Washington dans le giron de l’accord.

Mais, réagissant mercredi au rapport de l’AIEA, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a averti que les Etats-Unis étaient « proches » d’abandonner leurs efforts pour relancer l’accord.

Le directeur-général de l’AIEA, l’Argentin Rafael Mariano Grossi donne une conférence au siège de l’organisation à Vienne, le 2 décembre 2019. (Crédit : AP Photo/Ronald Zak)

Les pourparlers commencés en avril à Vienne entre l’Iran et les cinq autres Etats encore parties à l’accord (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) pour tenter de permettre le retour des Etats-Unis, en échange d’un allégement des sanctions américaines, sont aujourd’hui au point mort.

Le directeur général de l’AIEA a prévu de se rendre à Téhéran dimanche pour tenter de désamorcer les tensions, alors que le gendarme onusien du nucléaire a accusé cette semaine l’Iran d’un manque de coopération.

« Rafael Grossi va rencontrer le vice-président de la République islamique et le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Mohammad Eslami », a indiqué samedi l’Agence internationale de l’énergie atomique dans une déclaration transmise à l’AFP.

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