Obstacles juridiques à l’origine de l’abandon du couvre-feu de 3 semaines
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Obstacles juridiques à l’origine de l’abandon du couvre-feu de 3 semaines

Tous les centres commerciaux, les musées et les marchés en plein air rouvrent mercredi

Des Israéliens au centre commercial Ayalon, à Ramat Gan, le 27 novembre 2020. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Des Israéliens au centre commercial Ayalon, à Ramat Gan, le 27 novembre 2020. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les ministres ont approuvé l’ouverture des centres commerciaux du pays après avoir renoncé mardi à imposer un couvre-feu nocturne afin de pouvoir faire baisser les taux d’infection au coronavirus. Ce renoncement serait dû à des difficultés juridiques.

Le cabinet Corona a décidé, lors d’une réunion qui s’est déroulée tard mardi soir par téléphone, que les centres commerciaux, les marchés en plein air et les musées auraient la permission d’accueillir leurs clients, lit-on dans un communiqué du Bureau du Premier ministre.

Les magasins et les centres commerciaux seront soumis à des règles de distanciation sociale pour limiter les attroupements, à des systèmes d’enregistrement informatique qui assureront le suivi de l’affluence du public, à l’entrée, et à la présence de gardiens qui limiteront le nombre de clients sur les marchés en plein air.

Le port du masque et l’interdiction de consommer des produits alimentaires sur place devront aussi être respectés à l’intérieur des centres commerciaux et sur les marchés.

Ces nouvelles mesures resteront en vigueur au moins jusqu’au 23 décembre.

Le communiqué n’a pas précisé les raisons de la volte-face du gouvernement concernant un durcissement des règles.

Quinze centres commerciaux, des marchés en plein air et quelques musées avaient ouvert leurs portes le mois dernier dans le cadre d’un programme-pilote visant à examiner la sûreté des mesures de restriction mises en place. Les boutiques ayant une vitrine extérieure et les commerces essentiels avaient, pour leur part, d’ores et déjà pu accueillir leurs clients. Le nombre quotidien de nouveaux cas de coronavirus, en Israël, augmente petit à petit avec la reprise des activités économiques dans le pays.

La décision de rouvrir les centres commerciaux est survenue suite aux pressions exercées par le ministre des Finances Israel Katz et par le ministre de l’Economie Amir Peretz, qui ne voulaient pas que le gouvernement puisse sembler faire preuve de partialité à l’égard des centres commerciaux qui n’avaient pas figuré dans le programme-pilote, a fait savoir le site d’information Ynet.

Entre 120 et 140 centres commerciaux sont restés fermés pendant ce programme-pilote, a pour sa part indiqué le site Walla.

Des travailleurs de la santé prélèvent des échantillons auprès d’Israéliens pour vérifier s’ils ont été infectés par le coronavirus, à Lod, le 1er décembre 2020. (Yossi Aloni/Flash90)

« Il est particulièrement important, ces jours-ci, d’ouvrir les commerces pour permettre aux commerçants de vivre et pour fournir des services en amont de la fête de Hanoukka », aurait dit Katz, cité par Walla.

« J’appelle les gérants des magasins et les clients à être rigoureux dans leur application des règles sanitaires afin de prévenir les infections et de permettre aux activités commerciales de se poursuivre ».

Mardi soir également, les ministres ont décidé de mettre en œuvre des confinements localisés dans les villes de Zalafa et de Musmus et dans le conseil régional de Daliyat al-Carmel, qui se trouvent tous à proximité de Haïfa, dans le nord du pays, en raison des taux élevés de contamination. Ce confinement a commencé mercredi à 7 heures du matin et il durera jusqu’au 14 décembre.

Le couvre-feu, qui devait commencer mercredi soir et durer au moins jusqu’au 2 janvier, a été écarté, dans la journée de mardi, en raison de difficultés juridiques.

Les représentants du procureur-général avaient averti qu’ils ne pourraient pas défendre la décision gouvernementale portant sur l’imposition d’un couvre-feu face à d’éventuelles récriminations, les hauts-responsables du ministère de la Santé ayant fait part de leur désaccord avec cette initiative.

Le couvre-feu avait en effet été considéré comme inefficace par d’importants officiels de la Santé – notamment par le responsable de la lutte contre le coronavirus au sein de l’Etat juif, Nachman Ash, et par le ministre de la Santé Yuli Edelstein.

« Suite aux obstacles légaux qui se sont dressés face à l’approbation d’un couvre-feu nocturne – qui vise à prévenir un nouveau confinement général – des alternatives sont actuellement à l’étude pour tenter d’empêcher les rassemblements pour Hanoukka et jusqu’à la fin de l’année », a expliqué un communiqué.

« Le ministère de la Santé continue à travailler sur l’élaboration de la résolution et la rencontre du cabinet qui est donc prévue, ce soir, sera reportée et elle devrait avoir lieu demain », a continué le communiqué, diffusé mardi soir.

La police des frontières israélienne fait respecter le port du masque à Jérusalem, le 8 décembre 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Selon un reportage de la Douzième chaîne, des responsables de la justice se sont appuyés dans leur avis juridique sur la loi globale sur la COVID-19, adoptée en début d’année. Elle stipule que les mesures de confinement – dont le couvre-feu fait apparemment partie – ne pouvaient être imposées qu’en l’absence d’alternatives, et seulement lorsque leur efficacité aurait été clairement établie.

Le reportage a précisé que les responsables juridiques s’étaient aussi inquiétés d’une augmentation de la fréquentation des magasins pendant la journée dans la mesure où les commerces seraient fermés le soir – ce qui serait susceptible d’entraîner une recrudescence du nombre de cas au lieu de faire justement baisser les chiffres.

Selon la Douzième chaîne, le ministère de la Santé va maintenant recommander des fermetures ciblées sur la base des taux locaux d’infection tout en réprimant plus spécifiquement les secteurs juifs dont les épidémies seront plus sérieuses à Hanoukka, ainsi que les zones à majorité chrétienne à Noël et au Nouvel an.

Le ministère de la Santé cherche aussi à faire en sorte qu’au moment où Israël enregistrera 2 000 nouveaux cas par jour – ce qui devrait être le cas la semaine prochaine – tous les magasins, tous les marchés en plein air et tous les centres commerciaux baissent le rideau.

Israël a imposé son second confinement national à la mi-septembre pendant les Grandes fêtes de Tishri, un confinement qui est resté strictement en place jusqu’à la mi-octobre, quand le gouvernement a commencé à assouplir graduellement les restrictions qui avaient été mises en place. Toutes les limitations n’ont, par ailleurs, pas encore été levées.

Le pays a enregistré son nombre le plus élevé de nouveaux cas de coronavirus en presque deux mois dans la journée de lundi. Cet emballement des infections met en péril les avancées de lutte contre la maladie qui ont été réalisées pendant le deuxième confinement, et laisse entrevoir la perspective d’un troisième.

Les premiers vaccins en provenance de l’étranger arriveront mercredi et le ministère de la Santé aurait fait savoir aux caisses médicales que la date-cible du début des campagnes de vaccination serait le 20 décembre.

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