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La cour demande un accord pour le soldat qui a tué un attaquant désarmé

L’inculpation a été lue devant le tribunal au début du procès d’Elor Azaria, qui a tué un assaillant palestinien blessé à Hébron le 24 mars

Elor Azaria, le soldat israélien qui a abattu un attaquant palestinien désarmé et neutralisé en mars 2016 à Hébron devant la cour militaire de Jaffa, le 18 avril 2016. (Crédit : Flash90)
Elor Azaria, le soldat israélien qui a abattu un attaquant palestinien désarmé et neutralisé en mars 2016 à Hébron devant la cour militaire de Jaffa, le 18 avril 2016. (Crédit : Flash90)

La cour militaire de Jaffa a appelé lundi les deux parties du procès du sergent de l’armée israélienne Elor Azaria, qui est accusé d’homicide involontaire pour avoir abattu un attaquant palestinien neutralisé à Hébron le 24 mars, à chercher un accord judiciaire pour l’affaire.

Azaria a été accusé lundi de meurtre sans justification et de violation des règles d’engagement militaire quand il a tiré sur et tué Abdel Fattah al-Sharif, qui quelques minutes auparavant avait poignardé des soldats israéliens. Al-Sharif et un autre assaillant avaient poignardé et blessé un soldat avant que les troupes n’ouvrent le feu contre eux, blessant al-Sharif et tuant le second attaquant.

L’inculpation d’Azaria a été lue devant la cour pour la première fois lundi. Elle affirme qu’Azaria ne pensait pas qu’al-Sharif posait une menace imminente quand il a tiré sur lui.

La défense a accepté la suggestion de la cour de s’asseoir avec l’accusation, probablement afin de discuter d’un accord judiciaire. Le jury de trois juges avait ordonné aux procureurs de répondre à l’idée d’ici une semaine.

Selon l’inculpation, « l’accusé a armé son arme, s’est approché du terroriste et a tiré une seule balle à courte portée, en visant la tête [d’al-Sharif], et l’a touché. »

« Il a agi en contravention des règles d’engagement et sans aucune justification opérationnelle, alors que le terroriste était au sol, blessé, ne tentait pas une seconde attaque et ne constituait pas une menace concrète et immédiate contre l’accusé, les civils ou les soldats présents sur place. »

Une vidéo de la scène montrait al-Sharif, blessé mais toujours vivant, quelques minutes après, puis Azaria lui tirant dans la tête. Azaria a été arrêté, les groupes de défense des droits de l’Homme comparant ses actions à une exécution sommaire.

Juste après l’incident, le sergent de 19 ans avait déclaré à la police militaire que « quand je l’ai regardé j’ai vu qu’il bougeait la tête, et le couteau qu’il avait utilisé pour poignarder, le couteau noir, était à portée de sa main. Il bougeait sa main vers le couteau. »

Mais une nouvelle vidéo, diffusée dimanche par la Deuxième chaîne, a montré que le couteau noir en question était situé à au moins un mètre de l’assaillant neutralisé, ce qui semblait contredire ces affirmations.

L'assaillant blessé à distance d'un couteau à Hébron, le 24 mars 2016. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
L’assaillant blessé à distance d’un couteau à Hébron, le 24 mars 2016. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Azaria avait également affirmé après le tir qu’il s’était méfié du fait qu’al-Sharif porte un grand manteau, dont le soldat a dit qu’il aurait pu cacher une bombe. Mais la nouvelle vidéo montre que plusieurs autres soldats et secouristes présents sur place portaient aussi des manteaux ce matin de mars dans cette région montagneuse du sud de la Cisjordanie.

Alors que les procureurs militaires ont déclaré avoir suffisamment de preuves pour poursuivre les accusations d’homicide involontaire, un juge militaire qui supervisait les auditions préliminaires de l’affaire a suggéré qu’il était possible que le doute subsiste.

L’affaire repose sur les motivations d’Azaria, l’accusation tentant de prouver qu’Azaria savait qu’al-Sharif n’était plus une menace.

Le chef d’Etat-major de l’armée israélienne, Gadi Eizenkot, a condamné le tir dans les jours suivant l’incident, déclarant que les soldats israéliens recevaient le soutien de l’armée s’ils faisaient une erreur au cœur de la bataille, mais que les actions d’Azaria semblaient préméditées.

« Nous n’hésiterons pas à poursuivre les soldats et les commandants qui dévient de nos standards éthiques et opérationnels », avait déclaré Eizenkot.

Il est peu probable que l’accusation accepte un accord judiciaire, après l’enrôlement par l’avocat général militaire Sharon Afek, dans le cadre de son service de réserve, un important avocat du secteur privé, Nadav Weisman, pour rejoindre l’équipe poursuivant Azaria.

L’inculpation comprend aussi une accusation de comportement inappropriée pour un soldat.

La cour a rejeté lundi la demande d’Azaria d’être libéré pour le Jour de l’Indépendance, qui commence mercredi soir.

L’affaire a déclenché la controverse et enflammé les tensions politiques en Israël. Malgré une condamnation forte des actions d’Azaria par le gratin militaire, le ministre de la Défense et le chef d’Etat-major, les militants d’extrême droite et certains politiciens ont accusé l’establishment militaire d’abandonner l’un des siens.

Un groupe d’environ deux douzaines de militants manifestait lundi devant la cour militaire de Jaffa, avec des panneaux disant « Elor est le sel de la terre » et « Elor mérite une médaille ».

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