Plan américain : Netanyahu promet de faire preuve d’une « ouverture d’esprit »
Rechercher

Plan américain : Netanyahu promet de faire preuve d’une « ouverture d’esprit »

Le Premier ministre a déclaré sur CNN qu’il préférait s’intéresser au "fond" plutôt qu’aux "étiquettes"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans une interview avec CNN, le 28 septembre 2018 (Capture d'écran :  (CNN)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans une interview avec CNN, le 28 septembre 2018 (Capture d'écran : (CNN)

Dans un entretien accordé à CNN et diffusé vendredi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a indiqué qu’il examinerait l’initiative de paix de Washington en faisant preuve d’une « ouverture d’esprit ». Mais il ne s’est pas prononcé explicitement en faveur d’une solution à deux États pour le conflit israélo-palestinien.

« Je vais bien évidemment l’examiner… avec intérêt et ouverture d’esprit, parce que je sais qu’il y a une grande amitié avec Israël », a déclaré le dirigeant israélien au sujet du plan de paix de l’administration Trump que l’on attend depuis longtemps.

« La question de savoir ce qui se produira précisément quand il présentera le plan dépend de… je l’examinerai, a dit Netanyahu. J’ai toujours dit que j’étais prêt à étudier les propositions de paix formulées par les Etats-Unis ».

Plus tôt dans la semaine, le président américain Donald Trump avait fait les gros titres après avoir déclaré, pour la première fois, qu’il était en faveur d’une solution à deux États.

Après sa rencontre avec Netanyahu en marge de l’Assemblée générale, Trump a dit aux journalistes qu’il pensait que la solution à deux États « était la meilleure ». Auparavant, il était resté vague sur le sujet, laissant entendre qu’il soutiendrait ce que les partis accepteraient, y compris une solution à un seul État, dans laquelle les Territoires palestiniens deviendraient une partie d’Israël.

Le président américain Donald Trump (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se réunissent à l’Assemblée générale des Nations Unies le 26 septembre 2018 au siège de l’ONU (AP Photo/Evan Vucci).

Interrogé quant à savoir s’il préférait lui aussi une telle solution, Netanyahu a botté en touche.

« J’ai découvert que, si on utilise des étiquettes, on ne va pas très loin car beaucoup de gens différents accordent une signification différente au mot ‘État’. Alors plutôt que de parler d’étiquettes, j’aimerais parler de fond ».

Il a affirmé qu’il aimerait voir les Palestiniens « avoir tout les pouvoirs pour se diriger eux-mêmes, mais aucun pouvoir de nous menacer ».

Selon lui, Israël « doit avoir le contrôle sécuritaire. Ce ne sont pas les Nations unies, pas la police montée canadienne, pas les forces autrichiennes ou australiennes, mais bien les forces israéliennes qui doivent avoir le contrôle sécuritaire, autrement, cet endroit sera repris par des terroristes islamiques, soit [l’Etat islamique] ou le Hamas ou l’Iran », a déclaré le Premier ministre.

« C’est ma condition. Les gens disent, ‘Est-ce l’équivalent d’un état ?’ Je ne sais pas, à vous de me le dire… je veux que les Palestiniens se gouvernent eux-mêmes, mais qu’ils ne soient pas capables de nous menacer ».

Jeudi, des ministres israéliens ont accusé le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas d’avoir rejeté la paix et d’avoir soutenu le terrorisme dans son discours aux Nations unies. Ils ont affirmé qu’il avait montré son seul intérêt pour la vengeance et qu’on ne pouvait pas lui confier un État palestinien.

Même si son discours devant l’Assemblée générale à New York était bien plus mesuré que la déclaration enragée que beaucoup avaient attendue, Abbas s’est attiré le feu des critiques pour avoir rejeté les Etats-Unis en tant que possible médiateur de paix et pour avoir salué les terroristes condamnés dans des prisons israéliennes.

Pendant son intervention, Abbas avait déclaré que « Jérusalem n’est pas à vendre » et avait rejeté toute offre ne comprenant pas Jérusalem Est, y compris la Vieille Ville avec tous ses Lieux saints, comme la capitale de l’État palestinien.

Netanyahu s’est aussi félicité de la décision de l’administration Trump de quitter l’accord sur le nucléaire avec l’Iran et du renouvellement des sanctions douloureuses contre le régime iranien.

« Vous avez mis la pression sur l’Iran pour qu’il cesse son agression dans la région et ses efforts secrets afin d’obtenir un passe-droit pour le programme nucléaire. Je pense que c’est une décision très sage, a-t-il remarqué. On ne sait pas très bien comment les choses vont évoluer, mais l’idée est de faire rentrer l’Iran dans une boîte ».

L’Europe et l’Iran ont promis de respecter l’accord, qui avait levé les sanctions imposées en échange d’un arrêt du programme nucléaire de Téhéran. Pourtant, le retour des sanctions a causé de sérieux dégâts à l’Iran, avec le départ d’entreprises internationales et l’effondrement de la devise locale, qui ont entraîné de vives tensions sociales.

Interrogé quant à savoir s’il espérait que le retour des sanctions pourrait entraîner un changement de régime dans la République islamique, Netanyahu a répondu : »Je pense que personne ne versera de larmes si cela devait se produire, mais je crois que la première chose que nous voudrions voir est l’arrêt de cette campagne gigantesque de terrorisme à travers le monde ».

Des Iraniens déambulent dans l’ancien grand bazar de Téhéran, le 28 juillet 2018 (Crédit : / AFP PHOTO / ATTA KENARE)

« Je pense que l’ensemble du Moyen Orient, Israël, les États arabes – littéralement tous les États arabes – et le peuple d’Iran est maintenant satisfait de voir que la politique de faiblesse vis-à-vis de l’Iran est finie. La politique de pression sur l’Iran est de retour et va s’accentuer ».

Mardi, lors d’un discours sans complexe sur « l’America First » aux Nations unies, Trump a déclaré que les dirigeants iraniens « ont semé le chaos, la mort et la destruction » et « répandu le désordre à travers le Moyen Orient et au-delà ». John Bolton, son conseiller à la sécurité nationale, a ensuite averti que Téhéran devrait « payer un prix infernal » s’il s’en prenait aux Etats-Unis, à ses alliés ou ses partenaires.

Cette semaine, John Bolton avait promis d’exercer une « pression maximale » sur l’Iran. Il a affirmé que de nouvelles sanctions étaient dans les tuyaux, tout en soulignant que les Etats-Unis ne cherchaient pas à renverser le régime de Téhéran.

Lundi, l’Union européenne a indiqué que ses membres allaient mettre en place un système de troc pour permettre aux entreprises du secteur pétrolier de continuer à commercer avec l’Iran afin d’éviter les sanctions américaines. Les pays européens ont déclaré qu’ils étaient déterminés « à protéger la liberté de leurs opérateurs économiques à mener des affaires légitimes avec l’Iran ».

L’AFP a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...