Pour Téhéran, Netanyahu cherche à diaboliser l’Iran
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Pour Téhéran, Netanyahu cherche à diaboliser l’Iran

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a écrit que l'État juif, "furieux d'avoir perdu son leurre à la Maison Blanche" , invoquait son "iranophobie raciste"

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Saeed Khatibzadeh pendant une conférence de presse à Téhéran, le 22 février 2021. (Crédit : ATTA KENARE / AFP)
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Saeed Khatibzadeh pendant une conférence de presse à Téhéran, le 22 février 2021. (Crédit : ATTA KENARE / AFP)

Le ministère iranien des Affaires étrangères s’en est violemment pris au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans la journée de mercredi, l’accusant d’attirer l’attention sur les ambitions nucléaires présumées de la République islamique et affirmant que le chef du gouvernement avait eu recours à des « mensonges fanatiques ».

« Furieux d’avoir perdu son leurre à la Maison Blanche, Netanyahu recourt à des mensonges fanatiques pour invoquer son iranophobie raciste », a commenté sur son compte Twitter Saeed Khatibzadeh, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

« Cela doit réellement le blesser que ses complots anti-iraniens, une fois encore, aient été réduits à néant », a poursuivi Khatibzadeh, qui a ajouté « qu’en sauvant des Juifs ou en s’opposant à l’occupation, l’Iran a toujours combattu les oppresseurs. L’Histoire ne ment pas ».

Il pourrait avoir ainsi fait référence à l’Iran prérévolutionnaire, qui avait accueilli des réfugiés juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Dans d’autres propos qui ont été rapportés par l’agence semi-officielle Fars, Khatibzadeh a affirmé que Netanyahu était « contrarié par l’échec de ses complots contre l’Iran et qu’il cherchait aujourd’hui, en vain, à diaboliser le pays ».

Netanyahu a déclaré, jeudi, avoir dit au président américain Joe Biden qu’il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, et ce indépendamment de la réintégration de Washington dans l’accord sur le nucléaire, connu sous le nom de JCPOA, qui a été conclu en 2015 avec la République islamique.

« Je lui ai dit que, avec ou sans accord, mon obligation en tant que Premier ministre d’Israël, en tant que Premier ministre de l’État Juif, était d’empêcher que se répètent les choses terribles qui ont été commises par le passé contre notre peuple », a-t-il expliqué au cours d’un entretien accordé à la Treizième chaîne.

« Il y a un régime dont l’objectif avoué est de nous détruire. Je ferais tout ce qui est en mes capacités, tout ce qui est en mon pouvoir, pour l’empêcher d’obtenir l’arme nucléaire », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime devant les caméras de la Douzième chaîne, le 15 février 2021. (Crédit : Douzième chaîne)

L’administration Biden cherche à réintégrer l’accord sur le nucléaire de 2015 qui limite le programme sur le nucléaire de l’Iran. Le président Donald Trump a retiré unilatéralement les États-Unis du JCPOA en 2018.

Netanyahu a vivement critiqué l’accord lorsqu’il a été initialement signé en 2015, et a fait part avec véhémence de son opposition au retour des États-Unis dans ce pacte s’il devait rester sous sa forme originale.

L’administration américaine, à Washington, a expliqué être prête à réintégrer le JCPOA si l’Iran se conformait au préalable aux restrictions que la République islamique a ouvertement violé au cours de ces derniers mois.

Tandis que la priorité de Jérusalem est la question nucléaire, Israël espère aussi que les États-Unis réclameront une limitation du programme balistique et des agressions régionales de Téhéran. Biden a noté vouloir aborder ces problèmes dans un accord qui suivrait le retour des deux parties dans le JCPOA existant, mais l’État juif redoute que les États-Unis ne perdent l’influence acquise sous l’effet des sanctions maximales qui ont été mises en place sous l’administration Trump contre le régime une fois le retour dans l’accord acté. Le pays craint que l’Iran ne refuse alors de négocier davantage.

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