Poutine et Fillon maintiennent « d’assez bonnes relations », selon le Kremlin
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Poutine et Fillon maintiennent « d’assez bonnes relations », selon le Kremlin

Réactions de la presse russe aux résultats de la primaire de droite, qui salue la course en tête d'un "ami de Moscou"

François Fillon et Vladimir Poutine, à l'Élysée en juin 2010 (Crédit : gouvernement russe)
François Fillon et Vladimir Poutine, à l'Élysée en juin 2010 (Crédit : gouvernement russe)

Le président russe Vladimir Poutine a conservé d' »assez bonnes relations » avec l’ancien Premier ministre François Fillon, arrivé en tête au premier tour de la primaire de la droite en France, a indiqué mardi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Les deux hommes ont « eu des contacts assez poussés » lorsqu’ils étaient Premiers ministres respectifs de leurs pays, a précisé aux journalistes M. Peskov.

« A cette époque, il y avait encore un climat de travail fécond en faveur du développement des relations bilatérales. Et effectivement, ils ont conservé gardé d’assez bonnes relations », a-t-il poursuivi.

« Nous surveillons avec une grande attention la primaire. La France est un partenaire avec qui nous avons de bonnes relations et avec qui nous pourrions avoir une bien plus grande coopération qu’aujourd’hui », a affirmé M. Peskov.

Après l’arrivée de la gauche au pouvoir en France en 2012, le très conservateur François Fillon est venu à plusieurs reprises en Russie, notamment en 2013 pour rencontrer M. Poutine à sa résidence officielle de Novo Ogarevo, près de Moscou.

La presse russe dans son ensemble voit en M. Fillon un « ami de Moscou » capable de restaurer les relations entre les deux pays et de lever les sanctions prises à l’encontre de la Russie après l’annexion de la péninsule de Crimée en 2014.

Le quotidien des affaires Vedomosti a ainsi qualifié mardi l’ancien Premier ministre de « candidat prorusse » à la présidentielle, avec un programme de politique étrangère « plus équilibré » que son adversaire Alain Juppé, qui est, lui, un « atlantiste sous conditions ».

La chaîne de télévision Rossiya 24 a évoqué de son côté un « nouveau séisme politique » après la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine. Elle a noté que M. Fillon, « bienveillant envers la Russie », s’est entretenu avec Vladimir Poutine lorsqu’il était aux affaires « deux ou trois fois par an, le connaît bien et, même, le tutoie ».

Le journal en ligne Gazeta.ru y a vu pour sa part un « remake français de Donald Trump », notant qu’une victoire de François Fillon à la présidentielle française « conviendrait tout à fait à Moscou ».

Le site a souligné néanmoins que Nicolas Sarkozy était considéré « comme le candidat le plus pratique pour le Kremlin », après avoir publiquement annoncé qu’il rétablirait de bonnes relations avec Moscou s’il était élu.

« Pour les futures élections, la Russie ne met pas tous ses oeufs dans le même panier et entretient intelligemment des contacts en parallèle avec la principale concurrente des Républicains, Marine Le Pen », également considérée comme proche de Moscou, a rappelé le journal.

Le magazine Expert, saluant la performance de « l’ami François », a relevé pour sa part qu' »une tendance extrêmement bénéfique pour la Russie est en train de se former »: l’émergence d’une génération de dirigeants davantage « bienveillants » à l’égard de Moscou et à même de « créer une brèche dans la position commune de l’Occident » sur la Russie.

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