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Première apparition publique d’Itzik Saidyan, un an après s’être immolé par le feu

L'ancien militaire a déclaré s'être donné pour objectif de faire entendre la voix des vétérans blessés lors d'un événement à l'hôpital Sheba, où il est pris en charge depuis un an

Itzik Saidyan s'exprime à l'hôpital Sheba, le 9 juin 2022. (Capture d'écran)
Itzik Saidyan s'exprime à l'hôpital Sheba, le 9 juin 2022. (Capture d'écran)

Itzik Saidyan, vétéran de l’armée qui s’était immolé par le feu, déclenchant une prise de conscience publique sur la prise en charge du trouble de stress post-traumatique (TSPT), a fait sa première apparition dimanche soir après plus d’un an de rétablissement.

« Je me suis donné pour objectif de continuer à faire entendre la voix des vétérans blessés et je continuerai aussi à soutenir leur cause », a dit Saidyan lors d’un événement organisé en soutien à l’hôpital Sheba de Ramat Gan, où il est hospitalisé depuis un an. « Je suis heureux d’apporter mon appui et d’apporter mon aide, d’une manière ou d’une autre, à tous les projets susceptibles de promouvoir des projets vitaux », a-t-il ajouté dans un court discours, après avoir remercié tous les médecins et tous les personnels qui se sont occupés de lui depuis son immolation, remerciant aussi les membres de sa famille.

C’était la première fois, hier soir, que Saidyan apparaissait en public après son geste désespéré du mois d’avril 2021. Il s’était immolé par le feu à Petah Tikva, devant un bureau du ministère de la Défense. Il avait expliqué avoir voulu protester contre la négligence dont il était victime de la part des autorités.

Son état de santé s’est néanmoins significativement amélioré ces derniers mois. Ses brûlures étaient initialement si importantes que les médecins avaient douté de sa survie. Mais après plus de 34 interventions chirurgicales et cinq mois passés dans le coma, il fait dorénavant des progrès constants – ce que sa famille a qualifié de « processus miraculeux de guérison ».

Le président Isaac Herzog a aussi pris la parole lors de l’événement à Sheba, dimanche, et il a salué Saidyan pour son courage.

« Son cri poussé au nom de celles et de ceux qui ont été physiquement et psychiquement meurtris dans la bataille a atteint nos cœurs à tous et il a amené avec lui un changement bienvenu et béni », a dit Herzog. Le président a ajouté qu’il était heureux de voir Saidyan debout – la preuve de sa « force inépuisable » et du dévouement et de la compétence des personnels de Sheba.

Dans les 14 mois qui ont suivi son immolation, le processus de rétablissement du vétéran a été laborieux et long. Au mois de janvier, il avait pu sortir une première fois de l’hôpital en chaise roulante et l’établissement avait diffusé un enregistrement du vétéran remerciant le personnel médical en l’honneur de la journée nationale des médecins en Israël, ses toutes premières paroles prononcées en public depuis son geste désespéré.

Le mois dernier, il avait enregistré un message à la veille de Yom HaAtsmaout, disant que la commémoration des soldats tombés au combat devait être quotidienne.

« C’est une journée difficile et nous n’avons pas besoin d’une journée particulière pour nous souvenir de nos amis. Nous nous souvenons d’eux toute l’année. Et je vous conseille de ne pas vous surcharger aujourd’hui. Faites le choix d’aller avoir vos amis proches, votre famille, d’aller à la mer, d’aller voir le crépuscule, d’aller faire du surf », avait dit l’ancien militaire dans son message. « Je vous remercie parce que vous me donnez la force nécessaire pour me rétablir et pour guérir. Je vous envoie de mon côté ma force, mon affection et tout mon amour ».

Après une année passée dans l’unité des grands brûlés de l’hôpital, Saidyan aurait été transféré dans le service de rééducation de Sheba, après de Tel Aviv, au mois d’avril – mais son état continuerait à nécessiter des soins intenses.

Le président Isaac Herzog s’exprime lors d’un événement à l’hôpital Sheba, le 19 juin 2022. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Saidyan s’était immolé aux abords des bureaux du département de réhabilitation des soldats en situation de handicap qui se trouvent à Petah Tikva après avoir lutté, pendant des années, pour pouvoir bénéficier des soins nécessaires pour la prise en charge son trouble de stress post-traumatique qui, affirme-t-il, découlait de la période de son service militaire.

Le geste désespéré du vétéran avait mis la question des soins apportés aux militaires vétérans par le ministère de la Défense au premier plan dans le pays.

L’Association des anciens combattants de Tsahal avait déclaré que Saidyan s’était senti frustré par la manière dont son dossier avait été pris en charge. Le ministère de la Défense lui avait reconnu 25 % d’invalidité en raison de son trouble de stress post-traumatique, alors qu’ il avait demandé 50 % d’invalidité. Le ministère avait refusé, disant qu’au moins une partie de son état était due à un traumatisme subi dans son enfance, et non par son service militaire.

Photo d’illustration : Des personnes regroupées à l’endroit où le vétéran de l’armée israélienne Itzik Saidyan s’est immolé restent immobile pendant l’activation des sirènes de Yom HaZikaron, le 14 avril 2021. (Flash90)

Saidyan avait servi dans la brigade d’infanterie Golani pendant l’Opération Bordure Protectrice de 2014. Il avait participé à la bataille de Shujaiyya, un quartier de la ville de Gaza qui avait connu les affrontements parmi les plus violents du conflit.

Les anciens combattants dénoncent depuis longtemps le service de réhabilitation, qu’ils accusent de ne pas être en mesure de fournir des soins suffisants et de soumettre les vétérans à une bureaucratie si compliquée et tortueuse que beaucoup d’entre eux ont dû engager des avocats coûteux pour les aider à naviguer dans le système.

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