Procès Nemmouche : « les secondes qui ont duré une éternité » pour une victime
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Procès Nemmouche : « les secondes qui ont duré une éternité » pour une victime

Alors que le procès est toujours en cours, les récits effroyables se succèdent à la barre, la défense rendant hommage à la mémoire des victimes

L'avocat Vincent Lurquin, représentant un témoin de la tragédie, Me Michèle Hirsch, avocate du Centre de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) et Me François Koning, représentant les proches d'une victime, Dominique Sabrier, lors du procès de Mehdi Nemmouche au Palais de justice de Bruxelles, le 18 février 2019 (Crédit : DAINA LE LARDIC / BELGA / AFP)
L'avocat Vincent Lurquin, représentant un témoin de la tragédie, Me Michèle Hirsch, avocate du Centre de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) et Me François Koning, représentant les proches d'une victime, Dominique Sabrier, lors du procès de Mehdi Nemmouche au Palais de justice de Bruxelles, le 18 février 2019 (Crédit : DAINA LE LARDIC / BELGA / AFP)

« Des secondes qui ont duré une éternité » : l’avocat de Dominique Sabrier, assassinée en 2014 au musée juif de Bruxelles, a souligné mardi que cette bénévole française de 66 ans était la seule des quatre victimes ayant vu « toute la scène » et pu mesurer la « froide détermination » du tueur.

Au procès du jihadiste français Mehdi Nemmouche, accusé de ce quadruple assassinat, les avocats des victimes prennent la parole depuis lundi pour évoquer leur mémoire, « le gâchis considérable » de ces vies perdues, selon les mots de l’un d’eux.

Me François Koning, qui défend la fille et le frère de Dominique Sabrier, a rappelé que celle-ci avait vu surgir le tueur face à elle, à quelques mètres, alors qu’elle se tenait assise derrière son bureau à l’intérieur du musée.

A ce moment-là, le 24 mai 2014 vers 15H45, les époux Riva, un couple de touristes israéliens, viennent d’être attaquées par derrière sous le porche d’entrée, abattus chacun d’une balle de revolver tirée à bout portant dans la nuque.

Dans la foulée, Alexandre Strens, un employé belge du musée âgé de 26 ans, né de parents marocains, est mortellement blessé d’un tir en plein front dans le hall d’accueil. Il décédera deux semaines plus tard à l’hôpital.

Derrière son bureau d’où elle tente d’activer un système d’alarme, Mme Sabrier « voit toute la scène ». « Elle a tout le temps de se voir assassiner froidement par un tueur déterminé », a affirmé Me Koning.

La quatrième et dernière victime plonge au sol pour tenter de se protéger mais le tueur change d’arme et « vient l’achever avec une kalachnikov », a rappelé l’avocat.

« Elle est la seule qui s’est su, qui s’est vu assassiner par un tueur de l’Etat islamique », a-t-il insisté, en référence à l’organisation jihadiste au sein de laquelle Nemmouche est soupçonné d’avoir combattu en Syrie entre janvier 2013 et février 2014.

Mme Sabrier, ex-employée d’une maison d’édition parisienne, tout juste installée à Bruxelles pour sa retraite et bénévole au musée, était « polyglotte, ouverte sur le monde, pleine de culture », a aussi dit Me Koning.

Pour lui, « ce sont quatre belles personnes qui ont été assassinées (…), toutes en bonne santé. On les a privé de leur vie ».

Il a vu en Alexandre Strens, 26 ans, « l’emblème même du gâchis de cette histoire », décrivant un « jeune homme d’origine musulmane qui se prend d’intérêt pour la culture hébraïque et se fait assassiner par l’Etat islamique ». « Ca n’a ni queue ni tête », a lâché Me Koning.

Les plaidoiries des parties civiles doivent se poursuivre toute la semaine. Un verdict est attendu début mars.

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