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Projets d’attentats jihado-néonazis en France: 2 ans et demi et 4 ans de prison pour deux hommes

Le parcours de ces deux jeunes à l'univers social différent a convergé au gré d'une rencontre en ligne sur le groupe "Fuck le Harcèlement"

Le tribunal correctionnel de Paris, en janvier 2011. (Crédit : Loïc Venance/AFP)
Le tribunal correctionnel de Paris, en janvier 2011. (Crédit : Loïc Venance/AFP)

Ils avaient tout juste 18 ans et noircissaient depuis des années, dans le huis clos de leur chambre, des kilomètres de carnets, animés par une « haine jusqu’au dégoût ». Ils ont été condamnés vendredi à Paris pour des projets d’actions d’une violence glaçante.

Les peines prononcées sont de deux ans et demi et quatre ans de prison ferme.

Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu coupables Léana (prénom d’emprunt) et Enzo T., tous deux âgés aujourd’hui de 21 ans, d’avoir au printemps 2021 pour elle, entre juin 2020 et septembre 2021 pour lui, recherché des armes et réalisé des tests d’explosifs et des repérages.

Parmi les cibles envisagées, une mosquée, une église et un lycée.

Ils sont aussi coupables d’avoir diffusé de la documentation de propagande et des tutoriels de fabrication d’explosifs du groupe Etat islamique et de l’ultradroite.

Le parcours de ces deux jeunes à l’univers social différent a convergé au gré d’une rencontre en ligne sur le groupe « Fuck le Harcèlement ». Ils avaient ensuite nourri ensemble, sur des messageries cryptées, leurs projets d’actions violentes.

« Ils disent quelque chose de notre société, de notre jeunesse » et « il faut essayer de comprendre » ce que dit ce dossier hybride de deux jeunes unis par « une colère inextinguible », avait plaidé Me Martin Mechin, avocat du prévenu.

Avant lui, la procureur avait estimé dans ses réquisitions que « ce qui les réunit dans ce box, ce sont ces promesses de crime que recèlent les idéologies » jihadiste et néonazie, reliées par « les passerelles de la haine, du complotisme, l’homophobie, l’antisémitisme ».

Pour Léana, l’idéologie est « un peu superficielle », pour Enzo T. « très ancrée », selon la magistrate.

Photo d’illustration : Une personne avec un téléphone cellulaire. (Crédit : Oatawa via iStock on Getty Images)

« Forme d’autodestruction »

A l’encontre de Léana, en détention provisoire depuis avril 2021, le tribunal a prononcé une peine de deux ans et demi d’emprisonnement sur des faits commis pendant 42 jours.

Dans ce court laps de temps, le tribunal a noté « une accélération dans la recherche des armes » et une « précision dans l’attaque de l’église », appuyée de recherches sur les explosifs.

Le tribunal dit avoir pris en compte « la carence matérielle et affective » de son enfance, mais note « les évènements graves » survenus en détention.

« Vous souffrez de troubles graves de la personnalité » et « vous présentez encore actuellement une dangerosité pour la société », lui a expliqué la présidente.

Cette peine s’ajoute à celle de quatre ans d’emprisonnement prononcée en février par le tribunal pour enfants dans le même dossier mais pour des faits commis lorsqu’elle était mineure.

Originaire du sud de la France, l’adolescente déscolarisée et recluse dans sa chambre s’abreuvait de vidéos d’une violence extrême et avait, selon ses termes, « vrillé jihadiste » en 2021. Elle s’entraînait à tuer contre son matelas.

Son avocat Me Dylan Slama, a rappelé « la litanie de malheurs » qui s’étaient abattus sur cette adolescente à l’environnement « extrêmement difficile » et qui a voulu fuir « un réel désastreux pour aller vers une forme d’autodestruction ».

Concernant Enzo T., jeune bachelier originaire de Seine-Maritime (ouest), le tribunal a souligné son « ancrage idéologique depuis des années », « ses projets meurtriers », et ses « revendications personnelles et politiques ».

Le tribunal a retenu une altération du discernement, qui réduit la peine d’un tiers. Celle prononcée est de cinq ans d’emprisonnement dont un an assorti du sursis simple.

La procureure, « pas convaincue » par le chemin de sa « déradicalisation » en prison où il côtoie d’autres militants d’ultradroite, avait requis cinq ans de prison.

L’adolescent, marqué par le divorce de ses parents et le harcèlement scolaire qu’il dit avoir subi, avait prêté allégeance au groupuscule néonazi de la Division Atomwaffen et vénérait plusieurs auteurs de tueries de masse attribuées à l’extrême droite.

Au moment de son interpellation, en septembre 2021, sa détermination transpire de ses notes, son « manifeste ». Un carnet orange contient la liste des futures victimes, « les 33 harceleurs » dont il retient jusqu’à la moquerie subie à l’école primaire.

Le projet d’attentat mûri devait viser son ancien lycée, le 20 avril 2022, 23 ans jour pour jour après la tuerie de Columbine en 1999 aux Etats-Unis qui avait fait 13 morts. La date, 20 avril, correspond aussi à la naissance d’Adolf Hitler.

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