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Ram Ben-Barak annule la suspension de l’une de ses assistantes

Le député Yesh Atid a estimé que Linir Abu Hazaz, qui a été photographiée aux côtés de l'ex-grand mufti extrémiste Ekrima Said Sabri, pouvait continuer à travailler au Parlement

Ram Ben-Barak lors d'une réunion de la commission de la Défense et des Affaires étrangères à la Knesset de Jérusalem, le 5 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Ram Ben-Barak lors d'une réunion de la commission de la Défense et des Affaires étrangères à la Knesset de Jérusalem, le 5 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député de Yesh Atid Ram Ben-Barak a annoncé, samedi soir, qu’il avait réintégré dans ses fonctions l’une de ses assistantes qui avait été suspendue la semaine dernière suite à des photos où elle figurait aux côtés d’Ekrima Said Sabri, ancien grand mufti de Jérusalem qui avait exprimé son soutien, dans le passé, aux attentats-suicides à la bombe.

Ben-Barak, ancien chef-adjoint du Mossad qui est à la tête de la puissante commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, a indiqué qu’après clarification de l’incident, il avait décidé de laisser Linir Abu Hazaz travailler à ses côtés au Parlement israélien.

Pendant un entretien accordé à la Douzième chaîne, Ben-Barak a expliqué comment Abu Hazaz avait été photographiée avec Sabri, disant que les informations qui avaient laissé entendre qu’elle l’avait rencontré dans le cadre d’un forum officiel étaient mensongères.

« Mon assistante – une musulmane religieuse qui prie parfois à la mosquée Al-Aqsa – suivait une formation pour devenir guide à la mosquée. A la fin du cours, diverses personnes sont venues rencontrer les apprentis et elle a été photographiée avec l’un d’entre eux », a expliqué Ben-Barak qui a ajouté avoir suspendu Abu Hazaz le temps d’examiner les faits.

« J’ai enquêté, j’ai notamment parlé avec les personnels de sécurité de la Knesset et du Shin Bet – et j’ai pris la décision de la laisser revenir au travail », a-t-il poursuivi. « L’erreur que j’ai faite, cela a été, tout en ignorant ce qu’il s’était passé, d’avoir pensé qu’elle avait eu tort de faire ce qu’elle a fait ».

Sabri avait été limogé de son poste de grand Mufti en 2006 par le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas après une carrière controversée – il avait notamment exprimé son soutien aux kamikazes et nié la réalité de la Shoah. Il avait défendu les violences menées contre les Juifs sur le site du mont du Temple de Jérusalem en évoquant une « autodéfense légitime » dans un entretien accordé en 2015 au Times of Israel.

Sheikh Ekrima Sabri. (Crédit : AP/Joao Silva)

Au mois de mai de l’année dernière, il avait été arrêté et interdit temporairement du mont du Temple pour incitations à la violence présumées contre les forces israéliennes qui y sont stationnées.

Dans son rôle de président de la commission des Affaires étrangères et de la défense, Ben-Barak avait demandé à ce que le groupe extrémiste juif Lehava soit désigné organisation terroriste pour ses incitations au racisme et à la violence.

Linir Abu Hazaz (Crédit : Facebook)

Répondant à la décision prise de lever la suspension d’Abu Hazaz, Miri Regev, qui s’est violemment disputée avec Ben-Barak la semaine dernière, a déclaré que le député de Yesh Atid devait « renvoyer immédiatement cette assistante dangereuse avant que quelque chose de regrettable ne se produise ».

« Nous ne pouvons pas laisser cette femme, le matin, accéder à des informations de sécurité qui mettent en danger des soldats israéliens et, l’après-midi, lui permettre d’aller boire le café avec des soutiens du terrorisme et du martyre », a dit Regev dans une déclaration.

De son côté, Itamar Ben Gvir, parlementaire sous l’étiquette du parti Sionisme religieux, a estimé dans un communiqué que la décision prise par Ben-Barak « nuit à la sécurité de l’État ».

« Faire entrer quelqu’un à la Knesset qui entretient des liens avec des terroristes est une erreur qui peut s’avérer très coûteuse et nous pourrions bien en avoir d’ores et déjà payé le prix », a fait savoir Ben Gvir.

Avant sa carrière politique, Ben Gvir, ultranationaliste, était avocat et il était connu pour défendre les Juifs soupçonnés d’actes terroristes. Il s’était fait photographier aux côtés du meurtrier juif de triste mémoire Baruch Goldstein, auteur du massacre commis en 1994 à Hébron qui avait coûté la vie à 29 fidèles musulmans, un cliché qu’il avait ensuite accroché dans son salon. Il a fait part également de son soutien aux attaques de type « Prix à payer » menées par les extrémistes juifs sur les Palestiniens et les soldats israéliens.

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