Réconciliation entre le Hamas et le Jihad islamique après des échauffourées
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Réconciliation entre le Hamas et le Jihad islamique après des échauffourées

Les chefs des groupes terroristes rivaux ont promis "l'unité dans la guerre contre Israël" au lendemain d'un affrontement entre les organisations aux abords d'une tente de deuil

Le chef du Hamas Ismail Haniyeh (deuxième depuis la droite), le leader du Jihad islamique Khaled al-Basch (deuxième depuis la gauche) et le père du terroriste du Jihad islamique  Baha Abu al-Ata (à droite), le 16 novembre 2019 (Capture d'écran )
Le chef du Hamas Ismail Haniyeh (deuxième depuis la droite), le leader du Jihad islamique Khaled al-Basch (deuxième depuis la gauche) et le père du terroriste du Jihad islamique Baha Abu al-Ata (à droite), le 16 novembre 2019 (Capture d'écran )

Les chefs du Hamas et du Jihad islamique à Gaza ont affiché samedi leur réconciliation après que de hauts-membres du Hamas se sont vus à deux reprises interdire l’entrée, vendredi, d’une tente de deuil dressée en l’honneur d’un terroriste du Jihad islamique palestinien dont l’assassinat par Israël avait entraîné deux jours de combats dans la bande de Gaza.

Haniyeh, le chef du Hamas, s’est rendu dans la tente établie en mémoire de Baha abu al-Ata, où il a été chaleureusement reçu et photographié aux côtés du chef du Jihad islamique à Gaza, Khaled al-Batsh, et du père d’Abu al-Ata.

Haniyeh a aussi téléphoné au chef du Jihad islamique à Damas, Ziad Nakhalah, a fait savoir la Douzième chaîne israélienne.

Cette démonstration d’harmonie entre les groupes terroristes rivaux est apparue au lendemain d’un accrochage entre des Palestiniens affiliés au Jihad islamique et des responsables du Hamas, Mahmoud al-Zahar et Ahmed Bahar, au moment où ces derniers tentaient de pénétrer dans la tente d’Abu al-Ata, tué aux premières heures de la journée de mardi dans une frappe aérienne israélienne.

Mahmoud Zahar, haut responsable du Hamas, s’exprime sur la chaîne Al-Aqsa TV du mouvement le 8 mars 2017. (Capture d’écran/MEMRI)

Les membres du Jihad islamique étaient apparemment furieux contre le Hamas après que le groupe terroriste à la tête de Gaza n’a pas participé aux flambées de violences qui ont opposé le groupe terroriste et l’Etat juif, mardi et mercredi, au cours desquelles 450 roquettes ont été envoyées sur le territoire israélien.

Les membres du Jihad islamique ont crié « Dehors, le Hamas, dehors », et ils ont jeté des pierres sur le véhicule des responsables du Hamas.

Après une deuxième tentative de visite, des témoins ont raconté que la police du Hamas avait tiré en l’air, déclenchant une émeute. Les responsables du Hamas ont alors fui la tente de deuil, dressée dans le quartier de Shejaiya, à Gaza City.

Samedi, Batsh, assis aux côtés de Zahar, a condamné ce qu’il s’était passé.

« L’incident malheureux concernant la manière dont notre frère, le guerrier Zahar, a été reçu a blessé de la même manière le Hamas et le Jihad islamique. Ce comportement démagogique n’est pas acceptable à nos yeux », a indiqué Batsh.

« Nous promettons que nous resterons unis dans notre guerre contre Israël et contre ses aides », a-t-il ajouté.

Les médias en hébreu ont expliqué dimanche que des membres des ailes armées du Hamas et du Jihad islamique s’étaient également entretenus et qu’ils avaient prévu des attaques supplémentaires contre des cibles israéliennes.

Dans ce qui a été, selon certaines sources militaires qui se sont exprimées samedi, une initiative prise par le Hamas de montrer le maintien de son engagement dans la confrontation militaire contre Israël, deux roquettes ont été lancées depuis Gaza en direction de Beer Sheva à environ deux heures du matin, samedi. Les deux projectiles ont été interceptés par le système de défense antimissile du Dôme de fer.

Les Douzième et Treizième chaînes ont néanmoins fait savoir que tandis que les roquettes avaient probablement été tirées par des membres du Hamas, les autorités du groupe terroriste n’avaient sans doute pas donné leur autorisation préalable à ces lancements.

Israël a riposté contre des cibles du Hamas suite à cette frappe, mais ces représailles ont été relativement modérées, selon les chaînes – ce qui refléterait la volonté de l’Etat juif d’éviter un conflit majeur qui l’opposerait au Hamas qui, lui aussi, chercherait à échapper au risque d’une confrontation d’envergure.

Les sources militaires citées par les chaînes ont expliqué que des tirs de roquette intermittents depuis Gaza ne pouvaient être exclus, mais que la décision du Hamas de rester à l’écart du conflit, mardi et mercredi, offrait la possibilité de négociations d’une trêve à long-terme. Ces informations n’ont pas été confirmées.

Dans ce contexte – et c’est un fait notable – il n’y a pas eu de manifestations vendredi sur la frontière avec Gaza pour la deuxième fois seulement depuis le début, au mois de mars 2018, du mouvement de protestation dit de « la marche du retour », qui donne lieu à des émeutes. C’est le Hamas qui contrôle très largement ces manifestations.

De plus, samedi soir, les conseils locaux des régions du sud d’Israël prévoyaient la réouverture des écoles dimanche matin, anticipant un calme relatif

Vendredi, le site d’information Ynet a fait savoir que la décision de convenir d’un cessez-le-feu avec Israël, une décision prise jeudi matin, avait entraîné une division majeure au sein du Jihad islamique, l’aile politique de l’organisation apportant son soutien à la trêve et l’aile armée voulant pour sa part continuer les combats.

Des sources palestiniennes ont confié au site que les responsables, au sein de l’aile militaire, demandaient également le départ du groupe de la salle de guerre conjointe des factions armées de Gaza suite à la décision prise par le Hamas de ne pas s’impliquer dans la confrontation qui a eu lieu cette semaine.

Selon un reportage diffusé vendredi soir par la Treizième chaîne, le commandant de la brigade du nord de la Division militaire de Gaza, au sein de l’armée israélienne, a indiqué aux responsables de la sécurité du sud d’Israël qu’en dépit du cessez-le-feu, les tirs de roquettes émanant de la bande pourraient continuer en raison des querelles internes entre les factions du Jihad islamique qui cherchent à répondre à l’assassinat ciblé d’Abu al-Ata.

Contrairement aux précédentes escalades des tensions entre l’Etat juif et les groupes terroristes de Gaza, l’aile armée du Hamas n’a pas participé de manière active aux combats de cette semaine – qui se sont achevés par l’annonce d’un cessez-le-feu négocié par l’Egypte, aux premières heures de la journée de jeudi, même si des tirs sporadiques de roquettes ont continué pendant la journée.

Israël s’est aussi abstenu d’attaquer des cibles du Hamas. Au cours des affrontements qui ont pu avoir lieu dans le passé, Israël a toujours fait savoir que l’Etat juif tiendrait le Hamas pour responsable de toutes les violences émanant de la bande. Cela n’a pas été le cas cette fois.

Les terroristes du Jihad islamique palestinien lors des funérailles de l’un de leurs membres, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 14 novembre 2019 (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Depuis mardi avant l’aube et jusqu’à jeudi matin, Israël et le Jihad islamique se sont confrontés lors de combats au cours desquels 450 roquettes et tirs de mortier ont été lancés d’Israël vers Gaza, et l’armée israélienne a répondu avec des douzaines de frappes aériennes contre des bases et des structures de réserve d’armement du Jihad islamique, ainsi que contre des cellules de terroristes qui lançaient ou qui s’apprêtaient à lancer des roquettes.

Selon des sources palestiniennes, 34 Gazaouis ont été tués. Jérusalem a annoncé que 25 de ces morts étaient des terroristes. Des responsables des droits de l’Homme ont clamé que 16 civils avaient perdu la vie.

L’aile armée du Hamas a dit vendredi que l’un de ses membres avait été tué pendant la flambée des violences, sans préciser si l’homme était impliqué dans les combats.

Cinquante-cinq Israéliens ont été légèrement à modérément blessés ou pris en charge pour des crises d’angoisse.

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