Rencontre avec ces activistes de droite qui veulent contourner la Cour suprême
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Rencontre avec ces activistes de droite qui veulent contourner la Cour suprême

La droite est énergique, bien financée et, comme l'a montré une conférence à Jérusalem, déterminée à maîtriser la justice qu'ils considèrent contrôlée par les élites libérales

Simona Weinglass est journaliste d'investigation au Times of Israël

Simcha Rothman du Mouvement israélien pour la gouvernance et la démocratie (Meshilut) fait un discours devant un écran sur lequel figure la juge Esther Hayut, présidente de la Cour suprême à la Israeli Conservatism Conference, 16 mai 2019. (Capture d'écran YouTube)
Simcha Rothman du Mouvement israélien pour la gouvernance et la démocratie (Meshilut) fait un discours devant un écran sur lequel figure la juge Esther Hayut, présidente de la Cour suprême à la Israeli Conservatism Conference, 16 mai 2019. (Capture d'écran YouTube)

Avant le vote choc de la Knesset début juin ayant donné lieu à la dissolution du Parlement nouvellement élu du pays et à la tenue d’élections en septembre, la question la plus brûlante dans les actualités avait été de savoir si la Knesset allait adopter une loi « dérogatoire » qui aurait pour effet de neutraliser la Cour suprême. Il était largement admis que le prochain gouvernement tenterait d’adopter une telle loi en conjonction avec l’immunité du Premier ministre dans trois affaires de corruption en cours contre lui et l’annexion éventuelle des implantations israéliennes en Cisjordanie.

Le 25 mai à Tel Aviv, des dizaines de milliers d’Israéliens ont manifesté contre cette décision, certains portant des tarbouches, ou fez (couvre-chef masculin en feutre) pour symboliser leur peur de voir Israël devenir un État autoritaire comme la Turquie. Un groupe de 200 juristes influents avait auparavant menacé de paralyser le système juridique en raison des réformes proposées, tandis qu’un constitutionnaliste de renom déclarait qu’Israël traversait une crise constitutionnelle.

Mais si la possibilité immédiate d’une loi dérogatoire s’est estompée, il est peu probable que les partisans énergiques et idéologiquement motivés de la loi soient découragés. Le 16 mai, le Times of Israel a assisté à la Israeli Conservatism Conference au Centre de conventions internationales de Jérusalem, où 700 leaders d’opinion, penseurs et militants de la droite religieuse et laïque se sont réunis pour discuter de leurs convictions et plans pour le futur. Contrairement aux manifestants de Tel Aviv, ces militants conservateurs étaient pleins d’espoir. Le libéralisme est voué à l’échec, selon beaucoup, tandis que la montée en puissance de Donald Trump et d’autres politiciens de droite dans le monde est une évolution positive.

Non seulement de nombreux militants conservateurs étaient convaincus que la tendance de l’histoire allait dans leur direction, mais ils avaient des plans précis pour les politiques qu’ils cherchaient à mettre en œuvre dans un avenir proche. Au centre de celles-ci se trouvait la clause dérogatoire, considérée par de nombreux participants à la conférence comme une étape majeure et nécessaire pour changer le caractère de la société israélienne en réformant un système judiciaire considéré comme contrôlé par une élite non élue. D’une intelligence féroce, avec un niveau d’accès unique aux membres de la Knesset, et grâce à l’argent provenant de sources (pour la plupart) anonymes, ces militants semblaient avoir de bonnes chances de succès dans leurs activités.

Le libéralisme, cul-de-sac de l’histoire

S’il y avait un thème qui ressortait de cette conférence sur le conservatisme, à laquelle assistaient de nombreuses figures de proue des médias de droite et des réseaux sociaux israéliens, c’était bien celui de la victoire intellectuelle et électorale des idées conservatrices sur celles des libéraux.

Amiad Cohen, directeur du Fonds Tikvah en Israël, qui a parrainé la conférence, a expliqué que la majorité des Israéliens sont déjà conservateurs, et c’est pourquoi Israël a réussi à éviter le malaise spirituel qui afflige les autres pays développés comme effet secondaire de l’industrialisation et de la modernité.

Amiad Cohen prend la parole à la Israeli Conservatism Conference, le 16 mai 2019. (Capture d’écran YouTube)

« En Occident, il y a eu une rupture dans notre attachement à la religion, aux tribus et aux communautés. Finalement, il y a eu une rupture dans les relations avec la famille et même dans le cadre de la vie de couple », se lamente-t-il.

Il a souligné le fait que le Royaume-Uni avait récemment mis en place un ministère gouvernemental consacré au problème de la solitude comme symptôme de cette rupture.

Israël, d’autre part, « est la plus conservatrice des sociétés occidentales, et c’est aussi l’une des plus vitales. Il n’y a que deux pays développés dont le taux de natalité est supérieur au taux de remplacement, à savoir Israël, avec trois enfants par femme, et la Nouvelle-Zélande, avec 2,3. »

« Les enfants sont un projet entrepris par des gens qui croient que cela vaut la peine d’être ici », a-t-il noté.

D’autres intervenants se sont fait l’écho des arguments d’Amiad Cohen.

« Notre identité profonde ne vient pas du libéralisme », a déclaré Yoram Hazony, président de l’Institut Herzl de Jérusalem. « Elle est le fruit de 3 000 ans d’histoire qui commencent avec la Bible hébraïque. »

Il a ajouté : « Nous ne sommes pas venus [dans ce pays] pour être un autre groupe libéral de gauche éclairé. Nous sommes venus pour autre chose, comme le savaient nos ancêtres. Nous sommes venus pour une renaissance. Pour renouer avec notre passé. »

L’auteur conservateur britannique, Douglas Murray, qui a écrit le livre « L’étrange suicide de l’Europe : immigration, identité, islam« , en 2017, a également félicité les Israéliens de s’être accrochés à la tradition, contrairement aux Européens qui, selon lui, commettent un suicide culturel en raison de leur perte de foi dans leurs propres traditions et légitimité.

« Quand je parle de mon livre en Europe », dit-il, « ce n’est certainement pas comme si le nationalisme, ou même le patriotisme, était une chose dont on pouvait parler en tant que force de progrès avant toute chose ». Il y a une différence très nette par rapport à Israël. Bien sûr, tout le monde dans ce pays n’a pas exactement les mêmes opinions à ce sujet, mais de façon générale, le courant dominant de la société israélienne reconnaît que le nationalisme est une force pour le bien, et pour le bien d’Israël ».

Murray a également cité l’engagement des Israéliens en faveur de frontières solides et de l’ouverture à la religion comme des attributs très positifs.

« D’une manière générale, l’opinion publique israélienne reconnaît que des frontières solides sont une condition préalable à la paix. Ce n’est pas le cas en Europe, où l’on pense que les frontières sont, à tort je pense, la cause de la guerre. »

« Dans mon observation », poursuit-il, « même les Israéliens les plus laïcs reconnaissent qu’ils sont d’une certaine manière en dialogue avec la religion. Encore une fois, ce n’est pas le cas en Europe. »

« L’État profond » d’Israël

De nombreux conférenciers ont averti l’auditoire que la majorité conservatrice d’Israël est attaquée par les élites libérales dans les médias, les universités, les institutions culturelles et le système judiciaire, qui cherchent à imposer leurs opinions libérales sans avoir été élues à leurs postes d’influence.

En interviewant Murray, l’analyste politique de la Douzième chaîne, Amit Segal, a laissé entendre que le livre de Murray ne portait pas seulement sur l’immigration, mais sur « l’histoire de la façon dont les médias libéraux et les élites établissent les limites du discours public, rendant illégitime l’existence d’autres positions envers l’immigration ».

Le journaliste israélien Amit Segal (à gauche) interviewant Douglas Murray à la Conférence sur le conservatisme israélien, le 16 mai 2019. (Capture d’écran YouTube)

Le commentateur politique a ajouté avec ironie, sous les rires et les applaudissements du public, « Bien sûr, ce concept est tout à fait étranger pour un public israélien, mais les médias ont vraiment un parti pris. »

Dans une table ronde intitulée « Le post-modernisme, le politiquement correct et ses conséquences », Ronen Shoval, l’un des fondateurs du mouvement Im Tirtzu – qui cherche à renouveler le discours sioniste et à combattre la délégitimation internationale d’Israël – a déclaré que lorsqu’il était étudiant à l’Université hébraïque en 2005, il aurait été plus facile de se promener torse nu que de porter un tee-shirt orange en guise de protestation au désengagement de la bande de Gaza.

« L’approbation des enseignants et de tous les autres, sans rien dire, était indubitable », a-t-il dit. « Allan Bloom l’a décrit dans ‘L’Âme désarmée' ».

Gadi Taub, historien et ancien homme de gauche auto-proclamé, auteur de chroniques pour Haaretz, a déclaré qu’au contraire, l’establishment de gauche, sous la forme du journal Haaretz, avait fait de lui une célébrité parce que ses opinions exaspéraient tellement les lecteurs du journal qu’ils « écrivaient trois articles qui me critiquaient chaque jour ».

La gauche est ‘un désert intellectuel’. C’est si répétitif et monotone. La droite, par contre, ‘a des universités, une maison d’édition, des groupes de réflexion, des journaux, des émissions de télévision, des réseaux sociaux et une abondance d’idées persuasives’. La vitalité est à droite, et les gens seront attirés par elle. C’est pourquoi je suis si optimiste.

L’historien a dit qu’il n’avait pas peur de dire ce qu’il pensait parce qu’il est titulaire à l’Université hébraïque, mais qu’il n’essaie pas d’obtenir de promotion. « Je suis rattaché à deux départements, et il n’y a qu’un seul Likudnik dans toute la faculté, sur 40 personnes. C’est insensé. »

M. Taub a dit que la meilleure façon d’affronter une atmosphère de politiquement correct est de dire ce que l’on pense sans se soucier des autres. « Prenons la question du féminisme. Si vous essayez de vous excuser ou d’être gentil, vous aurez des ennuis. Si vous attaquez, vous avez un avantage. Si vous êtes Ari Shavit [un correspondant de Haaretz qui a démissionné sous les accusations de harcèlement sexuel] et que vous vous excusez à plusieurs reprises, ils vous massacrent. Si vous êtes Donald Trump, et que vous faites les remarques les plus ennuyeuses et les plus grossières, rien ne se passe. »

De nombreux conférenciers ont réservé leurs plus vives critiques au système judiciaire israélien, qu’ils ont souvent désigné « l’État profond » d’Israël et qu’ils ont cherché de toute urgence à réformer par une clause de dérogation qui empêcherait la Haute Cour d’annuler les lois de la Knesset ou du gouvernement et les décisions administratives du Parlement.

De gauche à droite : Ronen Shoval, Gadi Taub et Rotem Sela à la Israeli Conservatism Conference, le 16 mai 2019. (Capture d’écran YouTube)

Le nom de la vice-procureure générale Dina Zilber a été fréquemment mentionné par les conférenciers.

Au cours du débat sur le post-modernisme et le politiquement correct, Rotem Sela, qui possède une maison d’édition conservatrice (Sela Meir), s’est tourné vers le militant Ronen Shoval et a déclaré : « Vous avez évoqué l’existence d’une institution dans la société israélienne qui impose le politiquement correct à tout le monde, et tant que nous ne l’aurons pas réglé, il ne pourra y avoir aucun progrès ? »

Ce à quoi Ronen Shoval a répondu : « Ce n’est pas seulement en Israël. Le politiquement correct est une idée, et quand ces idées perdent aux urnes, la façon de les mettre en œuvre est par un coup d’État judiciaire. C’est là que ça devient effrayant. Prenons Dina Zilber. Si les Habad [mouvement religieux orthodoxe] souhaitent organiser une manifestation non mixte à Tel Aviv, qui est Zilber pour imposer sa vision du monde politiquement correcte par une loi ? »

Ronen Shoval faisait référence à un événement prévu cette année par la municipalité de Holon pour Yom HaShoah, où les hommes et les femmes auraient eu des places séparées. Malgré le fait que la plupart des participants étaient des gens pratiquants, Mme Zilber a ordonné à la ville de Holon d’annuler les places séparées puisque l’événement n’était pas privé, mais commandité par le gouvernement. (Début juin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est révélé avoir négocié avec des partis ultra-orthodoxes sur leur demande d’autoriser la non mixité hommes-femmes dans les espaces publics).

Nous devons également libérer les universités, qui ont pour but de réduire les gens au silence et de rechercher les opprimés là où ils n’existent pas.

Sela, l’éditeur du livre, a déclaré aux intervenants qu’il estime personnellement que le climat politique en Israël n’a jamais été aussi favorable aux conservateurs, comme en témoignent les ventes massives de ses livres ainsi que les résultats des récentes élections. (C’était avant que Netanyahu échoue à former une coalition majoritaire et ait eu recours à la convocation de nouvelles élections en septembre). Néanmoins, il a demandé aux participants : « Qu’est-ce qu’un dirigeant israélien pourrait faire de plus important pour changer les choses [en termes de résolution du problème du politiquement correct] » ?

M. Shoval a répondu « supprimer la révolution judiciaire », se référant à ce que de nombreux orateurs à la conférence ont indiqué qu’ils considéraient comme une période de militantisme judiciaire libéral menée par Aharon Barak, ancien président de la Cour suprême dans les années 1990.

« Cela nous libérera de la peur de parler. Nous devons aussi libérer les universités, qui ont pour but de réduire les gens au silence et de rechercher les opprimés là où ils n’existent pas. »

Taub a convenu qu’Israël devait mettre un frein à ce qu’il considère comme un abus de pouvoir judiciaire en adoptant un projet de loi de dérogation de la Cour suprême, mais il a regretté que cela se produise probablement en échange de l’immunité de poursuites accordée à Netanyahu.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec le secrétaire du cabinet d’alors et actuel procureur général Avichai Mandelblit, le 26 mai 2015. (Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)

« Je ne suis pas ravi que [la clause dérogatoire] se produise à cause des accusations criminelles qui pèsent au-dessus de la tête de Netanyahu. Mais je pense qu’il n’y a pas le choix, parce qu’un Premier ministre sans épée de Damoclès au-dessus de la tête n’oserait pas le faire. C’est donc un petit prix à payer. Ce qui arrive à Netanyahu est beaucoup moins important que le rétablissement de l’équilibre entre les différents pouvoirs du gouvernement. Je n’aime pas quand les gens s’emportent et disent que ‘nous allons détruire la Cour Suprême avec un bulldozer D9‘ » – une référence aux remarques du député Moti Yogev, alors du parti HaBayit HaYehudi, en 2015. « Nous voulons juste un équilibre normal entre les branches du gouvernement, pas une seule branche sans limites. »

Taub a ajouté : « J’aurais aimé que cela puisse se faire dans un contexte plus propre. Mais le fait est, et c’était là l’erreur de calcul de Netanyahu, qui s’est dit, « si je défends le [système judiciaire], ils me laisseront tranquille. Comme le dit Erel Segal : « Si vous ne vous occupez pas de l’État profond, l’État profond s’occupe de vous. »

Taub a ajouté qu’il espérait que le Premier ministre ne conclurait pas d’accord par lequel il serait amnistié ou disculpé en échange d’un départ de la vie politique.

« Netanyahu doit être motivé et comprendre qu’il n’a pas le choix, et que nous devons résoudre ce problème maintenant. Ce sera son héritage, avoir accompli quelque chose d’important et restauré notre démocratie », a déclaré Taub, sous un tonnerre d’applaudissements.

Une prolifération d’ONG conservatrices

En dehors de l’auditorium principal, une pléthore de groupes de pression conservateurs, de groupes de réflexion et d’autres organisations avaient installé des stands et distribuaient des dépliants aux participants.

Les murs de la salle de conférence étaient ornés de banderoles citant des penseurs conservateurs renommés, dans leur traduction hébraïque. Des signets sur lesquels figuraient ces citations ont été distribués dans des stands qui vendaient les « grands auteurs » de la pensée conservatrice.

« L’idéalisme, c’est bien, mais à mesure qu’il s’approche de la réalité, les coûts deviennent prohibitifs », pouvait-on lire sur un signet, citant William F. Buckley.

« Le problème avec le socialisme, c’est qu’on finit par manquer de l’argent des autres », lit-on sur un autre, citant Margaret Thatcher.

Les participants à la Israeli Conservatism Conference visitent les stands mis en place par des ONG de droite, le 16 mai 2019. (L’équipe du « Times of Israel »)

Quelques-unes des ONG qui avaient installé des stands lors de la conférence existent depuis longtemps, comme le Jerusalem Center for Public Affairs, fondé en 1976, et l’Union for the Public’s Right to Know, une organisation qui surveille les préjugés de gauche dans les médias, fondée en 1995.

Mais la majorité des organisations conservatrices étaient des entités relativement nouvelles qui ont fait leur apparition au cours de la dernière décennie.

Parmi celles-ci figurent l’Institut de stratégie et de sécurité de Jérusalem (fondé en 2017), l’Israeli Center for Immigration Policy (2012), le New Liberal Movement (2011), l’Israeli Movement for Governability and Democracy (2013), le Kohelet Forum (2012), National Horizon (2013), Betzedek (2015), le Forum for Civil Society (2017), l’Union of Community Rabbis (2014) et Competition – The Movement for Freedom of Occupation (2015). En outre, des stands étaient consacrés à plusieurs publications intellectuelles et littéraires, dont Vayehi, une revue littéraire conservatrice créée en 2019, Mida, une revue intellectuelle fondée en 2012, et Hashiloach, créée en 2016.

Une maison d’édition conservatrice, Sela Meir (2014), proposait quatre livres pour 100 shekels (25 euros). Parmi leurs titres figuraient des traductions en hébreu de « 12 Règles pour une vie : Un Antidote au chaos » de Jordan Peterson, « Think like a Billionaire » de Donald Trump et « How Civilizations Die » de David P. Goldman, ainsi que des livres d’auteurs israéliens, dont « The Israeli Solution : A One-State Plan for peace in the Middle East » de Caroline Glick, et « Why Do You Vote Right and get the
Left ? » d’Erez Tadmor.

Cette prolifération d’organisations et d’activités a conduit certains des conférenciers à faire remarquer que le camp conservateur d’Israël prospère comme jamais auparavant.

« Regardez à gauche », a dit Taub lors de sa table ronde. « Mon sentiment en tant que lecteur est que c’est un désert intellectuel. C’est si répétitif et monotone. »

La droite, par contre, « a des universités, une maison d’édition, des groupes de réflexion, des journaux, des émissions de télévision, des réseaux sociaux et une abondance d’idées persuasives. La vitalité est à droite, et les gens seront attirés par elle. C’est pourquoi je suis si optimiste. »

Bon nombre des participants à la conférence étaient affiliés à une ou plusieurs des organisations exposantes, ou étaient des étudiants de programmes parrainés par le Tikvah Fund. La plupart de ces programmes impliquent la lecture et la discussion d’ouvrages précurseurs de la pensée politique juive et occidentale.

Un participant à la conférence, un homme pratiquant la religion qui avait participé à un séminaire du Fonds Tikvah, a déclaré au Times of Israel qu’il avait d’abord été initié aux pensées conservatrices en ligne. « J’ai commencé à lire Jordan Peterson et à regarder des vidéos, ce qui m’a conduit au livre de Thomas Sowell ‘A Conflict of Visions’, qui, je pense, est le meilleur résumé que j’aie jamais lu sur la différence entre la pensée conservatrice et libérale ».

Lorsqu’on lui a demandé ce que les idées de Thomas Sowell et de Jordan Peterson avaient à voir avec l’octroi à Netanyahu de l’immunité contre les accusations pénales, comme certains intervenants de la conférence l’ont préconisé, il a répondu : « Je crois que la corruption est une force corrosive qui peut détruire la société. Mais il y a un sentiment parmi beaucoup de conservateurs que la gauche est sélective quant à la corruption qu’ils choisissent de mettre en évidence. Après tout, Shimon Peres était corrompu, mais la gauche a gardé le silence. »

De la lecture des grands auteurs à l’adoption de lois

Au cours d’une séance de l’après-midi intitulée « De la vision à la réalité », un certain nombre de militants conservateurs ont expliqué comment de nobles idées conservatrices peuvent et devraient être traduites dans la législation de la Knesset visant à réduire le pouvoir des gardiens non élus comme les juges, les conseillers juridiques des ministres gouvernementaux, le contrôleur de l’État.

« C’est incroyable de s’asseoir avec 700 personnes et de parler de Burke, de Toqueville et de Hayek », s’est exclamé le professeur Moshe Koppel, président du Kohelet Policy Forum, en ajoutant : « Jusqu’ici, vous avez entendu beaucoup de théorie. Mon travail est de parler de la réalité. »

Depuis sa création il y a sept ans, Kohelet tente de faire adopter des lois relatives à la liberté économique, à Israël en tant qu’État-nation du peuple juif et à la gouvernance, a expliqué Koppel.

Le professeur Moshe Koppel s’exprimant à la Israeli Conservatism Conference, le 16 mai 2019. (Capture d’écran YouTube)

« La gouvernance est un euphémisme », a-t-il précisé. « Ce que nous voulons dire, c’est démanteler les centres de pouvoir qui ne sont pas élus et qui utilisent le pouvoir de l’État pour imposer leur vision du monde. »

« Vous savez de qui nous parlons », ajouta-t-il sous les rires du public.

Koppel est un professeur d’informatique à l’Université Bar-Ilan, né aux États-Unis, qui a fait un travail révolutionnaire dans le domaine de l’apprentissage automatique et de l’érudition juive, appliquant son ingéniosité informatique pour déterminer l’origine des textes juifs anciens. Koppel a également été l’un des instigateurs de la loi controversée de l’État-nation d’Israël de 2018, dont il a présenté le projet pour la première fois à la Knesset en 2004. Il a également rédigé un projet de loi en 2011 pour exiger des ONG israéliennes qu’elles déclarent les fonds qu’elles reçoivent de gouvernements étrangers. « L’objectif de la loi est simplement la transparence », a-t-il soutenu au moment de la présentation de la loi.

La préoccupation de Koppel pour les élites laïques et libérales non élues est ancienne.

Déjà en 2000, il écrivait un article académique intitulé « Le Mamlachtiut comme outil d’oppression : sur les Juifs juifs et les Juifs israéliens à l’ère du post-sionisme », dans lequel il affirme qu’il existe deux types de juifs en Israël, « les Juifs juifs » et « les Juifs Israéliens », et que « les Juifs juifs ne sont, dans le meilleur des cas, que des invités tolérés dans les allées du pouvoir. »

Dans cet article, Koppel soutenait que la classe dirigeante israélienne est « la progéniture idéologique du parti Mapai », dont les valeurs sont « supposées évidentes dans le discours public », tandis que les efforts des « Juifs juifs » pour exprimer leurs opinions sont considérés comme une contrainte. Il a exprimé le souhait que cet équilibre des pouvoirs soit modifié.

Cela ne sert à rien de présenter des idées aux membres de la Knesset. Vous devez rédiger la loi ou la décision. Venir avec un texte

De même, dans un blog de 2017 intitulé « Judaism without Apologies« , Koppel, résident de l’implantation israélienne d’Efrat, rappelle comment, à 23 ans, alors étudiant à l’université de Princeton, il rencontra une femme juive libérale qui lui déclara son mépris pour son mode de vie pratiquant et ses loyautés tribales. Le blog de Koppel a pour but de faire valoir que le mode de vie juif halakhique et communautaire est durable alors que celui des libéraux universalistes comme la femme de Princeton est « condamné ».

Koppel a déclaré à la Conservatism Conference que le Kohelet Forum compte environ 80 employés, dont la plupart sont des chercheurs, avec très peu d’administrateurs.

L’organisation travaille d’arrache-pied pour développer des relations directes avec les décideurs, y compris les membres et les ministres de la Knesset, en particulier au début de chaque mandat de la Knesset, avant que l’échelon professionnel non élu ne dise aux députés ce qu’ils peuvent faire ou ne pas faire.

La vice-procureure générale Dina Zilber. (Yossi Zamir/Flash 90)

« Cela ne sert à rien de présenter des idées aux membres de la Knesset », a-t-il précisé. « Vous devez rédiger la loi ou la décision. Venir avec un texte. »

Koppel a expliqué à l’auditoire qu’à un moment donné, un bureaucrate non élu au ministère de la Justice détruira l’ébauche d’un projet de loi que vous avez rédigé, « mais le défi est de tenir la plume le plus longtemps possible. Celui qui tient la plume a le pouvoir. »

L’échelon professionnel de divers organismes gouvernementaux est généralement hostile à la législation présentée par des militants conservateurs, comme les membres du personnel de Kohelet, a affirmé Koppel.

« Pour diverses raisons, ces bureaucrates ne sont pas nos amis. Si cela était aléatoire, alors au moins la moitié serait avec nous. »

Une fois de plus, Dina Zilber a été désignée comme particulièrement problématique. « Vous ne pouvez pas parler de folie des grandeurs bureaucratiques dans l’État d’Israël sans mentionner Dina Zilber », selon lui.

Koppel a ricané avec le public, ajoutant : « C’est mon impulsion maléfique qui me fait parler d’elle, je ne devrais pas le faire, mais je ne peux m’en empêcher ».

Juger les juges

Simcha Rothman, de l’Israeli Movement for Governability and Democracy (Meshilut), qui a participé à l’une des tables rondes de la conférence et s’est ensuite entretenu avec le Times of Israel, a déclaré que son organisation avait pour mission d’agir en tant qu’observateur du système judiciaire israélien par le biais de la recherche et de la défense des droits.

« Nous voulons obliger nos juges à respecter les mêmes normes que celles qu’ils utilisent pour juger les autres », a-t-il déclaré à l’auditoire.

L’organisation de Rothman a tenté de réformer le processus de nomination des juges, qui, selon lui, se fait en grande partie à huis clos, sans la transparence que le système judiciaire exige des autres.

L’un des objectifs immédiats de l’organisation, a-t-il dit, est d’adopter la clause dérogatoire et de modifier la façon dont les conseillers juridiques des ministres sont nommés afin qu’ils soient nommés par le ministre lui-même.

Nous voulons obliger nos juges à respecter les mêmes normes que celles qu’ils utilisent pour juger les autres

M. Rothman a déclaré au Times of Israel que si son organisation partage les projets de Kohelet en ce qui concerne le système judiciaire, l’Israeli Movement for Governability and Democracy (Meshilut) est apolitique sur le plan économique ou le caractère national d’Israël. « Contrairement à Kohelet, nous nous sommes opposés à la loi de l’État-nation », a-t-il précisé.

Présentant une organisation appelée « Forum for Civil Society », Sara Haetzni Cohen, modératrice de la conférence, a déclaré qu’elle savait par expérience personnelle « qu’une grande partie des informations que vous voyez chaque jour et beaucoup des changements en Israël leur sont imputables ».

Le directeur du Forum, Adi Arbel, a déclaré à l’auditoire que son objectif est d’insuffler à la société civile israélienne un programme conservateur et sioniste. « Le terme société civile n’a pas besoin d’exprimer une tendance étrangère apportée à Israël dans le cadre d’influences mondiales. Nous pouvons verser notre propre contenu dans ce concept, contenu de notre identité juive et de la riche histoire de notre peuple. »

Le Forum for Civil Society a récemment fusionné avec le Kohelet Forum, a-t-il dit, et « forme des militants à travailler avec les autorités gouvernementales en organisant des ateliers et en fournissant du matériel en ligne dans les domaines des relations gouvernementales, du budget gouvernemental et de la collecte de fonds ».

Par exemple, son organisation a lancé une initiative visant à trouver des emplois pour les militants de droite au sein de la fonction publique israélienne, a-t-il expliqué, ainsi qu’une « Salle de Crise » qui tient les militants informés des développements quotidiens à la Knesset, au gouvernement et dans les tribunaux. Jusqu’à présent, a-t-il dit, le forum a travaillé avec plus de 1 000 militants de 150 organisations.

D’où vient l’argent ?

Le Times of Israel a tenté de déterminer les sources de financement de plusieurs des organisations représentées à l’Israeli Conservatism Conference, en particulier celles qui cherchaient à influencer la législation – une réussite partielle.

Selon les documents du registre israélien des organisations à but non lucratif, le forum Kohelet a reçu 28,9 millions de shekels (environ 7 millions d’euros) en dons en 2017, contre 9,8 millions (2,4 millions d’euros) en 2016 et 7,6 millions (1,9 millions d’euros) en 2015.

Quelques centaines de milliers de shekels ont été fournis par le Tikvah Fund, créé par le regretté philanthrope juif américain, Zalman Bernstein, et consacré à la promotion des idées conservatrices dans le discours public israélien. Mais la majeure partie de l’argent du think tank a été fournie par une organisation à but non lucratif américaine 501(c)(3), dénommée American Friends of the Kohelet Policy Forum [FKPF], basée à Bala Cynwyd, dans la banlieue de Philadelphie.

Il n’existe aucune information publique sur les personnes qui ont donné des millions de dollars à l’American Friends of the Kohelet Policy Forum. Meir Rubin, directeur exécutif de Kohelet, a expliqué que « nous faisons rapport à nos donateurs, mais pas aux donateurs de la FKPF, qui est une organisation indépendante ».

Le Mouvement pour la gouvernance et la démocratie (Israeli Movement for Governability and Democracy) a été fondé par Yehuda Amrani et Yair Kartman, entre autres. Ces derniers sont d’anciens représentants du mouvement Komemiut, un mouvement de résidents d’implantations qui cherchent à empêcher l’évacuation des implantations et avant-postes en Cisjordanie et qui placent les valeurs de la Torah avant tout, selon la mission de ce mouvement.

Le public à la Israeli Conservatism Conference, le 16 mai 2019. (Capture d’écran YouTube)

Le Mouvement a d’abord été une organisation bénévole, mais en 2015, il a reçu 450 000 shekels (112 500 euros) en dons et en 2017, 800 000 shekels (200 000 euros) de dons. Le mouvement n’a indiqué, dans aucun des documents téléchargeables du registre des ONG, d’où provenaient ses dons en 2016 et 2017, mais en 2015, il a précisé qu’il avait reçu 97 000 shekels (24 250 euros) de l’Israel Independence Fund et 334 000 shekels (83 500 euros) du Jerusalem Education Fund, Inc.

L’Israel Independence Fund est associé au capital-risqueur américain Kenneth Abramowitz, un proche confident du Premier ministre Netanyahu.

Le Jerusalem Education Fund, Inc. est un 501(c)(3) américain enregistré dans un bureau de poste à Bala Cynwyd, Pennsylvanie. Les pages archivées de son site web montrent une forte orientation à droite, favorable aux implantations et à la religion, mais rien n’indique qui dirige ou finance l’organisme. L’un des auteurs du site est Israel Fuchs, qui est également signataire des documents fondateurs du Mouvement pour la gouvernance et la démocratie.

Enfin, le Forum for Civil Society, fondé en 2017, affirme dans son rapport financier pour l’année 2017 qu’il a collecté 385 000 shekels (96 250 euros) en faisant payer les ateliers et 174 500 shekels (43 625 euros) grâce à une entité appelée Israel Renaissan.

Le Times of Israel n’a trouvé aucune trace d’Israel Renaissan en ligne ou dans les archives publiques. Le directeur principal et actionnaire du Forum for Civil Society, qui est enregistré comme société privée d’intérêt public, est Netanel Siman Tov. Siman Tov est le bras droit de l’homme d’affaires russo-israélien, Vyacheslav (Itzhak) Mirilashvili, ainsi qu’un actionnaire minoritaire d’au moins trois sociétés, dont deux médias de droite, dont il est copropriétaire avec Mirilashvili. Le père de ce dernier, Michael Mirilashvili, serait le deuxième homme le plus riche de Saint-Pétersbourg, en Russie.

Le Times of Israel a contacté Siman Tov, qui a déclaré que son organisation n’avait rien à voir avec le Forum for Civil Society, qui fonctionne maintenant sous les auspices de Kohelet, à l’exception du fait que plusieurs de ses anciens employés travaillent maintenant au Forum for Civil Society. Lorsqu’on lui a demandé des détails sur « Israel Renaissan », il a indiqué qu’il s’agissait d’une information privée.

ONG et dons anonymes

Uri Zaki, fondateur du Front for the Protection of Democracy (de gauche), a déclaré au Times of Israel que si le gouvernement israélien a adopté ces dernières années une série de lois exigeant que les ONG révèlent le financement de gouvernements étrangers, celles-ci s’appliquent principalement aux ONG de gauche qui reçoivent du financement des gouvernements occidentaux. Leurs équivalents de droite reçoivent des fonds en grande partie de particuliers et de sociétés, et ne sont donc pas tenus d’être aussi transparents.

M. Zaki – qui est également un haut responsable du parti de gauche Meretz et un ancien directeur américain de l’ONG de gauche B’Tselem – a déclaré que son Front for the Protection of Democracy est financé par des donateurs privés israéliens et américains et le New Israel Fund.

La néo-droite en Israël a systématiquement essayé de dissimuler les sources de leurs fonds

Zaki a surnommé de « néo-droite » les nombreuses organisations de droite qui ont été fondées au cours de la dernière décennie et soutient que nombre d’entre elles sont coordonnées dans la mesure où elles partagent nombre des mêmes messages et objectifs, notamment le passage urgent de la clause de dérogation, ainsi que certaines des mêmes sources de financement.

Uri Zaki, ancien directeur de B’Tselem USA. (Crédit photo : Ben Zehavi/Times of Israel)

« La néo-droite en Israël a systématiquement essayé de dissimuler les sources de leurs fonds », a-t-il accusé. « Nous parlons de dizaines de millions de shekels d’argent occulte au cours de la dernière décennie qui ont très efficacement influencé la scène politique israélienne, et nous ne savons pas qui est derrière cela. »

Zaki a suggéré que la néo-droite pourrait choisir de garder le secret sur ses donateurs parce qu’elle a quelque chose à cacher. « Je ne peux que spéculer, mais c’est peut-être parce que les sources de certains de leurs financements ne sont peut-être pas considérées comme casher par le public israélien. Par exemple, aux États-Unis, nous connaissons des Russes proches de Poutine qui investissent de l’argent dans le système politique. Je ne peux pas exclure cette possibilité. »

Une autre possibilité, a dit M. Zaki, est qu’une partie du financement pourrait être liée à des proches collaborateurs du Premier ministre. « Peut-être que ces organisations ne veulent pas se présenter comme des outils entre les mains de M. Netanyahu. »

En réponse aux remarques de Zaki, Simcha Rothman, le conseiller juridique du Mouvement israélien pour la gouvernance et la démocratie (Meshilut), a déclaré que son organisation publie toujours les noms des donateurs qui contribuent à hauteur de plus de 20 000 shekels par an (5 000 euros) et n’a jamais demandé de cacher ces informations. Il a dit que certains donateurs font des dons en vertu de l’article 501(c)(3) afin d’obtenir une déduction fiscale et que, parfois, ces donateurs préfèrent ne pas révéler leur nom.

S’exprimant en termes généraux, et pas spécifiquement au sujet de son organisation, M. Rothman a ajouté : « Il y a des raisons légitimes pour qu’un donateur ne révèle pas son nom. Par exemple, un donateur pourrait ne pas vouloir être bombardé de demandes de dons de la part d’autres organismes de bienfaisance ou pourrait craindre que son entreprise en souffre si ses dons politiques étaient connus du public. »

Rothman a noté que le Mouvement pour la gouvernance n’est en aucune façon affilié au mouvement des implantations.

« Yehuda Amrani, qui a fondé Meshilut, travaillait pour Komemiut à un poste de bas niveau. Quand il a fondé Meshilut, il avait besoin, selon la loi israélienne, de sept personnes pour démarrer l’organisation, et il a naturellement demandé au rabbin Yair Kartman de Kommemiut de l’aide pour ce faire. Mais aucun des rabbins de Kommemiut n’a quelque chose à voir avec Meshilut. Elle est dirigée par Amrani et moi-même. »

« C’est un grand honneur pour Meshilut qu’Uri Zaki s’inquiète de notre financement », a-t-il ajouté. « Le budget annuel de Meshilut ne représente qu’une petite fraction du budget des organisations financées par des fonds étrangers pour lesquelles Zaki travaillait auparavant. Nous sommes constamment à la recherche de partenaires pour nous aider à étendre nos activités. »

Nous indiquons l’identité complète de nos donateurs, comme l’exige la loi israélienne

Meir Rubin du Kohelet Policy Forum a répondu à l’affirmation de Zaki sur le manque de transparence dans les organisations conservatrices en disant  » nous indiquons l’identité complète de nos donateurs comme l’exige la loi israélienne. Demandez à Zaki comment le public peut savoir lequel des centaines de donateurs du New Israel Fund a soutenu chaque organisation, en particulier B’tselem, qui ne mentionne que le New Israel Fund (tout comme nous mentionnons American Friends of the Kohelet Policy Forum), mais pas les gens eux-mêmes [qui font des dons] ».

Rubin a rejeté toute insinuation selon laquelle le Kohelet Policy Forum aurait accepté de l’argent d’une personne ayant une réputation douteuse.

Quant à la relation de Kohelet avec Netanel Siman Tov et le Fund for Civil Society, Rubin a déclaré : « Netanel a fait des dons au Fund for Civil Society, que nous avons également soutenus. Après un certain temps, le fonds a décidé de changer ses activités de base, nous avons donc gardé les activités et les employés que nous aimions, et ils font maintenant partie intégrante du Kohelet Policy Forum. Ni Netanel ni le Fonds n’ont jamais donné ou sollicité un don au Kohelet Policy Forum, directement ou indirectement. »

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