Retour partiel des élèves dans les écoles dimanche ; plusieurs villes refusent
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Retour partiel des élèves dans les écoles dimanche ; plusieurs villes refusent

Alors que la rentrée pour les grades 1 à 3 et 11-12 pourra se faire dimanche, plusieurs villes rejettent l'idée et garderont leurs écoles fermées

Illustration : Une école fermée dans la ville de Safed, au nord d'Israël, le 13 mars 2020. (David Cohen/Flash90)
Illustration : Une école fermée dans la ville de Safed, au nord d'Israël, le 13 mars 2020. (David Cohen/Flash90)

Les ministres ont voté, vendredi, en faveur du retour des élèves des grades 1 à 3 (CP à CE2) et 11-12 (première et terminale) dès dimanche. Pour leur part, les jardins d’enfants n’ouvriront pas leurs portes avant le 10 mai, après une réévaluation de la situation sanitaire.

Le gouvernement a annoncé que dans les écoles ultra-orthodoxes, les élèves des grades 7 à 12 (5ème jusqu’à la Terminale) reprendront également le chemin du collège et du lycée dès dimanche, et non les grades moins élevés. Ce sera aussi le cas de ceux des « yeshivot katanot », sans que des détails n’aient été par ailleurs définis.

Tous les autres élèves feront leur retour sur les bancs des établissements scolaires d’ici le 1er juin, et continueront jusqu’alors l’enseignement à distance.

Les classes d’enseignement spécialisées reprendront aussi pleinement ; la reprise pour les classes pour les enfants appartenant à des catégories considérées comme à risque sera décidée prochainement.

Des dispositions supplémentaires seront décidées à l’avenir, a expliqué le bureau du Premier ministre, qui a ajouté que l’école ne serait pas obligatoire, à l’exception des examens de fin d’étude.

A titre d’illustration : Des jeunes filles orthodoxes de Beit Shemesh entrent dans leur école, le 8 septembre 2014. (Flash90)

Toutefois, quelques minutes après l’annonce de la décision, le maire de Tel Aviv, Ron Huldai, a déclaré que les écoles de sa ville resteraient fermées.

« Nos écoles et nos jardins d’enfants sont propres et les équipes sont prêtes mais nous ne suivrons pas des directives établies par des gens qui n’agissent pas de manière responsable », a annoncé Huldai dans un communiqué.

« Je peux promettre aux parents que, tout comme nous avons su rouvrir les classes d’éducation spéciale, nous saurons comment faire fonctionner l’ensemble du système éducatif municipal, mais seulement après avoir pris des mesures pour assurer la sécurité des enfants. Je suis celui qui en est responsable. »

Le maire de Ramat Gan, Carmel Shama-Hacohen, a clamé que la décision du gouvernement était « déconnectée de la réalité sur le terrain » et que sa municipalité n’ouvrirait les écoles que lorsque tous les problèmes auront été résolus.

Beer Sheva, Bnei Brak, Bat Yam, Safed, Kiryat Malachi font partie des autres municipalités qui ont jusqu’à présent déclaré qu’elles n’ouvriraient pas leurs écoles dimanche.

Ahmed Tibi, député de la Liste arabe unie, a lui déclaré que les écoles arabes ne rouvriront pas non plus la semaine prochaine.

En outre, le « forum de 15 municipalités indépendantes », qui, outre Tel Aviv, Ramat Gan et Beer Sheva, comprend également Haïfa, Netanya, Ashdod, Rishon Lezion, Petah Tikva et Herzliya, a déclaré que ces villes n’ouvriraient pas les écoles dimanche.

Le groupe de 15 a cité « des irrégularités dans les directives du gouvernement ».

« Étant donné que ce sont les municipalités qui doivent mettre en œuvre les décisions sur le terrain, nous souhaitons clarifier le fait que, dans ces circonstances, et étant donné que nous n’avons pas encore reçu de directives claires et pratiques pour la réouverture du système éducatif, nous pensons que la date fixée par le gouvernement ne nous permet pas de l’appliquer de manière sûre », a indiqué le forum dans un communiqué.

Cependant, Givatayim, qui est membre du forum, a salué la décision et a déclaré qu’il ouvrirait des écoles dimanche.

« Comme l’école n’est pas obligatoire, nous serons heureux de recevoir toute personne qui décide de venir dimanche », a déclaré le maire de Givatayim, Ran Konik.

La municipalité de Holon, qui est également membre du forum des 15, a déclaré qu’elle ouvrirait des écoles pour les élèves des grades 11 et 12, mais pas pour les élèves des grades 1 à 3.

Le président du comité d’éducation de la Knesset, Nitzan Horowitz, a quant à lui condamné la décision.

« Bibi joue au yo-yo avec le système éducatif », a déclaré le député Meretz, faisant référence au Premier ministre Benjamin Netanyahu par son surnom. « Au lieu de prendre une décision réfléchie avec un travail préparatoire sérieux, tout est fait à la volée. Il est évident depuis des semaines que les classes inférieures peuvent retourner à l’école avec ceux qui passent les examens de fin d’études, en petits groupes… le fait de traîner les pieds jusqu’à la dernière minute a empêché au système éducatif de se préparer. »

Le Conseil de sécurité nationale avait recommandé un report de l’ouverture des établissements scolaires, disant que les institutions n’avaient pas encore terminé les préparations nécessaires pour assurer une reprise réussie des cours pendant la pandémie.

La décision du report de l’ouverture des jardins d’enfants, qui resteront fermés, a eu lieu après des pressions exercées en ce sens par le ministère de la Santé, qui craint que les plus jeunes ne se trouvent dans l’incapacité de respecter les règles de distanciation sociale ou les normes d’hygiène, et que maintenir des groupes de 15 petits élèves séparés les uns des autres, comme instruction en a été donnée, soit difficile.

À quel degré les enfants sont-ils infectieux ?

Les conclusions préliminaires d’une étude menée par l’institut Gertner d’épidémiologie et de recherche en politique de santé ont été présentées jeudi au ministère de la Santé. Cette étude s’est penchée sur la propagation du virus dans 562 foyers, soit un total de 2 823 personnes à Bnei Brak, qui a connu une grave épidémie de la maladie le mois dernier.

Elle a révélé que les enfants des ménages dont au moins un membre de la famille est infecté par le virus ont 20 à 50 % moins de risques d’être infectés que les adultes, et recommandé une reprise prudente et graduelle des cours dans les établissements scolaires.

L’étude a également déterminé que les enfants auraient de 20 à 75 % moins de risques que les adultes de contaminer d’autres personnes, soulignant toutefois que les résultats sont préliminaires et que des recherches supplémentaires restaient nécessaires.

Les professionnels de santé israéliens suivent de près les recherches internationales sur les enfants et le coronavirus. Par exemple, le centre de santé de Nouvelle-Galles du Sud pour la recherche sur l’immunisation a mené une étude sur des enfants, et a conclu qu’il est peu probable qu’ils transmettent le Covid-19 entre eux ou aux adultes. En Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, cette théorie aurait influencé la décision de réouverture des écoles.

Des chaises sont placées sur les bureaux d’une salle de classe d’une école fermée de la ville de Safed, dans le nord du pays, le 13 mars 2020, en pleine pandémie de coronavirus. (David Cohen/Flash90)

Une étude publiée ce mois-ci dans la revue américaine Clinical Infectious Diseases a établi qu’un enfant en France, qui ne présentait que des symptômes légers, avait été en contact avec 172 personnes pendant sa maladie. Toutes ces personnes avaient été placées en quarantaine par précaution, mais aucune d’entre elles n’avait contracté le Covid-19, pas même les deux frères et sœurs de l’enfant.

Jusqu’à présent, les médecins israéliens ont eu tendance à considérer les enfants comme potentiellement contaminables au coronavirus et susceptibles de le transmettre, et cela a également été le cas du ministère de la Santé.

La première malade atteinte par une forme grave de COVID-19 et âgée de moins de 19 ans, une fillette de onze ans, est actuellement hospitalisée au centre médical Rambam de Haïfa.

Une famille israélienne assise sur les marches de son appartement à Jérusalem, alors qu’elle est placée à l’isolement avec ses enfants durant une mise en quarantaine mondiale des suites du coronavirus, le 31 mars 2020. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

L’initiative de réouverture des écoles a été prise dans le cadre des démarches vers la réouverture de l’économie en Israël, cette semaine, avec l’autorisation donnée à un grand nombre de commerces non-essentiels de reprendre leurs activités pour la toute première fois en un mois, alors que le nombre de nouveaux cas de virus et celui des malades graves déclinent de manière constante.

En Israël, où la majorité des parents travaillent tous deux à plein-temps, la reprise économique exige de trouver une solution pour les plus jeunes enfants qui ne peuvent pas rester sans surveillance. La Banque d’Israël a fait savoir, la semaine dernière, que la fermeture du système scolaire coûtait à l’économie environ 2,6 milliards de shekels par semaine, de nombreux foyers étant obligés de laisser un parent s’occuper des enfants au lieu de travailler.

Les écoles avaient été fermées à la mi-mars, lorsque le gouvernement avait commencé à imposer d’importantes restrictions sur les mouvements pour tenter de limiter la propagation du coronavirus. La majorité des enseignants ont continué à enseigner par téléconférence, même si ce programme n’aurait connu qu’une réussite moyenne, selon des informations.

Israël a vu le nombre de cas quotidiens de coronavirus baisser au cours de la semaine dernière. Vendredi matin, on comptait 223 décès des suites du COVID-19 et 16 004 cas confirmés de la maladie, dont la plus grande partie est aujourd’hui guérie.

Nathan Jeffay et l’AFP ont contribué à cet article.

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