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Retour sur la rencontre entre Yair Lapid et le roi de Jordanie

Lors de leur deuxième rencontre depuis que le Premier ministre a pris ses fonctions, Abdallah II a affirmé que "la sécurité viendra de la solution à deux États"

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Yair Lapid, à gauche, rencontre le roi Abdullah II de Jordanie à New York, le 20 septembre 2022. (Crédit : Avi Ohayon/GPO)
Le Premier ministre Yair Lapid, à gauche, rencontre le roi Abdullah II de Jordanie à New York, le 20 septembre 2022. (Crédit : Avi Ohayon/GPO)

NEW YORK – Alors que le Premier ministre Yair Lapid rencontrait le roi Abdallah II de Jordanie pour discuter de l’escalade de la violence en Cisjordanie mardi, les deux hommes ont reçu un rappel regrettable, qui a marqué l’urgence des efforts nécessaires afin de tenter d’apaiser les tensions.

À l’autre bout du monde, dans la banlieue de Tel Aviv, à Holon, une femme de 84 ans marchait dans la rue lorsqu’elle a été battue à mort avec un objet contondant.

Alors que Lapid et Abdallah étaient réunis, le Times of Israel a appris que le Premier ministre israélien avait été informé que les autorités enquêtant sur le meurtre soupçonnaient qu’il s’agisse d’une attaque terroriste et qu’une chasse à l’homme était en cours pour retrouver un Palestinien soupçonné d’être responsable de l’attaque. Il a ensuite été retrouvé pendu dans un appartement du centre-ville de Tel Aviv.

« Israël ne restera pas les bras croisés, combattra toutes les formes de terrorisme dirigées à son encontre, et ne permettra pas que l’on porte atteinte à la sécurité de ses citoyens », a déclaré Lapid à Abdallah lors de leur réunion, selon un compte-rendu du bureau de Lapid.

La rencontre, qui s’est tenue en marge de la 77e Assemblée générale des Nations unies à New York, s’est déroulée dans un contexte décrit par les responsables israéliens comme étant « une recrudescence des activités terroristes palestiniennes ». Le risque de nouvelles attaques est particulièrement élevé à l’approche des fêtes du Nouvel an juif qui débuteront la semaine prochaine, ont averti les autorités.

Abdallah a déclaré à Lapid que la sécurité et la stabilité étaient liées à la création d’un horizon politique pour les Palestiniens sur la base d’une solution à deux États.

« Le roi a réitéré l’importance d’accorder aux Palestiniens leurs droits justes et légitimes et de les inclure dans le développement économique régional », selon un communiqué publié par le service de presse officiel de la Jordanie.

Après la réunion, le bureau de Lapid a déclaré qu’il avait été informé par son secrétaire militaire Avi Gil de l’attaque de Holon et des efforts pour attraper le suspect, identifié par les autorités comme étant Mousa Sarsour, un Palestinien âgé de 28 ans, résident de Qalqilya.

« Nous agirons avec sévérité contre le terrorisme », a déclaré Lapid par l’intermédiaire d’un porte-parole. « Nous attraperons l’auteur de ce crime et ceux qui l’ont envoyé ».

À gauche, la scène du meurtre d’une femme de 84 ans à Holon, le 20 septembre 2022 ; à droite, le suspect de l’attaque, identifié par la police comme étant Mousa Sarsour, de Qalqilya. (Crédit : Magen David Adom/Police israélienne)

Les deux dirigeants ont également discuté du développement de la coopération économique lors de leur première rencontre depuis la visite de Lapid, à Amman, en juillet.

Les liens entre Israël et son voisin de l’Est, considérés comme essentiels à la stabilité en Cisjordanie et à Jérusalem, ont connu une meilleure période après des années de tensions lors des mandats de Benjamin Netanyahu. Mais ces derniers mois, les relations se sont dégradées en raison des critiques publiques de la Jordanie à l’égard d’Israël.

Soulignant les tensions persistantes entre les voisins, Abdallah a toutefois mis en garde, dans son discours à l’Assemblée générale des Nations unies, contre toute « atteinte » au statu quo à Jérusalem. Ce discours a été prononcé peu avant sa rencontre avec Lapid.

La Jordanie se considère comme le gardien des lieux saints musulmans et chrétiens de Jérusalem, y compris du complexe du mont du Temple qui abrite la mosquée Al-Aqsa, point central des tensions dans le conflit israélo-palestinien.

Israël rejette cette affirmation, reconnaissant uniquement le rôle du royaume hachémite sur le mont du Temple.

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