A voir : « l’Etat actuel d’Israël n’est pas légitime, » selon Rouhani
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A voir : « l’Etat actuel d’Israël n’est pas légitime, » selon Rouhani

"Nous pensons que toutes les personnes qui étaient d’origine palestinienne et qui sont en errance à l’étranger doivent pouvoir tous revenir sur leurs terres," a déclaré le président iranien

Capture d’écran Hassan Rouhani interviewé par des journalistes français en Iran, le 11 novembre 2015 (Crédit : YouTube)
Capture d’écran Hassan Rouhani interviewé par des journalistes français en Iran, le 11 novembre 2015 (Crédit : YouTube)

Le président iranien Hassan Rouhani a déclaré que « l’Etat actuel d’Israël (n’était) pas légitime » et qu’un vote sur le rétablissement du territoire d’avant 1948 devait être organisé parmi les réfugiés d’origine palestinienne, dans un entretien à des médias français, Europe 1 et France 2.

« Notre point de vue est clair sur la Palestine. […] L’Etat actuel d’Israël n’est pas légitime. C’est pourquoi nous n’avons pas de relations avec eux car nous ne considérons pas cet Etat comme légitime », a déclaré Rouhani en souriant, selon la traduction de ses propos par la chaîne de télévision publique France 2, lorsqu’on lui a demandé s’il pensait la même chose que son prédécesseur, Mahmoud Ahmadinejad, qui avait pour habitude de répéter qu’Israël « n’avait pas sa place sur la carte du Proche-Orient. »

« Nous pensons que toutes les personnes qui étaient d’origine palestinienne et qui sont réfugiés dans d’autres pays doivent pouvoir revenir sur leurs terres. Il faut qu’il y ait des élections publiques sous la supervision des Nations unies et que les résultats du vote soient respectés », a-t-il ajouté.

Invité à préciser sa pensée pour savoir si un jour l’Iran allait reconnaître l’État d’Israël et à quelles conditions pour l’Iran, Rouhani a déclaré qu’il ne parlait pas de deux Etats (un israélien et un palestinien vivant côte à côte), mais « d’un seul État », – celui de la Palestine.

« Nous disons que tout le monde doit se réunir pour voter sur l’ensemble du territoire palestinien tel qu’il était avant 1948 (date de la création d’Israël ndlr) (…) Nous disons que tous les juifs, tous les musulmans, tous les chrétiens, tous ceux qui appartiennent à cette terre et qui sont réfugiés dans d’autres pays, qu’ils reviennent dans leur pays et qu’ils votent », a-t-il poursuivi.

Ce à quoi l’un des deux journalistes français, Jean-Pierre Elkabach, qui interviewait le président iranien a rétorqué : « donc on peut comprendre l’inquiétude de l’État d’Israël, » avant d’enchaîner sur les relations entre Washington et Téhéran.

L’Iran, longtemps au ban des nations, a entamé sa réintégration sur la scène internationale après la signature de l’accord historique sur le nucléaire entre Téhéran et les grandes puissances, le 14 juillet dernier à Vienne.

Israël, pour qui l’Iran est une menace existentielle, n’a eu de cesse de dénoncer cet accord et la relégitimation de la République islamique.

Le président Rouhani, considéré comme modéré par rapport à son prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad, est attendu lundi et mardi en France pour sa première visite.

L’Iran signera des accords en France, achètera « probablement » des Airbus

L’Iran signera des protocoles d’accord et achètera « probablement » des Airbus, a annoncé le président iranien Hassan Rohani dans un entretien à des médias français.

« Aujourd’hui, nous utilisons déjà des Airbus ou des Boeing (…). Normalement, si les conditions sont bonnes, nos acheteurs achèteront chez l’un des deux et probablement cela sera Airbus », a déclaré M. Rohani interrogé sur les intentions de Téhéran de signer des accords sur l’achat d’Airbus lors de sa visite à Paris les 16 et 17 novembre, selon une traduction de ses déclarations fournie par France Télévisions à l’AFP avant la diffusion mercredi soir de l’interview.

« Avant mon voyage, il y a eu des négociations dans le domaine des transports, de l’agriculture et aussi dans le domaine industriel, particulièrement dans le secteur auto, et j’inclus dedans le transport aérien. Durant mon voyage, des protocoles d’accord seront signés et cela constituera une base pour des accords industriels et commerciaux », a ajouté Rouhani au cours de cet entretien accordé à Téhéran.

En septembre, le ministre iranien des Transports, Abbas Akhoundi, avait indiqué que l’Iran était en discussions avec les sociétés Airbus et Boeing pour acquérir des avions neufs en contrat de location ou location-vente « d’ici 2020 », sans en préciser le nombre.

Akhoundi avait également précisé que des discussions avaient eu lieu avec d’autres sociétés pour des avions court courrier.

En août, un responsable de l’aviation civile avait affirmé que l’Iran avait l’intention d’acheter entre 80 et 90 avions de lignes par an.

La flotte iranienne comprend actuellement 140 avions en activité, dont la moyenne d’âge est d’environ 20 ans.

L’industrie du transport aérien était soumise à un embargo américain depuis 1995 empêchant les constructeurs occidentaux de vendre des appareils et des pièces détachées aux compagnies iraniennes, ce qui clouait au sol une partie de leur flotte. Cet embargo avait été partiellement levé en novembre 2013.

L’accord final conclu à Vienne le 14 juillet dernier entre l’Iran et les puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne), permet à Téhéran de développer une filière nucléaire civile tout en l’empêchant de se doter de l’arme atomique, en échange de la levée progressive et conditionnelle des sanctions internationales, notamment pour acheter des avions de ligne.

« Nous accueillons l’ensemble des investisseurs du monde car il y a de bonnes conditions en Iran (…) la levée des sanctions est dans notre intérêt et l’intérêt de la communauté européenne et l’intérêt des pays voisins et dans l’intérêt de la paix et de la stabilité de la région et dans le monde », a répondu M. Rouhani à une question sur les pays qui profiteront de la levée des sanctions, selon le texte intégral de l’interview.

Les ministres et les délégations économiques et commerciales se succèdent à Téhéran depuis la signature de l’accord historique sur le nucléaire.

Capture d’écran Hassan Rouhani interviewé par des journalistes français, David Pujadas et Jean-Pierre Elkabach (d) en Iran, le 11 novembre 2015 (Crédit : YouTube)
Capture d’écran Hassan Rouhani interviewé par des journalistes français, David Pujadas et Jean-Pierre Elkabach (d) en Iran, le 11 novembre 2015 (Crédit : YouTube)

Stéphanie Bitan a contribué à cet article.

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