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Sanctions au sein de Tsahal après une attaque du Hezbollah

L'armée a diffusé les résultats de l'enquête sur l'attaque aux missiles anti-tanks perpétrée le 1er septembre par le groupe terroriste libanais contre une base de l'armée

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Vidéo de la chaîne de télévision Al-Manar du Hezbollah montrant une attaque de missile contre un véhicule militaire israélien près de la frontière nord le 1er septembre 2019, diffusée le 2 septembre. (Twitter, capture d'écran)
Vidéo de la chaîne de télévision Al-Manar du Hezbollah montrant une attaque de missile contre un véhicule militaire israélien près de la frontière nord le 1er septembre 2019, diffusée le 2 septembre. (Twitter, capture d'écran)

Le chef d’Etat-major de l’armée israélienne, Aviv Kochavi, a sanctionné deux officiers et a convoqué en audience disciplinaire deux autres en raison de leur conduite au cours d’une frappe au missile anti-tank de précision de la part du groupe terroriste du Hezbollah contre un véhicule et une base militaire, le mois dernier, a fait savoir l’armée dimanche.

Le 1er septembre, le groupe terroriste soutenu par l’Iran avait tiré trois missiles anti-tanks depuis le sud du Liban – l’un d’entre eux frappant la base militaire d’Avivim, près de la frontière, et deux autres visant un véhicule médical blindé qui transportait cinq soldats et qui circulait sur une route dont les personnels militaires devaient se retirer. Selon l’armée israélienne, cette attaque du Hezbollah n’avait pas fait de blessés, n’entraînant que des dégâts minimaux.

Les jours précédents, l’armée israélienne avait eu connaissance des intentions du Hezbollah de commettre une attaque de représailles pour des frappes israéliennes sur les forces pro-iraniennes de Syrie. Deux membres du Hezbollah avaient été tués. Une frappe au drone qui avait ciblé des équipements de fabrication d’armes essentiels pour le Hezbollah avait été également attribuée à l’Etat juif.

Sachant que le Hezbollah programmait des ripostes, le commandement du nord avait ordonné la prise d’une série de mesures de précaution pour éviter des victimes israéliennes, notamment en interdisant aux véhicules militaires se circuler sur les routes proches de la frontière libanaise et en réduisant ses déploiements dans les bases situées à proximité de la clôture frontalière, au cours d’une opération qui avait été baptisée « Entre les détroits » ou, en hébreu, « Bein Hameitzarim ».

Un homme tient un débris de missile anti-char lancé par le Hezbollah depuis le Liban, près du moshav Avivim, au nord d’Israël, le 1er septembre 2019. (Crédit :David Cohen/Flash90)

Suite à l’attaque du Hezbollah, l’armée a lancé une enquête intensive sur l’attaque et les préparations du Commandement du nord. Les militaires ont diffusé les conclusions générales de l’enquête dans la journée de dimanche.

Kochavi a statué que l’armée avait largement opéré de manière appropriée avant la frappe, à l’exception de l’entrée du véhicule blindé sur une route qui pouvait aisément être vue du Liban.

« Le chef d’Etat-major conclut que les préparations de l’opération ‘entre les détroits’ ont atteint leurs objectifs. En même temps, le chef d’Etat-major a déterminé que l’entrée d’un véhicule militaire qui a été amené à circuler sur une route placée sous la menace d’un missile de précision anti-tank de l’ennemi avait constitué une erreur opérationnelle grave », a expliqué l’armée.

Le commandant du bataillon d’artillerie basé à Avivim et son adjoint ont été tous les deux officiellement sanctionnés par Kochavi, a fait savoir l’armée.

Le commandant de bataillon, qui avait reçu l’ordre d’évacuer la base et de la laisser placée sous garde, s’est avéré ne pas avoir suivi le protocole, et le commandant-adjoint a été puni pour avoir permis au véhicule médical de circuler sur la route malgré des mises en garde contre une frappe imminente du Hezbollah.

Les deux missiles anti-tanks que le Hezbollah avait lancé sur le véhicule avaient raté de peu leur cible, s’échouant sur la route. Si les projectiles avaient touché l’ambulance blindée, qui transportait cinq soldats, ils auraient pu probablement pénétrer ses défenses et blesser ou tuer ses passagers – un développement qui aurait entraîné une riposte massive de l’armée israélienne et qui aurait pu avoir entraîné une pleine guerre avec le Hezbollah, selon les responsables israéliens.

Même s’ils ne seront pas officiellement sanctionnés, le commandant de la brigade régionale Baram, le colonel Roi Levy, et d’autres officiers du bataillon d’artillerie stationné dans la zone ont aussi reçu l’ordre d’avoir des « conversations d’éclaircissement » avec leurs commandants, a noté l’armée.

« Les conclusions de l’enquête ont identifié des lacunes dans le commandement et dans le processus de contrôle du bataillon pendant les préparations et qu’une autorisation avait été donnée au véhicule militaire de circuler le long de la route par le commandant de bataillon adjoint, malgré les ordres donnés par le commandement là-dessus », a déclaré l’armée.

« De plus, l’enquête a révélé que la brigade régionale n’avait pas mené le travail de contrôle approprié [de la situation] et qu’il y avait eu des lacunes dans la supervision des transports le long des routes », a-t-elle ajouté.

Malgré ces failles dans l’exécution des plans du Commandement du nord, l’enquête de Kochavi a révélé que les plans eux-mêmes avaient été bien conçus, a expliqué l’armée.

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