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« Screams Before Silence », le documentaire sur les violences sexuelles du Hamas

Des survivantes et des témoins évoquent les détails des cruautés inconcevables commises par les terroristes palestiniens en Israël et à Gaza, en espérant que le monde saura les écouter et les entendre

Sheryl Sandberg visite le site du festival de musique électronique Supernova dans "Screams Before Silence.". (Crédit : Kastina Productions)
Sheryl Sandberg visite le site du festival de musique électronique Supernova dans "Screams Before Silence.". (Crédit : Kastina Productions)

Après une première mondiale à New York qui a eu lieu jeudi, « Screams Before Silence, » le nouveau documentaire réalisé par l’ancienne cheffe des opérations de Meta – un film qui est consacré aux violences sexuelles systématiques qui avaient été commises par le Hamas sur des Israéliennes, le 7 octobre – est dorénavant disponible en ligne et en accès libre.

Ce film d’une heure, qui a été réalisé en coopération avec une société israélienne de production, Kastina Productions, est l’occasion d’entendre les témoignages des survivants, des otages qui ont été libérés, des membres des premiers secours et d’experts juridiques ou médico-légaux. Sandberg est présente dans tout le film, interviewant des individus en studio ou les accompagnant sur des sites ensanglantés lors de l’assaut meurtrier du 7 octobre.

Ce qui permet non seulement de mieux comprendre l’ampleur et la barbarie des attaques lancées par les hommes armés du Hamas à l’encontre des femmes – mais également la nature délibérée, préméditée et systématique de ces agressions.

« Quand le corps d’une femme est violé, cela symbolise le viol du corps de toute une nation », commente la professeure Ruth Halperin-Kaddari, ancienne vice-présidente de la Commission de l’Élimination des discriminations à l’encontre des femmes aux Nations unies, devant les caméras de la réalisatrice.

Les témoignages présentés dans le film entrent dans le détail d’une vérité éprouvante qui a été largement mise de côté dans un rapport qui a été diffusé, au début de la semaine, par Antonio Guterres, le secrétaire-général de l’ONU – un rapport dans lequel il a refusé d’inclure le Hamas sur la liste des organisations soupçonnées par l’organisme de commettre des violences sexuelles pendant les conflits. Le texte a noté que des crimes de cette nature avaient, en effet, été perpétrés pendant l’attaque dévastatrice du 7 octobre, un assaut lancé dans le sud d’Israël, mais il n’en a pas spécifiquement attribué la responsabilité au Hamas.

Le documentaire sort aussi à un moment critique – celui où des manifestations anti-israéliennes secouent un nombre croissant de campus américains, de nombreux protestataires niant l’horreur des faits qui avaient été commis, le 7 octobre, sur le sol israélien. Certains démentent même que le Hamas, après avoir franchi la frontière séparant Gaza de l’État juif, a violé, assassiné et blessé sans aucune pitié des milliers d’Israéliens en ce Shabbat noir.

« Screams Before Silence » est un documentaire qui est clairement destiné au public américain et international dans la mesure où tout ce qui est présenté dans le film a été partagé ou signalé, d’une manière ou d’une autre, par les médias israéliens. De plus, la majorité des vidéos du 7 octobre – qui ont été tournées, pour la plupart, à partir des caméras GoPro que portaient sur eux les terroristes du Hamas – ont déjà été visionnées à la télévision ou sur les réseaux sociaux.

Néanmoins, même pour ceux qui ont d’ores et déjà vu ces images ou qui ont entendu les témoignages des survivants et des témoins, regarder ce documentaire reste une épreuve difficile. Il commence par un avertissement en direction des spectateurs et il mentionne, dans son générique de fin, que des séquences d’une violence particulière n’ont pas été incluses dans le film par respect pour les victimes et pour les familles éplorées. Quoi qu’il en soit, écouter ces récits détaillés, racontés de façon vivace, s’avère être une expérience déjà suffisamment traumatisante en elle-même.

Sheryl Sandberg interroge un survivant du festival de musique électronique Supernova dans ‘Screams Before Silence.’ (Crédit : Kastina Productions)

Se rendant sur le site où avait été organisé le festival de musique électronique Supernova, où 364 personnes, des jeunes en majorité, avaient été froidement exécutées, quatre survivants racontent à Sandberg avoir fui et s’être cachés au mieux face aux hommes armés qui abattaient de sang-froid les festivaliers. Ils notent tous avoir entendu les cris de jeunes femmes qui suppliaient les hommes armés du Hamas d’arrêter de les violer.

« J’ai aussi entendu un couple. Elle ne disait pas un mot. Elle criait, c’est tout, et elle suppliait quelqu’un, lui demandant de la laisser tranquille. Je me souviens que l’homme a dit : « Laissez la ». Ce type a pleuré longtemps. »

« Il est impossible qu’une femme crie aussi fort et aussi longtemps si ce n’est pas pour appeler à l’aide parce que quelqu’un est en train de l’agresser sexuellement… C’est là que j’ai commencé à avoir peur, que je me suis dit que je pouvais être violée », raconte Tali Binner, qui s’était cachée pendant sept heures dans une remorque.

« J’ai aussi entendu un couple. Elle ne disait pas un mot. Elle criait, c’est tout, et elle suppliait quelqu’un, lui demandant de la laisser tranquille. Je me souviens que l’homme a dit : ‘Laissez-la’. Ce type a pleuré longtemps », ajoute-t-elle.

Lorsque Sandberg lui demande ce qui est arrivé après ces cris déchirants qui arrivaient de toute part, ces cris de femmes, Binner répond qu’elle a entendu des tirs. Puis cela a été le silence.

Raz Cohen, encore sous le choc, se souvient qu’il se trouvait, caché, à une quarantaine de mètres d’un groupe d’hommes qui avait immobilisé une femme. L’un des attaquants avait baissé le pantalon de la femme et il avait violé sa victime, se tenant derrière elle.

« Ils lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu. Il n’y avait aucune règle. Ensuite, ils l’ont poignardée, ils l’ont massacrée en continuant à la violer. Elle était peut-être déjà morte mais ils continuaient à la violer », explique-t-il. « J’aurais tellement voulu pouvoir l’aider. J’aurais tellement voulu avoir une arme sur moi pour pouvoir attaquer ces terroristes et pour essayer de la sauver ».

Quand Binner avait pu enfin sortir de sa cachette, elle avait vu des corps de femmes, un grand nombre partiellement ou totalement dénudées, les jambes écartées.

Elad Avraham, qui travaillait dans l’équipe de sécurité du festival Supernova, en cette matinée meurtrière, raconte son horreur lorsqu’il a aperçu des corps sans vie partout autour de lui – et notamment la dépouille d’une femme, ligotée et posée sur le pare-choc d’une voiture, les jambes écartées. Il déclare avoir aussi vu des corps qui avaient été mutilés.

« Des corps dont les seins avaient été coupés ont été retrouvés… à plusieurs endroits. Ce qui démontre un modèle qui ne peut pas avoir été autre que prémédité et préconçu par le Hamas lui-même », fait remarquer Halperin-Kaddari.

Des employés de la ZAKA au centre médico-légal de la base militaire de Shura, à proximité de Ramlé, où des centaines de cadavres sont arrivés depuis le début de la guerre à Gaza, le 7 octobre, une photo prise le 13 octobre 2023. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Des vagins ont également fait l’objet de mutilations. Rami Davidian, un agriculteur local, a fait de nombreux déplacements sur le site où avait eu lieu la rave-party Supernova pour tenter d’y retrouver des survivants. Dans le film, il se tient aux côtés de Sandberg, sous les arbres, et il pleure en se souvenant qu’il avait découvert plus de 30 jeunes femmes mortes, déshabillées, qui avaient été attachées à des arbres. Des barres de métal ou des morceaux de bois avaient été enfoncés dans les vagins de certaines d’entre elles.

Sandberg s’entretient aussi avec deux bénévoles de l’organisation de la ZAKA, une organisation spécialisée dans les secours, Haim Otzagin et Simcha Greiniman. Tous les deux affirment n’avoir jamais vu des atrocités similaires à celles dont ils ont été témoins en date du 7 octobre.

« Les corps étaient découpés en morceaux. Il était impossible de savoir s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme. Tout était éparpillé. Et de nombreux corps étaient nus. J’avais déjà vu des centaines de cadavres vie de personnes tuées dans des circonstances violentes auparavant mais aucun n’était nu », s’exclame Greiniman.

Sandberg est visiblement troublée lorsque les bénévoles lui montrent les photos qu’ils ont prises sur le site, avec notamment des images de vagins déchirés au couteau ou portant les traces d’impact de balles.

« Nous avons trouvé une femme chez elle, sous un matelas. Elle était nue et des clous et autres objets avaient été enfoncés dans ses organes génitaux », se rappelle Greiniman.

« Un agresseur ne s’en prendra pas aux organes génitaux d’une femme, à moins qu’ils ne soient ciblés de manière délibérée », ajoute Otzagin.

Shari Mendes, réserviste au sein de l’armée israélienne qui a travaillé à la morgue qui avait été installée sur la base militaire de Shura, qui avait accueilli les dépouilles des victimes du 7 octobre, déclare qu’elle et ses collègues ont constaté des mutilations délibérées des organes génitaux et des traces nettes de violences sexuelles sur les corps sans vie – des violences qui, selon elles, ont été utilisées comme une arme de guerre et de manière systématique.

« Des femmes ont reçu de si nombreuses balles dans la tête qu’il semble qu’il y avait là l’intention, l’objectif, d’anéantir leur visage. Le plus souvent, il n’était pas possible pour les familles de voir les visages de leurs filles. Et nous avons commencé à constater qu’il y avait eu des violences sexuelles par nature – des violences directement ciblées », dit Mendes. « Cela semblait systématique – avec un usage des violences sexuelles comme arme de guerre ».

« Screams Before Silence » évoque aussi ce qu’ont pu vivre les otages à Gaza, soulignant que les violences sexuelles ne s’étaient pas terminées une fois que les captifs s’étaient retrouvés de l’autre côté de la frontière.

Le film a été tourné au mois de février, quand les otages se trouvaient alors en détention depuis une centaine de jours. Aujourd’hui, plus de 200 jours se sont écoulés depuis le 7 octobre et 133 Israéliens sont encore dans les geôles du Hamas et de leurs complices civils. Tous ne sont plus en vie.

Amit Soussana, libérée après 55 jours de captivité, a été la première à s’exprimer publiquement sur les abus sexuels dont elle a été victime. Elle a accepté d’être interviewée pour les besoins du documentaire et dans le cadre d’un article du New York Times, racontant comment son ravisseur l’avait obligée à se livrer à un acte sexuel sous la menace d’une arme.

« Je me suis sentie coupable et dégoûtée de moi-même même si je n’avais objectivement pas d’autre choix », raconte Soussana à Sandberg.

Finalement, Soussana avait pris la décision de prendre la parole en public, expliquant ce qui lui était arrivé de manière à ce que le monde entier prenne conscience de la brutalité du Hamas et qu’il agisse pour secourir les otages encore à Gaza et en particulier les femmes, particulièrement vulnérables face aux violences sexuelles.

Agam Goldstein-Almog, une adolescente, avait été kidnappée et emmenée à Gaza avec sa mère et ses deux jeunes frères. Son père et sa sœur aînée avaient été assassinés par les terroristes dans leur maison de Kfar Aza, le 7 octobre. Libérée à la fin du mois de novembre, elle avait fait savoir qu’elle avait été victime d’attouchements répétés de la part de ses geôliers et qu’elle avait eu constamment peur d’être violée.

« La moitié des filles et des jeunes femmes que j’ai pu rencontrer en captivité m’ont dit qu’elles ont subi des abus sexuels ou des abus physiques, parfois les deux. Elles vivent encore avec leurs violeurs », confie-t-elle dans le film.

Le professeur Itai Pessach, qui a pris en charge les otages qui venaient d’être relâchés et qui étaient confiés aux soins de l’hôpital Sheba, déclare qu’il redoute « la possibilité impensable de grossesses » parmi les Israéliennes ayant été victimes de viols et qui se trouvent encore à Gaza.

Selon Mirit Ben Mayor, superintendant en chef de la police israélienne, plus de 200 000 images et de 2 000 témoignages sur le 7 octobre – avec notamment des éléments qui viennent substantiellement illustrer les violences sexuelles perpétrées par les hommes armés – ont été recueillis jusqu’à présent.

Certains de ces témoignages sont ceux des terroristes du Hamas eux-mêmes, comme le montrent des vidéos qui ont été filmées pendant les interrogatoires effectués par les services de sécurité israéliens.

Ce film a été un moyen pour Sandberg – cette dernière n’a pas souhaité être interrogée pour les besoins de cet article – d’attirer l’attention sur ces crimes contre l’Humanité. Elle a aussi écrit des Opinions dans les journaux et elle s’est exprimée à la tribune de l’ONU pour sensibiliser les États-membres sur le sujet, rencontrant également les leaders de plusieurs nations à cet effet.

A la fin du documentaire, Sandberg prend place dans le fauteuil jusque-là occupé par les témoins. Elle explique alors à Anat Stalinsky, qui se tient derrière la caméra, la raison pour laquelle aider à faire connaître les preuves des violences sexuelles qui ont été commises par le Hamas est une question d’une telle importance à ses yeux.

Alors que la majorité des victimes du Hamas ne sont plus là pour raconter l’horreur, Sandberg déclare qu’elle espère que ceux qui regarderont le film écouteront les témoignages et qu’ils les partageront.

« Tous ceux qui regardent ce film pourront dorénavant témoigner », dit-elle.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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