Selon un proche de Poutine, l’Ukraine veut une zone « nettoyée » pour les Juifs
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Selon un proche de Poutine, l’Ukraine veut une zone « nettoyée » pour les Juifs

Le ministre des Affaires étrangères israélien décrit l'article rédigé par Sergey Glazyev comme "conspirationniste et antisémite"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Sergey Glazyev à Moscow, le 18 février 2004. (Crédit : AP Photo/Sergey Ponomarev, File)
Sergey Glazyev à Moscow, le 18 février 2004. (Crédit : AP Photo/Sergey Ponomarev, File)

Mardi, Israël a critiqué un article rédigé par un proche du président russe Vladimir Poutine, qui alléguait que le président ukrainien souhaitait déplacer les Juifs israéliens dans une zone du pays, et a taxé son auteur de « conspirationniste et antisémite ».

Jérusalem a été « consternée » par l’article de Sergey Glazyev, a déclaré Emmanuel Nahshon, porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien au Times of Israel.

« L’aspect conspirationniste et antisémite de ces lignes est déplacé, et ne reflète pas la nature positive de la relation entre la Russie et Israël », a ajouté Nahshon.

Dans un long article publié sur le blog nationaliste Zavtra (Demain) et sur son site personnel, Glazyev a décrit le nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky, juif, comme une marionnette de l’administration américaine, qui fait le travail de la droite israélienne.

« Je n’exclus pas, par exemple, la possibilité d’un mouvement de masse dans le sud-est de l’Ukraine, une terre ‘nettoyée’ de la population russe par les habitants de la Terre promise fatigués de la guerre permanente au Moyen-Orient », a écrit Glazyev.

Né d’un père russe et d’une mère ukrainienne dans une région de l’ex-URSS appartenant aujourd’hui à l’Ukraine, il est l’un des plus proches conseillers économiques de Poutine, ainsi qu’un ancien député et candidat malheureux à la présidence en 2004.

Le porte-parole de Poutine, Dmitry Peskov, a déclaré que Glazyev exprimait « ses opinions personnelles » qui sont peut-être « erronées » et souligné que le président n’avait rien à voir avec ces propos.

Plus tard dans la journée, le blogueur a déclaré que son communiqué ne faisait pas uniquement référence aux Juifs, mais à tous les résidents de la région, notamment aux Palestiniens, Syriens, Libanais et Jordaniens, qui vivent tous dans des régions instables.

Son article est paru le jour où Zelensly rencontrait des rabbins Habad ukrainiens.

Vlodymyr Zelensky, le président élu ukranien rencontre des rabbins à Kiev, en mai 2019. (Crédit : Jewish Community of Dnepro/ via JTA)

Mardi, Zelensky a rencontré le ministre israélien de l’Environnement Zeev Elkin, d’origine ukrainienne. Cette rencontre marquait le premier rendez-vous officiel entre le comédien devenu homme politique et un membre du gouvernement israélien. Les responsables à Jérusalem ont évoqué une rencontre positive et affirmé que Zelensky était très bien disposé à l’égard de l’Etat hébreu.

Lorsqu’il prendra ses fonctions le 30 mai, l’Ukraine sera le seul pays, en dehors d’Israël, à disposer d’un président et d’un Premier ministre juifs (Volodymyr Groysman).

Les ancêtres juifs de Zelensky, star du petit écran, n’ont pas joué un rôle dans sa candidature.

« C’est impressionnant que dans n’importe quel pays du monde, et certainement dans un pays d’Europe, au regard de l’Histoire, au regard de l’Histoire de l’Europe de l’Est, que la judéité d’un candidat n’ait pas été un problème lors de la campagne », a déclaré lundi en Ukraine Elan Carr, l’envoyé spécial pour la surveillance et la lutte contre l’antisémitisme au Kyiv Jewish Forum.

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