Si Netanyahu ne se ressaisit pas, la Knesset devra être dissoute – Gantz
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Si Netanyahu ne se ressaisit pas, la Knesset devra être dissoute – Gantz

Pour le chef de Kakhol lavan, le Premier ministre doit autoriser le cabinet coronavirus à prendre des décisions ; sinon, les Israéliens sauront "qui les a conduits aux élections"

Le leader de Kakhol lavan et ministre de la défense Benny Gantz lors d'une réunion de sa faction à la Knesset, le 16 novembre 2020. (Crédit : Elad Malka/Kakhol lavan)
Le leader de Kakhol lavan et ministre de la défense Benny Gantz lors d'une réunion de sa faction à la Knesset, le 16 novembre 2020. (Crédit : Elad Malka/Kakhol lavan)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a averti lundi que si le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne se « ressaisissait » pas et qu’il ne permettait pas au gouvernement de prendre des décisions politiques, alors la Knesset serait dissoute et de nouvelles élections organisées – ce serait le quatrième scrutin national en l’espace de deux ans.

S’exprimant au début de la réunion hebdomadaire de son parti à la Knesset, Gantz a fait part de sa frustration face à l’immobilisme d’un cabinet dans l’incapacité de prendre des décisions concernant la prise en charge de l’épidémie actuelle et concernant aussi l’allègement du confinement national imposé dans le cadre de la lutte contre la COVID-19.

« On ne peut plus passer encore ne serait-ce qu’un jour sans prendre de décisions », a-t-il souligné au lendemain d’une réunion du cabinet dit « du coronavirus » qui s’est achevée, après sept heures de débat, sans nouvelle levée des mesures de confinement et autres restrictions.

« Si Netanyahu ne se ressaisit pas, cette Knesset sera dissoute », a averti le Premier ministre d’alternance, dans une menace explicite à l’attention du chef du gouvernement. « Si nous devons réorganiser des élections, les citoyens du pays sauront qui en est responsable ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prononce un discours télévisé après la signature d’un contrat avec Pfizer pour l’achat de doses du vaccin contre le coronavirus, aux quartiers généraux de l’armée à Tel Aviv, le 13 novembre 2020. (Crédit Kobi Gideon/GPO)

Netanyahu aurait fait preuve d’impatience, pendant la réunion, lorsque les autres ministres et les agences gouvernementales ont refusé de soutenir pleinement ses propositions et notamment l’imposition d’un couvre-feu nocturne dans tout le pays.

« Nous avons un talent extraordinaire pour faire traîner ces débats », a-t-il commenté, selon des informations qui ont fuité et ont été rendues publiques.

« J’arrête cette discussion maintenant », a aussi annoncé le Premier ministre à un moment, disant que lui et Gantz parleraient en privé des mesures à prendre et qu’ils les soumettraient au cabinet coronavirus, lundi soir. Lors d’une autre rencontre organisée la semaine dernière – et qui n’avait, elle aussi, débouché sur rien – il avait été précisé que toute prise de décision serait repoussée à cette semaine.

Prenant la parole lundi, le ministre de la Défense a établi la position de son parti sur un certain nombre de problèmes déterminants concernant la levée du confinement, apportant son soutien à la remise en œuvre du système dit « feux de circulation », qui répond à des codes couleurs et sert à catégoriser les différentes régions du pays en fonction de leur taux d’infection, allant du « vert », pour les zones où le virus n’est que peu présent, au « rouge », qui désigne celles présentant les plus forts taux de mortalité.

Le numéro un de Kakhol lavan a indiqué qu’il était favorable à une réouverture graduelle du système éducatif dans les villes « vertes », et notamment la reprise des cours pour les classes de CM2, de Sixième et de Première et de Terminale, ainsi que l’ouverture des marchés et des centres commerciaux. Dans les municipalités « rouges », la formation préconise des confinements locaux jusqu’à la baisse tangible du taux d’infection.

La police installée à un checkpoint temporaire aux abords de la Vieille Ville de Jérusalem durant un confinement national dû au coronavirus, le 19 septembre 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans une initiative audacieuse visant à influencer le Premier ministre, Gantz a également fait savoir qu’il avait donné pour instruction au député Eitan Ginzburg, issu de son parti, de rassembler « tous les projets de loi consacrés à l’égalité, à la lutte contre la corruption et aux valeurs qui sont importantes à nos yeux ».

Cette initiative pourrait potentiellement inclure l’avancée d’une législation visant à limiter le mandat du Premier ministre, voire à empêcher un chef de gouvernement de servir s’il est sous le coup d’une mise en examen – des propositions qui auraient probablement l’appui de la majorité à la Knesset si elles étaient soutenues par Kakhol lavan, mais qui entraîneraient presque certainement l’effondrement de la coalition.

La menace proférée par Gantz à l’encontre de Netanyahu s’inscrit dans un discours de plus en plus récurent de la part des députés de Kakhol lavan – et principalement Gantz – qui semble indiquer que le gouvernement d’unité actuel touche à sa fin en raison de l’échec à adopter un budget pour l’État.

Si aucun budget n’est voté d’ici le 23 décembre, le gouvernement sera automatiquement dissout. Netanyahu freinerait le budget afin de provoquer des élections anticipées et d’éviter de devoir se soumettre aux dispositions de partage du pouvoir inscrites dans l’accord de coalition et qui l’obligeraient à céder son fauteuil de Premier ministre à Gantz, l’année prochaine.

Il y a eu trois élections au sein de l’État juif entre le mois d’avril 2019 et le mois de mars 2020.

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