Smotrich : Contourner la Cour, condition préalable pour rejoindre la coalition
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Smotrich : Contourner la Cour, condition préalable pour rejoindre la coalition

Le député d'extrême droite Bezalel Smotrich ne veut pas d'un gouvernement de droite sans législation lui permettant de contourner le contrôle judiciaire

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le chef du parti Union nationale, le député Bezalel Smotrich, prend la parole lors d'une conférence du Mouvement pour un gouvernement de qualité, à Modiin, le 4 février 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Le chef du parti Union nationale, le député Bezalel Smotrich, prend la parole lors d'une conférence du Mouvement pour un gouvernement de qualité, à Modiin, le 4 février 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Le co-président de l’Union des partis de droite, le député d’extrême droite Bezalel Smotrich, a déclaré mardi que son parti ne rejoindrait une future coalition après les élections du 9 avril que si le gouvernement décide d’approuver dans les 60 jours une loi permettant à la Knesset de contourner la Cour suprême en adoptant ses lois.

M. Smotrich, qui semblait confiant que le parti au pouvoir, le Likud, conserverait le pouvoir après les élections, a déclaré au radiodiffuseur public Kan qu’il aborderait le sujet avec les responsables du Likud lors des négociations en vue de la formation de la coalition.

« Si [Netanyahu] veut constituer un gouvernement de droite… alors il devra adopter cet amendement, parce qu’autrement il n’y a aucun intérêt à avoir un gouvernement de droite », a dit Smotrich.

Smotrich soutient une version du projet de loi dit de dérogation, qui vise à limiter sévèrement la capacité de la Cour à déclarer inconstitutionnelle les lois de la Knesset. La droite israélienne a longtemps critiqué la Cour pour ses pouvoirs étendus et a cherché à rendre la Knesset plus puissante.

Smotrich dirige le parti de l’Union nationale, qui, avec HaBayit HaYehudi et Otzma Yehudit, constitue l’alliance tripartite de l’Union des partis de droite, qui s’est formée dans la perspective des élections à venir.

Dans le Parlement sortant, Smotrich était député de HaBayit HaYehudi. Le Likud et HaBayit HaYehudi avaient convenu d’avancer un projet de loi de dérogation dans l’accord de coalition des partis en 2015, mais Netanyahu a bloqué la législation. Il est arrivé que le retard dans la présentation du projet de loi a menacé de provoquer une crise de coalition.

Le projet de loi proposé par HaBayit HaYehudi permettrait à la Knesset de se prononcer à nouveau sur une loi disqualifiée par la Cour, et donc d’adopter la loi en dépit de la décision de la Cour qui a rejeté sa constitutionnalité.

Les sondages d’opinion ont, en général, prédit que l’Union des partis de droite remporterait cinq sièges à la Knesset aux élections. Les sondages prévoient qu’un bloc de partis de droite, dirigé par le Likud, aurait les meilleures chances de former une coalition de plus de la moitié des 120 sièges de la Knesset.

Smotrich, cofondateur de l’ONG de droite Regavim, qui s’attaque à la construction illégale par des non-Juifs en Israël et en Cisjordanie, est entré à la Knesset en 2015 et s’est rapidement fait connaître par ses vues intransigeantes de droite et ses propos polémiques.

Au cours de ses quatre années à la Knesset, il a fait la une des journaux pour avoir encouragé le rejet des projets de loi en protestation contre le programme « féministe radical » de Tsahal, pour avoir comparé l’évacuation des avant postes illégaux à un « viol barbare », pour avoir déclaré que des arabes « analphabètes » ne peuvent accéder aux universités que grâce à la discrimination positive.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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