Smotrich restera dans la coalition malgré son opposition à l’aide humanitaire à Gaza
Smotrich indique aux membres de son parti que l'augmentation des livraisons est une mesure tactique préalable à une campagne militaire plus large contre le Hamas

Dimanche soir, le ministre des Finances Bezalel Smotrich a fait savoir que son parti HaTzionout HaDatit ne quitterait pas la coalition, malgré son désaccord avec la décision du Premier ministre Benjamin Netanyahu d’augmenter l’aide humanitaire à Gaza.
Le ministre des Finances a envoyé un message aux députés de son parti, dans lequel il décrit l’augmentation de l’aide comme une mesure tactique préalable à une intensification de la campagne militaire contre le Hamas.
Selon Smotrich, la question la plus importante était de savoir si le gouvernement était déterminé à « vaincre le Hamas ».
En temps de guerre, les considérations politiques doivent passer au second plan », a-t-il indiqué. « Nous progressons avec une bonne stratégie, mais je ne souhaite pas m’étendre davantage sur cette question. Nous saurons rapidement si elle portera ses fruits, et quelle sera la prochaine étape. »
Un message qui a apparemment apaisé la tempête politique qui couvait depuis samedi, lorsque Netanyahu a pris une série de mesures visant à considérablement augmenter l’aide humanitaire à Gaza, malgré les réticences de Smotrich et d’un autre allié d’extrême droite du Premier ministre, le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir. Les informations faisant état de famine et de décès dus à une malnutrition sévère se sont multipliées dans l’enclave, accentuant la pression internationale sur Israël pour qu’il autorise l’acheminement de davantage de vivres.
Israël a nié toute responsabilité concernant la famine qui sévit à Gaza. Mais depuis samedi, l’État juif a ouvert de nouveaux couloirs d’acheminement de l’aide, largué des vivres dans la bande de Gaza, et instauré des « pauses humanitaires » de 10 heures dans les zones peuplées.
Tout au long de la guerre, Smotrich et Ben Gvir ont rejeté de telles mesures, les qualifiant de garantie de survie pour le Hamas, accusé par Israël d’avoir détourné l’aide humanitaire. Samedi, quand Netanyahu a réuni un petit groupe de ministres pour esquisser sa nouvelle politique, il n’a convoqué ni Ben Gvir ni Smotrich, affirmant qu’il ne voulait pas perturber leur observance de Shabbat.
« Je suis disponible toute la journée de Shabbat, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Je suis ministre de la Sécurité intérieure et je reçois des informations en permanence. Ce ne sont que des prétextes », a rétorqué Ben Gvir dans un communiqué, qualifiant cette décision de « grave erreur ».
Alors que Ben Gvir a dénoncé cette augmentation de l’aide, la qualifiant de « honteuse » et de « capitulation » devant le Hamas, Smotrich est pour sa part resté silencieux, une attitude qui a alimenté les spéculations sur son éventuel départ de la coalition.
La coalition de Netanyahu a récemment perdu le parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah. Le parti Shas a également quitté le gouvernement, mais a décidé de rester membre de la coalition. Avec le départ consécutif d’Avi Maoz, seul député de la faction Noam, la coalition ne dispose plus que de 60 sièges sur les 120 de la Knesset.
Le départ du parti HaTzionout HaDatit de Smotrich ou de la faction de Ben Gvir, Otzma Yehudit laisserait donc le Premier ministre avec une importante minorité à la Knesset, dont la pause estivale de trois mois vient de débuter.
Ben Gvir, qui a poussé Smotrich à se joindre à lui dans un bloc uni afin de faire pression sur Netanyahu sur la question de la conduite de la guerre, a déjà prouvé qu’il était prêt à quitter le gouvernement en raison de l’attitude de ce dernier à Gaza. Il avait en effet quitté la coalition en janvier à la suite de la signature d’un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas.
Le parti ultranationaliste avait toutefois réintégré la coalition à la reprise des combats, près de deux mois plus tard.
Netanyahu dirige déjà le pays avec un gouvernement minoritaire, et il est hautement improbable que Ben Gvir et Smotrich s’accordent avec l’opposition sur un gouvernement alternatif dans le cadre d’un vote de défiance, même si un vote en faveur de la dissolution de la Knesset reste une hypothèse plausible.
Smotrich a déjà menacé de faire tomber le gouvernement si Israël acceptait un accord maintenant le Hamas au pouvoir à Gaza.
Israël a récemment, durant plusieurs semaines, pris part à des négociations indirectes avec le Hamas au Qatar afin de parvenir à un accord sur un cessez-le-feu et sur la libération des otages, mais les pourparlers ont échoué sans qu’aucun compromis n’ait été trouvé. Smotrich, à plusieurs reprises, a fait savoir que si Israël mettait fin à la guerre sans vaincre le Hamas, son parti quitterait la coalition. Lui et Ben Gvir ont appelé Israël à prendre le contrôle de la bande de Gaza et à y établir des implantations.
À la suite de l’échec des négociations, Ben Gvir a également indiqué que le moment était venu d’intensifier la lutte contre le Hamas, en particulier après que le président américain Donald Trump a accusé le groupe terroriste d’être responsable de l’enlisement des pourparlers.
« Nous avons aujourd’hui l’occasion de la [Gaza] prendre au Hamas, et Trump est avec nous ; nous ne pouvons pas laisser passer cette chance », a souligné Ben Gvir lors d’une interview à la radio. « Nous avons l’occasion d’occuper toute la bande de Gaza, d’encourager la migration volontaire et d’éliminer autant de membres du Hamas que possible. »







