Tsahal accuse la Syrie d’aider le Hezbollah à s’implanter sur le Golan
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Tsahal accuse la Syrie d’aider le Hezbollah à s’implanter sur le Golan

Dans une menace implicite, l'armée a ajouté que le régime syrien "serait tenu pour responsable de toutes les activités ennemies en provenance de son territoire"

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Capture d'écran d'une vidéo publiée par l'armée israélienne qui montrerait un haut-gradé syrien, Lua’a Ali Ahmad Asaad, lors d'une inspection de sites du Hezbollah sur le plateau du Golan. (Crédit : Armée israélienne)
Capture d'écran d'une vidéo publiée par l'armée israélienne qui montrerait un haut-gradé syrien, Lua’a Ali Ahmad Asaad, lors d'une inspection de sites du Hezbollah sur le plateau du Golan. (Crédit : Armée israélienne)

Vendredi, l’armée israélienne a accusé l’armée syrienne d’aider le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah à établir une présence militaire permanente sur le plateau du Golan. Tsahal a publié une vidéo montrant des hauts gradés syriens visitant la zone.

« Même en période de coronavirus, le nouveau commandant de la première division de l’armée syrienne, Luaa Ali Ahmad Asaad, continue à aider et à autoriser le groupe terroriste du Hezbollah à établir un front sur le plateau du Golan », a dénoncé Tsahal dans un communiqué.

L’armée israélienne a publié des images vidéo filmées depuis la frontière par l’une de ses caméras de surveillance. Les images montrent Asaad et d’autres membres de l’armée en train de marcher autour d’une zone non identifiée le long de la frontière.

« Dans la vidéo, on peut voir le nouveau commandant de la division en patrouille sur le front. Il passe notamment par des zones connues pour être utilisées par le Hezbollah, avec le chef du commandement du sud du Hezbollah, Hajj Hashem », a commenté l’armée.

Dans une menace implicite, elle a ajouté que le régime syrien « serait tenu pour responsable de toutes activités ennemies en provenance de son territoire ».

« Prenez cela pour un avertissement », a mis en garde Tsahal.

L’armée a refusé de commenter où et quand exactement les images ont été filmées.

Israël prévient depuis longtemps qu’il n’acceptera pas l’établissement d’une présence militaire permanente en Syrie par le Hezbollah et l’Iran, qui soutient le groupe terroriste libanais.

Plus tôt le mois dernier, Tsahal a accusé le groupe terroriste du Hezbollah et l’armée syrienne d’avoir été derrière une tentative d’attaque de sniper contre des soldats israéliens sur le plateau du Golan. L’attaque a été déjouée par une frappe israélienne sur la voiture des suspects.

L’armée israélienne avait alors déclaré que les mois précédents l’incident, des soldats israéliens avaient vu des combattants du Hezbollah et des soldats syriens préparer l’attaque. Ils ont filmé la zone de la frontière avec leurs téléphones portables et des caméras professionnelles et mesuré la vitesse du vent à différents endroits de la zone tampon officiellement démilitarisée qui sépare les deux pays. Selon Tsahal, ils tentaient d’identifier une cible et d’améliorer la précision de ses snipers.

Tsahal a déclaré avoir repéré le 2 mars des combattants se préparant à mener l’attaque depuis une voiture.

« Quand nous avons eu l’opportunité opérationnelle, la voiture utilisée par la cellule a été attaquée par un hélicoptère de Tsahal », a expliqué l’armée.

Des photos qui auraient été prises sur place montraient une camionnette blanche en feu qui aurait été complètement détruite dans la frappe.

« Tsahal mène depuis longtemps une campagne contre les efforts du groupe terroriste du Hezbollah pour établir un front sur le plateau du Golan. L’armée israélienne prend de nombreuses mesures pour contrecarrer ces efforts visant à mener des attaques terroristes contre l’État d’Israël », a déclaré l’armée israélienne.

Même si les médias syriens ont annoncé qu’Israël aurait mené plusieurs frappes contre le Hezbollah sur le plateau du Golan, des officiels israéliens ont largement refusé de commenter le sujet jusqu’à l’incident du mois dernier.

A l’époque, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), un groupe basé au Royaume-Uni qui suit la guerre en Syrie, avait indiqué que le véhicule, bombardé par l’hélicoptère israélien, appartenait à des membres d’une milice loyale au dictateur syrien Bashar el-Assad.

Un véhicule qui aurait été détruit par une frappe de missile israélien en Syrie, à proximité de la frontière du Golan, le 2 mars 2020. (Autorisation)

Les vidéos de la scène partagées sur les réseaux sociaux montraient un hélicoptère en train de tirer des leurres, puis un missile.

L’agence de presse syrienne SANA avait affirmé qu’Israël avait tiré un missile sur un véhicule civil « dans la banlieue de Qouneitra ».

Alors que les officiels israéliens évitent habituellement de revendiquer des frappes spécifiques en Syrie, ils ont reconnu avoir mené des centaines, voire des milliers, de raids dans le pays depuis le début de la guerre civile syrienne en 2011. Dans leur grande majorité, ceux-ci visaient l’Iran et ses alliés, notamment le groupe terroriste libanais du Hezbollah. Mais Tsahal a aussi mené des frappes sur les défenses aériennes syriennes qui avaient tiré sur des avions israéliens.

Un accord signé avec la Russie était censé repousser l’Iran et les milices soutenues par Téhéran, dont le Hezbollah, à des dizaines de kilomètres de la frontière.

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