Umm al-Hiran : le conducteur a été visé avant de tuer un policier, selon des témoignages de la police
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Umm al-Hiran : le conducteur a été visé avant de tuer un policier, selon des témoignages de la police

Dans l’enquête sur les morts du village bédouin, les policiers disent avoir tirés sur les pneus d’Abu al-Qian quand il a ignoré les appels à s’arrêter

Le véhicule qui a tué un policier israélien dans le village bédouin d'Umm al-Hiran dans le désert du Negev, dans le sud d'Israël, le 18 janvier 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le véhicule qui a tué un policier israélien dans le village bédouin d'Umm al-Hiran dans le désert du Negev, dans le sud d'Israël, le 18 janvier 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Les témoignages de la police collectés dans le cadre d’une enquête sur la mort d’un Bédouin après que sa voiture a renversé et tué un policier suggèrent que des coups de feu ont été tirés avant et après que son véhicule ne touche le policier. Ces témoignages indiqueraient ainsi que l’incident n’était pas une attaque terroriste, comme l’avaient affirmé les autorités.

Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, et Roni Alsheich, chef de la police israélienne, avaient déclaré que Yaqoub Mousa Abu al-Qian était un terroriste, et que l’attaque était inspirée par l’Etat islamique.

Une enquête du ministère de la Justice aurait cependant conclu que l’incident de janvier dans le village bédouin non reconnu d’Umm al-Hiran n’était pas un acte terroriste.

Erdan s’est rétracté ces deux derniers jours. La famille d’Abu al-Qian a demandé qu’il s’excuse.

Les témoignages collectés auprès de plusieurs policiers présents sur place suggèrent qu’ils ont pu tirer sur Abu al-Qian avant qu’il ne devienne clair qu’il essayait de viser les policiers, a annoncé mercredi la Dixième chaîne.

Le véhicule qui a renversé des policiers et tué l'un d'eux dans le village bédouin non reconnu d'Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : police israélienne)
Le véhicule qui a renversé des policiers et tué l’un d’eux dans le village bédouin non reconnu d’Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : police israélienne)

« J’étais près du chemin, près de la voiture qui continuait à avancer. Je lui ai crié ‘stop’ mais il a continué à conduire. J’ai tiré trois coups vers son pneu avant droit, et j’ai entendu le pneu éclater, mais la voiture ne s’est pas arrêtée. Je me suis déplacé et j’ai tiré dans le pneu arrière droit », aurait déclaré un policier, dont le nom n’a pas été cité.

Un autre policier anonyme a déclaré aux enquêteurs avoir tiré « vers les pneus avant et arrière, et j’ai entendu un pneu éclater. »

Craignant de toucher ses collègues, ce policier a ensuite couru derrière la voiture qui avançait.

« Ce n’est qu’après avoir vu que la voiture renversait un policier que j’ai réussi à regarder dans le viseur et à tirer afin de l’arrêter », a-t-il déclaré.

D’autres policiers ont déclaré avoir signalé et tiré sur Abu al-Qian alors qu’il semblait se diriger vers eux.

« J’étais sur la voie opposée à celle de la voiture, à quelques mètres d’elle. Je me suis approché mais il m’a ignoré, a allumé les phares et a commencé à conduire dans ma direction. Je me suis déplacé et je lui ai crié de s’arrêter, j’ai frappé la voiture avec mon arme pendant qu’il me dépassait mais il a continué à conduire », aurait déclaré un policier aux enquêteurs.

Un autre policier a déclaré qu’il avait dû sauter pour ne pas être renversé.

L’incident avait eu lieu au matin du 18 janvier, quand la police avait été déployée pour démolir des maisons du village, que l’Etat cherche à démanteler pour faire de la place à une nouvelle ville juive.

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