Un artiste expulsé du Dismaland de Banksy après un geste anti-Israël
Rechercher

Un artiste expulsé du Dismaland de Banksy après un geste anti-Israël

Shadi Alzaqzouq a recouvert le travail qu'il exposait à l'exposition avec un drap pour contester la participation d'artistes Israéliens

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le château de cendrillon du parc Dismaland de Banksy (Crédit : Capture d'écran YouTube/Channel 4)
Le château de cendrillon du parc Dismaland de Banksy (Crédit : Capture d'écran YouTube/Channel 4)

Un artiste, d’origine palestinienne, a annoncé avoir été expulsé du parc anti-thème Dismaland après avoir recouvert ses peintures d’un drap pour protester contre la présence d’artistes israéliens sur le site de la contre-culture récemment ouvert par le graffeur Banksy.

Shadi Alzaqzouq, 34 ans, a affirmé qu’il a été expulsé après avoir recouvert ses œuvres d’un drap sur lequel il avait griffonné « RIP Gaza : Boycott Israël », et il s’est allongé devant.

Les organisateurs, après avoir expulsé l’artiste, ont cependant décidé de laisser le drap en place avec une note expliquant que « l’artiste a décidé de couvrir son travail pour protester contre le fait d’être exposé aux côtés d’artistes venant d’Israël. Nous espérons résoudre la situation dès que possible et nous présentons des excuses pour toute déception », a indiqué le site Al-Araby Al-Jadeed mardi.

Alzaqzouq a indiqué qu’il a commencé sa protestation au début de la semaine après avoir découvert que des artistes israéliens avaient également pris part à l’exposition, ce dont il n’était pas au courant avant l’ouverture du parc.

Dismaland, une exposition iconoclaste coordonnée par l’artiste mondialement connu Banksy, qui se veut une parodie subversive des parcs d’attractions, a ouvert dans l’enceinte d’une ancienne piscine de plein air de Weston-super-Mare, une station balnéaire proche de Bristol dans l’ouest de l’Angleterre.

On y retrouve une réplique brûlée du château de Disneyland, une Cendrillon morte dans un accident de carrosse et encerclée par des paparazzi, un manège de chevaux dont l’un pendouille sous un boucher assis sur des caisses labellisées « lasagnes » ou encore un ancien camion de la police utilisé en Irlande du Nord transformé en toboggan pour enfants. Les visiteurs peuvent aussi diriger bâteau miniature rempli de réfugiés. 

L’exposition réunit des œuvres de Banksy et de 58 artistes, tels que les britanniques Damien Hirst et David Shrigley, les espagnols Escif et Paco Pomet ou encore l’américaine Jenny Holzer. Banksy les a lui-même tous choisis, dont trois artistes d’Israël et des Territoires palestiniens, un Egyptien, deux artistes syriens et un Iranien.

« J’ai découvert quand je suis arrivé à l’exposition que trois artistes israéliens y avaient pris part, dont l’un a servi dans l’armée israélienne », a expliqué Alzaqzouq au le site, basé à Londres. « Cela m’a fâché de ne pas avoir été informé et j’ai essayé de me plaindre auprès des organisateurs ».

Lorsque personne n’est venu écouter sa plainte, Alzaqzouq a décidé de prendre les choses en main.

« J’ai décidé que je devais protester par n’importe quelle manière, je suis allé et j’ai pris un drap de lit de ma chambre d’hôtel et j’ai écrit : ‘RIP Gaza : Boycott Israël’ avec du charbon et je l’ai accroché sur mon œuvre et je me suis allongé comme un cadavre devant mes deux tableaux exposés », a déclaré Alzaqzouq, qui est né en Libye de parents palestiniens et qui vit maintenant en France.

Une demi-heure plus tard, les agents de sécurité sont arrivés sur place et lui ont demandé ce qui se passait avant de contacter Holly Cushing, souvent décrite comme la manager ou la gardienne de Banksy qui reste insaisissable.

Une affiche de Dismaland (Crédit : Dismaland.co.uk)
Une affiche de Dismaland (Crédit : Dismaland.co.uk)

Alzaqzouq dit qu’après avoir écouté son explication, Cushing lui a dit que le travail de protestation était trop « laid » pour le site, puis a affirmé qu’un collectionneur d’art américain allait acheter son art.

Selon l’article, après avoir passé un appel téléphonique à Banksy, Cushing a ordonné à Alzaqzouq de partir et lui a dit que ses peintures allaient être retirées.

Et pourtant, les œuvres et le drap placé en protestation sur elles sont restées en place.

Dismaland et Cushing ne pouvaient pas être immédiatement joints pour commenter cette affaire. Selon le site Web du sombre et déprimant « parc de la perplexité », les seules choses qui sont interdites sont « les bombes de peinture, les marqueurs, les couteaux et les représentants juridiques de la Walt Disney Corporation ».

Alzaqzouq avait deux tableaux exposés.

« After Washing # 3 » montre une femme tenant des sous-vêtements masculins avec le mot arabe pour « partir » écrit dessus – le mot scandé par les manifestants anti-dictateur lors des manifestations du Printemps arabe.

Le deuxième tableau, « Rock Me All Night Long », dépeint des enfants jetant des pierres colorées et des chaussures sur le dirigeant libyen déchu Mouammar Kadhafi qui se trouve en arrière plan du tableau et qui est dépeint comme le personnage de Joker de Batman.

Personnage mythique de la scène graffiti, Banksy, dont ni l’identité ni le visage ne sont connus, s’est livré à plusieurs actions. Début 2015, il s’est ainsi rendu clandestinement à Gaza pour réaliser des graffitis dénonçant les conditions de vie des habitants.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...