Un atelier de fabrication de lampes à huile découvert à Beit Shemesh
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Un atelier de fabrication de lampes à huile découvert à Beit Shemesh

L'atelier, datant d'il y a 1600 à 1700 ans, avait été découvert dans les années 1930 par un archéologue, puis perdu - avec sa localisation, un mystère moderne est enfin résolu

  • Les lampes à huile découvertes lors des fouilles de Beit Nattif à Beit Shemesh. (Crédit : Itai Aviv/Autorité israélienne des antiquités)
    Les lampes à huile découvertes lors des fouilles de Beit Nattif à Beit Shemesh. (Crédit : Itai Aviv/Autorité israélienne des antiquités)
  • Les lampes à huile découvertes lors des fouilles de Beit Nattif à Beit Shemesh. (Crédit : Yoli Schwartz/Autorité israélienne des antiquités)
    Les lampes à huile découvertes lors des fouilles de Beit Nattif à Beit Shemesh. (Crédit : Yoli Schwartz/Autorité israélienne des antiquités)
  • Un fragment de lampe avec un dessin de ménorah découvert lors des fouilles de Beit Nattif à Beit Shemesh. (Crédit : Moran Balila,Autorité israélienne des antiquités)
    Un fragment de lampe avec un dessin de ménorah découvert lors des fouilles de Beit Nattif à Beit Shemesh. (Crédit : Moran Balila,Autorité israélienne des antiquités)
  • Une figurine trouvée lors des fouilles de Beit Nattif à Beit Shemesh en train d'être lavée. (Crédit : Yoli Schwartz/Autorité israélienne des antiquités)
    Une figurine trouvée lors des fouilles de Beit Nattif à Beit Shemesh en train d'être lavée. (Crédit : Yoli Schwartz/Autorité israélienne des antiquités)
  • Le directeur des fouilles Itai Aviv avec une figurine vieille de 1600 ans découverte lors des fouilles de Beit Nattif à Beit Shemesh. (Crédit : Yoli Schwartz/Autorité israélienne des antiquités)
    Le directeur des fouilles Itai Aviv avec une figurine vieille de 1600 ans découverte lors des fouilles de Beit Nattif à Beit Shemesh. (Crédit : Yoli Schwartz/Autorité israélienne des antiquités)

Les archéologues ont annoncé, lundi, la découverte de l’un des plus grands ateliers de fabrication de lampes à huile jamais trouvé en Israël, datant d’il y a 1 600 à 1 700 ans – une découverte qui aide aussi à résoudre un mystère plus moderne : la localisation oubliée d’une citerne dans laquelle se trouvaient des objets anciens, qui avait été initialement signalée par un chercheur, il y a plus de 85 ans.

Selon l’Autorité israélienne des antiquités (IAA), l’atelier, qui est situé dans la ville de Beit Shemesh — il a été trouvé en amont de la construction d’un nouveau quartier – contenait des centaines de vieilles lampes à huile en céramique, dont deux arboraient le symbole juif de la menorah, ainsi que des moules en pierre pour la production de lampe et des figurines en terre cuite.

« La fête de Hanoukka est une opportunité merveilleuse d’annoncer au public la récupération de ces lampes à huile, qui étaient le principal moyen d’avoir de la lumière dans les temps anciens », ont commenté les archéologues à l’origine de cette trouvaille, qui a été faite avec l’aide d’adolescents et d’étudiants d’académies prémilitaire de tout le pays.

Autre élément ayant fasciné les archéologues, la similarité entre le site découvert et des photos publiées dans les années 1930 par l’archéologue Dimitri Baramki – ce qui a permis de résoudre un mystère vieux de plusieurs décennies.

Les étudiants du programme prémilitaire de Beit Harel nettoient des objets découverts lors des fouilles archéologiques réalisées à Beit Nattif. (Crédit : Yoli Schwartz/Autorité israélienne des Antiquités)

En 1934, Baramki, un inspecteur qui travaillait pour le département des Antiquités pendant le mandat britannique, avait découvert une citerne à eau dans la région de Beit Shemesh, à l’ouest de Jérusalem et dans le centre d’Israël, a indiqué le communiqué de l’IAA. Lors des fouilles réalisées sur la citerne, il avait découvert une quantité énorme de lampes à huile intactes arborant des dessins d’animaux et de végétaux, de forme géométrique.

Ces lampes, qui dataient de la fin de la période romaine (au troisième ou au quatrième siècle après l’ère commune), étaient devenues connues sous le nom des « lampes de Beit Nattif », portant le nom d’un village avoisinant. Baramki avait également précisé avoir retrouvé des moules à lampe en pierre et une grande variété de poteries dépeignant des animaux, des cavaliers, des femmes et des oiseaux.

Après cette trouvaille effectuée sous le mandat britannique, la localisation de la citerne avait été perdue et elle était restée un mystère malgré tous les efforts livrés pour la retrouver – jusqu’à présent.

Les chercheurs ont reconnu le site à partir des photographies qui étaient apparues dans une publication faite par Baramki sur les fouilles. Il y avait même des objets abandonnés par Baramki lui-même, notamment des paniers en cuir qui sont utilisés pour fouiller le sol ainsi qu’une boîte en métal vide.

Une figurine trouvée lors des fouilles de Beit Nattif à Beit Shemesh en train d’être lavée. (Crédit : Yoli Schwartz/Autorité israélienne des antiquités)

« Le réservoir de lampes à huile de Beit Nattif est ramené à la vie », a dit un communiqué attribué aux directeurs des fouilles, Moran Balila, Itai Aviv, Nicolas Benenstein et Omer Shalev. « Nous sommes très excités dans la mesure où il ne s’agit pas d’une seule découverte archéologique importante en elle-même mais également de la preuve tangible de l’histoire archéologique ».

« Les figurines et les dessins sur les lampes de la région de Beit Natiff racontent l’histoire des collines de Judée dans la période qui a suivi la révolte de Bar Kokhba », a déclaré Benyamin Storchan, expert des lampes de Beit Nattif au sein de l’Autorité israélienne des antiquités.

« Nous savons, à partir des écrits de Josephus, que pendant la période du Second temple, Beit Nattif était un centre administratif régional – l’une des dix principales villes placées sous la gouvernance des Hasmonéens », a-t-il continué, ajoutant que les figurines découvertes sur le site indiquaient la présence de nombreux païens dans les siècles qui avaient suivi.

Les lampes à huile découvertes lors des fouilles de Beit Nattif à Beit Shemesh. (Crédit : Yoli Schwartz/Autorité israélienne des antiquités)

« Au même moment, un petit nombre des lampes à huile en céramique sont décorées avec des symboles distinctement juifs comme le shofar, des brûleurs d’encens et des menorot à sept branches », a poursuivi Storchan. « Ces fragments nous racontent comment la vie juive a continué à exister dans les collines de Judée bien après l’échec de la rébellion ».

« Au cours de cette période, le christianisme avait commencé, lui aussi, à émerger et certaines lampes à huile portent des dessins de poisson, l’un des symboles du christianisme. L’importante variété de lampes et de figurines prouve donc que la population locale était formée d’un mélange de païens, de chrétiens et de Juifs. »

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