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Un copte à la tête de la Cour constitutionnelle, une première en Egypte

Les coptes, plus importante minorité religieuse du Moyen-Orient, s'estiment tenus à l'écart de nombreux postes de la justice, des universités ou encore de la police

Le président égyptien Abdel Fatah el-Sissi (à droite) avec le premier chrétien copte à devenir président de la Cour suprême du pays, Boulos Fahmy, au Caire, le 9 février 2022.  (Crédit : présidence égyptienne/AP)
Le président égyptien Abdel Fatah el-Sissi (à droite) avec le premier chrétien copte à devenir président de la Cour suprême du pays, Boulos Fahmy, au Caire, le 9 février 2022. (Crédit : présidence égyptienne/AP)

Un juge copte a prêté serment mercredi comme président de la Cour constitutionnelle suprême égyptienne, une première pour un chrétien dans le pays très majoritairement musulman, a rapporté la présidence.

La nomination « historique » du juge Boulos Fahmy, 65 ans, est « un pas de géant inédit », a estimé la cheffe du Conseil gouvernemental des droits humains, Mouchira Khattab, dans un pays où les chrétiens, qui représentent 10% de la population, se disent marginalisés de longue date.

En terme d’ancienneté, le juge Fahmy est en quatrième position au sein de la Cour constitutionnelle. Durant des décennies, cela aurait été un obstacle car les nominations se faisaient uniquement sur la base du nombre d’années de carrière.

Mais depuis son arrivée au pouvoir en 2013, le président Abdel Fattah al-Sissi a changé la donne : son approbation n’est plus une simple formalité, il a le pouvoir de choisir les présidents des plus hautes institutions judiciaires.

Le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi pendant une conférence de presse à l’Elysée, à Paris, le 7 décembre 2020. (Crédit : Michel Euler/AP)

L’existence des coptes – la plus importante minorité religieuse du Moyen-Orient avec 10 à 15 millions d’Egyptiens sur 102 millions – remonte à l’aube du christianisme, à l’époque où l’Egypte est intégrée aux empires romain puis byzantin.

Les mots « copte » et « Egyptien » ont d’ailleurs la même racine en grec ancien.

Les coptes, qui s’estiment tenus à l’écart de nombreux postes de la justice, des universités ou encore de la police, déplorent aussi une législation très contraignante pour la construction des églises et beaucoup plus libérale pour les mosquées.

Le sujet est sensible et le militant copte des droits humains Patrick Zaki a déjà passé 22 mois en détention pour « diffusion de fausses informations » à cause d’un article dénonçant des violations des droits des chrétiens en Egypte.

Illustration. Les dômes de l’église copte Saint-Marc au Caire, Égypte (Crédit : CC BY Bakar_88, Flickr)

Les coptes ont subi les représailles d’islamistes radicaux notamment après le renversement par l’armée en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi avec des églises, des écoles et des maisons incendiées.

M. Sissi est le premier président d’Egypte à assister chaque année à la messe de Noël copte, alors que ses prédécesseurs se contentaient d’y envoyer des représentants.

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