Un exosquelette au secours des personnes à mobilité réduite
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Un exosquelette au secours des personnes à mobilité réduite

Un exosquelette développé par Israël pourrait aider des millions de personnes qui ne peuvent marcher seules mais ne sont pas paralysées

Radi Kaiuf en train d'essayer le Rewalk, entre Benjamin Netanyahu et Barack Obama (Crédit : Kobi Gideon/GPO /FLASH90)
Radi Kaiuf en train d'essayer le Rewalk, entre Benjamin Netanyahu et Barack Obama (Crédit : Kobi Gideon/GPO /FLASH90)

Le système ReWalk a fait des merveilles pour les quadriplégiques, leur fournissant un moyen de marcher à nouveau – et même de courir un marathon, comme de nombreux individus paralysés l’ont fait quand ils portaient l’exosquelette ReWalk. Désormais, une nouvelle version de ce système va être utilisée pour aider un plus grand nombre de personnes – des gens qui ont du mal à bouger à cause d’une attaque cérébrale, d’une sclérose en plaques, de la vieillesse ou d’autres raisons.

« Il y a actuellement un besoin important pour un exosquelette léger, peu cher et facile à porter, pour aider les personnes victimes d’une attaque, souffrant d’une sclérose en plaques et des personnes âgées qui nécessitent une assistance mécanique de mobilité », explique Larry Jasinski, P-DG de ReWalk.

« Cette collaboration permettra de créer une nouvelle génération d’exosquelettes, rendant accessible à des millions de consommateurs une technologie qui changera leur vie ».

ReWalk permet aux paraplégiques de marcher presque de la même manière qu’une personne valide. Une inclinaison vers l’avant du haut du corps entraîne le premier pas et active le système. Il y a plusieurs autres exosquelettes en développement, mais ReWalk est le premier à recevoir l’accord de la FDA [la Food & Drugs Administration américaine, qui autorise la distribution de nouveaux médicaments aux Etats-Unis, NDLR].

Ce système a été largement étudié et testé, en Israël, aux Etats-Unis et en Europe, et est utilisé partout dans le monde. En plus de permettre à ceux qui le portent de tenir debout et de marcher par eux-mêmes, des études cliniques ont montré que se servir de ReWalk améliore également la santé mentale, car les utilisateurs ont une image d’eux-mêmes beaucoup plus positive, au fur et à mesure qu’ils retrouvent l’indépendance et le contrôle de leurs mouvements, selon des chercheurs qui ont étudié le dispositif.

Bien qu’il apporte une solution bienvenue, le marché est limité : des 250 000 Américains qui présentent une blessure à la moelle épinière, environ la moitié pourrait utiliser l’exosquelette ReWalk, en partant du principe que leur assurance paierait pour et qu’ils n’auraient pas d’autres problèmes de santé les empêchant d’être actifs.

Un partenariat avec Harvard

Mais la technologie développée par ReWalk, compagnie israélienne basée à Yokneam, peut faire plus qu’aider les quadriplégiques à marcher : elle peut rendre la vie plus facile à des millions de personnes à mobilité réduite, et leur permettre de marcher sans fauteuil roulant, déambulateur et autres appareils dont ils ont besoin actuellement.

ReWalk a travaillé avec l’université Harvard (l’institut Wyss pour l’ingénierie inspirée par la biologie) pour développer des dispositifs basés sur ReWalk pour les gens handicapés des membres inférieurs, mais pas forcément paralysés. La semaine dernière, l’entreprise a annoncé qu’Harvard brevetait la technologie de ReWalk pour développer de tels systèmes.

Décrit comme un « exosquelette souple”, le dispositif utilise une structure en tissu qui s’attache aux jambes et aux pieds, pour transmettre de l’énergie aux articulations des jambes à l’aide de câbles, eux-mêmes alimentés par un logiciel et des mécanismes semblables aux technologies utilisées pour ReWalk.

Le système est beaucoup moins cher qu’un exosquelette ReWalk, qui procure plus d’assistance et de technologie que ce dont les personnes partiellement handicapées ont besoin.

Les premières études conduites à Harvard avec des patients ayant fait un AVC, en collaboration avec des chercheurs de l’université de Boston, ont démontré l’efficacité de cette technologie d’exosquelette souple.

L’entreprise ReWalk travaillera en partenariat avec l’institut Wyss pour continuer à développer des structures légères, poursuivre les études cliniques, acquérir les autorisations nécessaires et commercialiser le dispositif à l’échelle mondiale. La première utilisation commerciale devrait être pour les patients ayant fait un AVC, puis pour les personnes souffrant de sclérose en plaques. On estime à trois millions le nombre de personnes handicapées des membres inférieurs suite à une attaque cérébrale aux Etats-Unis, et à environ 400 000 ceux avec une sclérose en plaques.

“Notre collaboration avec ReWalk est un merveilleux exemple du modèle d’action de l’institut Wyss”, explique le directeur et fondateur de l’institut, Don Ingber. « Nous travaillons avec le monde de l’industrie pour aider à réduire les risques des technologies que nous développons, sur le plan technique comme commercial, et ainsi nous facilitons leur application dans le monde réel ».

“Harvard et son institut Wyss sont pionniers du développement de la technologie dans ce domaine”, conclut Jasinski.

« Le service des brevets de Harvard travaille en ce moment sur 19 dépôts de brevets, dans au moins six pays. Ces demandes couvrent le costume souple, le système de contrôle et la méthode de traitement des patients. Harvard et l’institut Wyss ont développé une expertise globale en plus de ce dépôt de brevets dans le monde entier. Il n’y a pas de meilleur partenaire que ces institutions réputées pour poursuivre la mission d’apporter une technologie de pointe aux personnes handicapées, tout autour du globe ».

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