Un jeune manifestant arabe blessé à Jérusalem-Est par une balle en caoutchouc
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Un jeune manifestant arabe blessé à Jérusalem-Est par une balle en caoutchouc

Selon la police, l'incident s'est produit lors de la dispersion de manifestants ; une enquête a été ouverte ; le père indique que le garçon pourrait perdre un œil ou les deux

La police des frontières israélienne monte la garde à côté de nouveaux blocs de ciment placés à l'entrée d'Issawiya à Jérusalem-Est lors d'une manifestation contre la fermeture du quartier, le 12 novembre 2014. (Crédit photo : Hadas Parush/Flash90)
La police des frontières israélienne monte la garde à côté de nouveaux blocs de ciment placés à l'entrée d'Issawiya à Jérusalem-Est lors d'une manifestation contre la fermeture du quartier, le 12 novembre 2014. (Crédit photo : Hadas Parush/Flash90)

Un garçon de 9 ans a été grièvement blessé samedi après avoir apparemment été touché par une balle en caoutchouc lors d’une opération de police dans le quartier d’Issawiya à Jérusalem-Est, ont rapporté les médias israéliens.

Le père du garçon a déclaré au quotidien Haaretz que son fils souffrait de graves blessures au visage, et peut-être de lésions cérébrales. Il était craint qu’il ne perde un de ses yeux ou les deux à cause de ses blessures.

La police israélienne a déclaré dans un communiqué que le garçon avait été blessé lors d’une tentative de dispersion des manifestants au cours d’une opération de police, et qu’une enquête avait été ouverte.

Le père du garçon a nié qu’il y ait eu des manifestations avant l’incident.

Les dirigeants de la communauté ont fait valoir que la police a intensifié de manière déraisonnable ses opérations à Issawiya au cours des derniers mois et utilisé une force excessive contre les résidents, sapant la tranquillité et attisant les tensions dans le quartier.

Les responsables de la police ont toutefois réfuté ces accusations, affirmant que l’intensification des opérations à Issawiya était en corrélation directe avec ce qu’ils décrivent comme une augmentation de la violence émanant du quartier.

Des résidents d’Issawiya protestent contre les violences policières à l’entrée du quartier d’Issawiya, à Jérusalem-Est, le 5 novembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Depuis le mois de mai, la police a mené des perquisitions dans plus de 500 maisons à Issawiya et arrêté plus de 600 résidents – dont seulement une vingtaine ont été inculpés, a déclaré Mohammed Abu Hummus, membre du comité des parents du quartier, dans une interview accordée au début de l’année.

Les habitants, quant à eux, ont récemment intensifié la violence contre les officiers de police, selon le porte-parole de la police israélienne Micky Rosenfeld.

L’incident de samedi est survenu un jour après qu’un soldat israélien a été légèrement blessé par une pierre et que quatre Palestiniens ont été blessés lors d’une manifestation dans le village de Budrus en Cisjordanie. Le soldat a été soigné sur place, au nord-ouest de Ramallah, puis envoyé à l’hôpital, selon les médias israéliens. Les conditions de santé des Palestiniens n’étaient pas claires.

Des protestations ont également été signalées à Ramallah, Naplouse et près de la ville de Hébron, dans le sud de la Cisjordanie. Des soldats ont tiré des gaz lacrymogènes sur des Palestiniens qui leur ont lancé des pierres et incendié des pneus.

Un manifestant palestinien marche à côté de pneus en feu lors d’affrontements avec les forces israéliennes à l’entrée nord de la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 14 février 2020. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Les tensions sont montées d’un cran en Cisjordanie et à Jérusalem depuis la publication, le 28 janvier, d’un plan de paix américain que les Palestiniens rejettent et jugent comme étant biaisé en faveur d’Israël.

Vendredi dernier, deux gardes-frontières ont été légèrement blessés, tandis qu’un adolescent palestinien aurait été abattu par les forces israéliennes et des dizaines d’autres blessés lors d’affrontements généralisés en Cisjordanie.

Au début de ce mois, Israël a connu une série d’attaques contre des soldats et des policiers de ses forces de défense, faisant 14 blessés.

Deux membres des services de sécurité palestiniens ont également été tués, dont au moins un a apparemment été pris pour un terroriste par un sniper israélien.

Les dirigeants palestiniens ont déclaré que la violence était le résultat inévitable du parti pris pro-israélien du plan, tandis que les responsables israéliens ont accusé l’Autorité palestinienne d’encourager les attaques.

Le gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner, l’architecte du plan de paix américain pour le Moyen-Orient, a imputé au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas la responsabilité de la flambée de violence en Cisjordanie.

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