Rechercher

Un journaliste attaqué par une sympathisante de Netanyahu devant le tribunal

Après qu'une femme a fait tomber la kippa de Baruch Kra, de la Treizième chaîne, le reporter a dénoncé le "système d'incitation à la haine bien huilé" qui mène à une telle violence

Des partisans de l'ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu protestent pendant son procès au tribunal de district de Jérusalem, le 16 novembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)
Des partisans de l'ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu protestent pendant son procès au tribunal de district de Jérusalem, le 16 novembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)

Le journaliste de la Treizième chaîne, Baruch Kra, a été agressé devant le tribunal de district de Jérusalem mardi matin alors qu’il effectuait un reportage sur le procès pour corruption de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Dans la vidéo de l’incident, on peut voir une femme utiliser ce qui semble être une canne pour frapper Kra à la tête et faire tomber sa kippa au sol. On peut entendre une femme crier « Tu es un hérétique », tandis qu’un autre homme proclame haut et fort que l’affaire contre Netanyahu a été fabriquée de toutes pièces afin de le chasser du pouvoir.

Après l’incident, on peut voir Kra se pencher pour ramasser sa kippa sur le sol.

« Je ne connais pas la femme qui m’a frappé à la tête avec un bâton et a fait tomber ma kippa », a tweeté Kra après l’incident. « Je n’ai pas non plus l’intention de porter plainte contre elle ». Mais Kra s’est dit triste de la « violence qui nous a été apportée par un système d’incitation à la haine effréné et bien huilé ».

Kra a déclaré que, quoi que les manifestants aient dit ou fait, sa kippa « est là pour de bon, en particulier parce qu’elle représente quelque chose de très éloigné » de leurs actions.

Les présentateurs du journal télévisé de la Treizième chaîne ont déclaré mardi soir que l’incident était clairement lié à une incitation à la haine contre les médias, fomentée par des politiciens.

« Vous ne pouvez pas dissocier ce qui s’est passé cet après-midi à Jérusalem de l’incitation à la haine proférée par des politiciens et d’autres personnalités publiques contre les médias et contre certains journalistes », a déclaré Tamar Ish-Shalom, présentatrice de la Treizième chaîne. Elle a noté que la veille, Netanyahu avait tweeté une caricature anti-médias d’information et qualifié les Treizième et Douzième chaînes d’outils de « propagande ».

Le journaliste de la Treizième chaîne Baruch Kra. (Crédit : Twitter)

« Nous ne demandons pas à être à l’abri de la critique », a ajouté Udi Segal, un autre présentateur de la Treizième chaîne. « Mais l’incident d’aujourd’hui est un signal d’alarme. Aujourd’hui, c’est une canne sur la tête de quelqu’un, et personne n’a été blessé. La prochaine fois, ça pourrait être plus grave ».

« Mais une chose est claire », a ajouté Segal. « Cela ne nous a pas dissuadés, et cela ne nous dissuadera pas. »

Mardi, des manifestants à l’extérieur du tribunal ont également proféré des injures à l’encontre de Nir Hefetz, l’ancien confident de Netanyahu devenu témoin public et dont le témoignage devrait être un élément clé du procès.

L’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, arrive pour une audience dans son procès pour corruption au tribunal de Jérusalem, le 16 novembre 2021. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Nir Hefetz devait témoigner pour la première fois mardi matin, mais son témoignage a été reporté d’une semaine suite à l’émergence de nouvelles preuves. On a pu entendre un manifestant crier « Nir Hefetz devrait mourir, Nir Hefetz ne devrait pas vivre » dans un mégaphone à l’extérieur du tribunal. Hefetz a ensuite déposé une plainte auprès de la police pour cet incident.

L’avocat de Hefetz a déclaré qu’il y avait eu une augmentation des menaces contre son client à l’approche de l’audience. « Nous prenons au sérieux l’escalade de l’incitation sur les médias sociaux à l’égard de Nir au cours de la dernière semaine, ainsi que les appels et les menaces à l’extérieur du tribunal. Malheureusement, rien n’arrive par hasard », a déclaré Ilan Sofer aux journalistes après l’audience.

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

Netanyahu est accusé de fraude et d’abus de confiance dans les affaires 1000 et 2000, et de corruption, de fraude et d’abus de confiance dans l’affaire 4000. Il affirme que toutes les allégations à son encontre ont été fabriquées par la police et l’accusation, et nie tout acte répréhensible.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...