Un leader du mouvement anti-Netanyahu accusé de racisme
Rechercher

Un leader du mouvement anti-Netanyahu accusé de racisme

Amir Haskel a été critiqué par les politiques après la diffusion d'une vidéo où il dit à une policière : "J'ai fait venir vos parents d'Ethiopie, vous n'avez pas honte ?"

L'ancien général de l'armée de l'air israélienne et principal critique du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le général de brigade Amir Haskel à Tel Aviv, le 28 juin 2020. (AP Photo/Ariel Schalit)
L'ancien général de l'armée de l'air israélienne et principal critique du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le général de brigade Amir Haskel à Tel Aviv, le 28 juin 2020. (AP Photo/Ariel Schalit)

Amir Haskel, ancien général de l’armée de l’air devenu activiste, a été fortement critiqué, mardi, après la diffusion d’une vidéo le montrant tenant des propos controversés à une policière d’origine éthiopienne lors de son arrestation, au mois d’août.

Sur les images, Haskel, entouré par les forces de l’ordre, se tourne vers une policière d’origine éthiopienne et crie : « J’ai fait venir vos parents ici d’Ethiopie, vous n’avez pas honte ? »

Haskel faisait apparemment référence à l’implication de l’armée de l’air dans des opérations qui ont permis de faire venir les Juifs éthiopiens en Israël pendant les années 1970, 1980 et 1990.

Après son arrestation très médiatisée au cours d’une manifestation pacifique, Haskel, 66 ans, est devenu l’un des symboles les plus éminents du mouvement populaire réclamant la démission du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

En réponse à la vidéo, Haskel a indiqué mardi que ses propos étaient survenus « au jour où le campement dressé par le mouvement anti-Netanyahu, rue Balfour, avait été illégalement démonté au bénéfice d’un événement du Premier ministre ».

Haskel a ajouté que ses paroles répondaient à des menaces et à des insultes proférées par les policiers et que « cette tentative visant à m’attribuer des propos racistes est sans fondement – mais si quelqu’un a été offensé, alors j’en suis désolé ».

Les propos tenus par Haskel ont causé une vive indignation, notamment de la part d’un certain nombre de hauts responsables.

La ministre de l’Intégration, Pnina Tamano-Shata, première ministre d’origine éthiopienne de toute l’histoire d’Israël, a répondu à la vidéo en appelant tous les Israéliens éthiopiens à garder la tête haute face aux propos paternalistes.

La députée Pnina Tamano-Shata à la Knesset, le 12 juillet 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Nos parents ont risqué leurs vies et ont marché des centaines de kilomètres, avec foi et détermination, pour émigrer en Israël. Ne laissons personne s’attribuer à lui-même le récit de notre héroïsme et notre histoire. Faire référence à l’origine de votre famille sur la base de la couleur de la peau, c’est du racisme de la part d’individus qui ne peuvent pas comprendre qu’il n’y ni maîtres, ni serviteurs ici. Nous sommes tous Israéliens et nous sommes tous égaux », a-t-elle déclaré.

Le vice-ministre à la Sécurité intérieure Gadi Yevarkan a, lui aussi, commenté la vidéo, qualifiant de racistes les paroles de Haskel et disant qu’elles étaient condescendantes à l’égard de tous les Israéliens d’origine éthiopienne.

Gadi Yevarkan, membre de la Knesset, s’exprime lors d’une séance plénière sur l’échec du pays à intégrer correctement les Juifs éthiopiens, le 15 septembre 2019. (Crédit : Noam Rivkin Fentonl/Flash90)

« Haskel et ses amis ont la certitude que cette terre est la leur. Ils sont les maîtres et tous les autres, dans le meilleur scénario, ne sont que des invités. »

Yevarkan a conclu en faisant un parallèle entre les propos de Haskel et la policière qui était en train de l’arrêter.

« Vous avez vous-même été un soldat exécutant les ordres, tout comme cette femme qui était là pour mener à bien une mission qui lui avait été confiée par ses supérieurs », a-t-il expliqué.

Pour sa part, le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, a déclaré que ce qu’avait pu dire Haskel était « paternaliste, raciste et scandaleux », ajoutant que cela « ne méritait même pas qu’on en parle ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...