Un premier train pour relier l’Iran et l’Afghanistan
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Un premier train pour relier l’Iran et l’Afghanistan

Le chemin de fer relie pour l'instant sur près de 150 km Khaf en Iran à la ville afghane de Rozanak, mais doit prochainement être rallongé jusqu'à Herat, grande ville d'Afghanistan

La nouvelle ligne ferroviaire reliant l'est de l'Iran à l'ouest de l'Afghanistan parcourue pour la toute première fois par un train à la gare de Khaf, le 10 décembre 2020. (Crédit : Mohammed RAMEZANI / ISNA / AFP)
La nouvelle ligne ferroviaire reliant l'est de l'Iran à l'ouest de l'Afghanistan parcourue pour la toute première fois par un train à la gare de Khaf, le 10 décembre 2020. (Crédit : Mohammed RAMEZANI / ISNA / AFP)

L’Iran et l’Afghanistan ont inauguré jeudi la première voie ferrée reliant les deux pays, avec l’arrivée d’un train rempli de denrées agricoles dans la province afghane d’Herat (ouest).

Le chemin de fer relie pour l’instant sur près de 150 km Khaf en Iran à la ville afghane de Rozanak, mais doit prochainement être rallongé jusqu’à Herat, troisième plus grande ville d’Afghanistan.

De nombreux Afghans s’étaient rassemblés à la gare de Rozanak où le premier train, peint en bleu, est arrivé d’Iran, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le président afghan, Ashraf Ghani, dans un discours par liaison vidéo, a décrit le projet comme « une étape importante vers une relance économique et le développement des deux pays ».

Selon le président iranien, Hassan Rouhani, le projet sera une passerelle vers l’Europe pour l’Afghanistan.

Il « apportera la prospérité pour l’Iran et l’Afghanistan », a-t-il déclaré, également par vidéoconférence, depuis Téhéran.

« Le développement, la sécurité et la stabilité de l’Afghanistan (contribuent) au développement, à la sécurité et à la stabilité de l’Iran et de toute la région », a-t-il continué.

Un train parcourt pour la première fois la nouvelle ligne ferroviaire reliant l’est de l’Iran à l’ouest de l’Afghanistan à la gare de Khaf, le 10 décembre 2020. (Crédit : Mohammed RAMEZANI / ISNA / AFP)

Des habitants de Rozanak se sont dits très heureux de la construction de cette voix ferrée. « Cela va transformer nos villages, communes et villes en des centres de commerce », s’est réjoui Arbab Ghulam Reza, un fermier de Rozanak.

« Il était très difficile pour les jeunes hommes du coin d’aller en Iran pour travailler. Maintenant, ils peuvent simplement acheter un billet de train et partir », a-t-il ajouté.

Une fois achevée, la voie ferrée, longue de 225 kilomètres, permettra de transporter six millions de tonnes de marchandises et un million de passagers par an, selon le ministère iranien du Transport.

La liaison Khaf-Herat doit ensuite être reliée à des réseaux ferroviaires en Asie centrale et en Chine.

Ravagé par des décennies de guerre, l’Afghanistan n’a que très peu d’infrastructures de transport. Ses routes et ponts sont souvent détruits ou en très mauvais état.

Malgré la détérioration de la situation sécuritaire, les efforts pour construire routes et voies ferrées sont restés une priorité du gouvernement afghan et de la communauté internationale. La province d’Herat est instable par endroits.

La première liaison ferroviaire entre le Turkménistan et l’Afghanistan a ouvert en 2016 et doit être éventuellement étendue pour atteindre le Tadjikistan.

La pandémie de COVID-19 a commencé à se propager en Afghanistan lorsque des migrants contaminés sont revenus d’Iran, pays alors le plus touché de la région.

Kaboul avait brièvement interdit les voyages par air et terre vers l’Iran, avant de rouvrir la frontière afin de permettre aux Afghans de rentrer chez eux ou de rendre visite à leurs familles.

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