Un responsable du Hamas : nous avons raté notre tentative de paraître modérés
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Un responsable du Hamas : nous avons raté notre tentative de paraître modérés

Pour Ahmad Yousif, le discours politique publié en mai 2017, qui visait à faire croire à la réforme du groupe terroriste, n'a pas convaincu l'Occident, car arrivé trop tard

Des femmes palestiniennes, dont l'une brandit une photo du chef du mouvement Hamas Ismail Haniyeh, participent à un rassemblement de masse marquant le 32e anniversaire de la fondation du Hamas, le 14 décembre 2019, dans la ville de Gaza. (AP/Khalil Hamra)
Des femmes palestiniennes, dont l'une brandit une photo du chef du mouvement Hamas Ismail Haniyeh, participent à un rassemblement de masse marquant le 32e anniversaire de la fondation du Hamas, le 14 décembre 2019, dans la ville de Gaza. (AP/Khalil Hamra)

Un responsable subalterne du Hamas s’est récemment exprimé contre le groupe terroriste dans une rare critique publique, arguant qu’un document politique publié il y a presque deux ans par le Hamas, qui cherchait à diffuser une image plus modérée, n’a pas réussi à ouvrir de portes vers l’Occident.

Ahmad Yousif était conseiller du chef du Hamas Ismail Haniyeh lorsqu’il était Premier ministre de l’Autorité palestinienne.

En mai 2017, le Hamas a publié un document déclarant que son combat n’était pas contre les Juifs mais plutôt contre les sionistes ; il a également appelé à la « libération totale et complète de la Palestine du fleuve à la mer », mais a décrit la création d’un État palestinien le long des frontières de 1967, avec le retour des réfugiés en Israël, comme étant « une formule de consensus national ».

Ahmad Yousif estime que le document politique du Hamas est sorti « trop en retard » et que « personne n’y a prêté attention ».

« Les changements étaient importants », a-t-il déclaré au site d’information Independent Arabia dans une interview publiée la semaine dernière, en référence au document.

« Mais l’Occident ne s’en est pas soucié. La raison est le Hamas lui-même – parce qu’il a tardé à l’annoncer », a-t-il déclaré, précisant qu’il aurait dû être publié en 2006, lorsque le Hamas a brièvement dirigé l’AP, plutôt qu’en 2017.

Le document a été partiellement considéré comme une tentative du Hamas de faire des incursions dans le monde occidental et de se distancer de sa charte controversée de 1988, qui fait référence à la « lutte contre les Juifs » du Hamas et appelle à l’élimination d’Israël.

Si le Hamas a récemment intensifié ses communications avec les Nations unies concernant les accords informels de cessez-le-feu avec Israël, il n’a pas fait de progrès majeurs dans le développement public de ses liens avec les pays occidentaux.

Ahmad Yousif, fonctionnaire du Hamas, interviewé par la télévision Al-Ghad, le 20 mars 2018. (Capture d’écran : Al-Ghad)

Yousif a déclaré que les responsables du Hamas ont tenu des réunions avec des responsables européens à huis-clos, mais ces derniers ont déclaré qu’apparaître ouvertement avec le groupe terroriste leur causerait un « embarras ».

Les États-Unis, Israël et un certain nombre d’autres pays occidentaux ont classé le Hamas parmi les groupes terroristes.

Yousif a ajouté que la « rhétorique politique du Hamas est encore faible et que beaucoup de ses dirigeants ne sont pas qualifiés pour traiter avec l’Occident ».

« Le mouvement en porte la responsabilité, car il n’a pas mis la bonne personne à la bonne place », a-t-il déclaré.

Depuis la publication du document politique, les responsables du Hamas n’ont pas cessé de faire l’éloge des attaques meurtrières contre les Israéliens, qui ont été condamnées par les responsables des gouvernements occidentaux. Ils ont également continué à jurer de ne pas reconnaître l’existence d’Israël ou d’accepter les accords signés entre Israël et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Le responsable a également révélé qu’il avait présenté une proposition visant à créer « une fédération basée sur la religion sur la terre de Palestine qui inclut tous ses habitants comme modèle de coexistence, mais elle a été rejetée ».

« Si le Hamas avait parlé à l’Occident de cette manière, il aurait atteint de grands objectifs », a-t-il déploré.

Dans ses propos publiés dans Independent Arabia, il n’a pas précisé ce qu’impliquerait une fédération fondée sur la religion.

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