Un soldat au « mariage de la haine » condamné à 21 jours de prison
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Un soldat au « mariage de la haine » condamné à 21 jours de prison

Tsahal a ouvert une enquête sur les soldats qui ont participé à l'événement ; le fusil du soldat en question avait été brandi

Des extrémistes juifs israéliens célébrant les meurtres de membres de la famille Dawabsha pendant un mariage (Capture d'écran Dixième chaîne)
Des extrémistes juifs israéliens célébrant les meurtres de membres de la famille Dawabsha pendant un mariage (Capture d'écran Dixième chaîne)

Un soldat qui a participé le mois dernier au mariage au cours duquel des extrémistes juifs ont célébré l’assassinat d’un enfant palestinien a été condamné à 21 jours de prison militaire dans ce que l’armée a décrit comme la première étape dans sa réaction à la vidéo choquante.

La publication de la vidéo du mariage avait choqué les Israéliens après que des jeunes gens aient été vus en train de danser et de chanter une chanson appelant à la vengeance contre les Palestiniens, et un homme tenant une photo du bébé palestinien de 18 mois Ali Saad Dawabsha, tué en juillet quand sa maison dans le village de Duma en Cisjordanie avait été incendiée pendant la nuit.

Des participants ont mis le feu à la photo de Dawabsha pendant la fête, tandis que d’autres participants brandissaient des fusils et des pistolets.

Les politiciens de tout le spectre politique ont condamné la vidéo, tandis que les familles des mariés ont allégué qu’il s’agissait d’une conspiration du Shin Bet destinée à justifier une répression de grande ampleur contre les extrémistes juifs.

La police a ouvert une enquête pour incitation à la haine.

Le soldat, âgé de 21 ans, qui sert dans le bataillon Netsah Yehuda de la Brigade Kfir, est vu dans la vidéo en train de regarder dans les coulisses alors que son fusil d’assaut M-16 change de mains parmi les fêtards. Il ne cherche pas à récupérer l’arme. En vertu du règlement de l’armée, les soldats doivent être en permanence en possession de leurs armes à feu.

« Pendant l’événement, le soldat n’a pas correctement veillé sur son arme personnelle, des personnes présentes se sont saisies de l’arme et l’ont transmise l’une à l’autre », a déclaré vendredi l’Unité du Porte-parole de Tsahal à propos de la mesure disciplinaire.

La peine de prison n’est que la première étape dans une réponse plus large à la vidéo de mariage, ont precisé des sources de Tsahal, ajoutant que le chef d’état-major de Tsahal Gadi Eizenkot avait ordonné une vaste enquête sur les soldats de Tsahal qui auraient participé à l’événement.

L’enquête est menée conjointement par la police militaire et la police israélienne.

Yakir Ashbel (au centre), le marié du "mariage de la haine" est amené devant la cour de Jérusalem le 31 décembre 2015 (Crédit : Flash90)
Yakir Ashbel (au centre), le marié du « mariage de la haine » est amené devant la cour de Jérusalem le 31 décembre 2015 (Crédit : Flash90)

La police a libéré jeudi le marié, Yakir Ashbal, après qu’il ait été détenu avec trois autres personnes sur des soupçons d’incitation à la haine.

La police a été contrainte par ordonnance du tribunal de libérer Ashbal en résidence surveillée en attendant plus de preuves contre lui.

Par ailleurs, le commandant de la brigade Kfir, le colonel Guy Hazot a présidé vendredi une audience disciplinaire pour deux autres soldats du bataillon Netzah Yehuda, selon le quotidien Maariv, après que des allégations aient fait surface selon lesquelles ils avaient frappé des détenus palestiniens.

À la fin de l’audience, l’un des soldats a été exclu de la brigade et un autre affecté à un rôle de non combattant qui n’implique pas de contact avec des détenus palestiniens. Le comportement n’était « pas digne de ce que l’on attend d’eux, ou de l’esprit de l’armée israélienne », a déclaré l’Unité du Porte-parole de Tsahal.

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