Une astronome juive perd encore le prix Nobel de physique
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Une astronome juive perd encore le prix Nobel de physique

Vera Rubin et son collègue, Kent Ford, avaient trouvé la preuve de l'existence de la matière noire mystérieuse

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

La nébuleuse de la  Mouette, vue grâce à la mosaïque infrarouge de Wide-field Infrared Survey de la NASA Explorer. (Crédit : NASA / Flash90)
La nébuleuse de la Mouette, vue grâce à la mosaïque infrarouge de Wide-field Infrared Survey de la NASA Explorer. (Crédit : NASA / Flash90)

Vera Rubin, une astronome américaine qui s’est décrite comme étant une juive pratiquante, était le premier choix des spécialistes pour le prix Nobel de physique mais n’a pas obtenu le prix prestigieux mardi.

Rubin, 87 ans, et Kent Ford, 81 ans, ont observé la preuve de l’existence de la matière noire, la substance hypothétique, mystérieuse et indétectable qui composerait en grande partie l’univers.

Les deux scientifiques sont depuis longtemps en tête de la liste des meilleurs choix pour recevoir le prix mais chaque année qui passe le prix leur file sous le nez. Néanmoins, les prévisions estimant qu’ils vont enfin être choisis par l’Académie suédoise des sciences augmentent.

Le prestigieux prix a été remis à Takaaki Kajita du Japon et Arthur McDonald du Canada qui ont remporté le prix pour leur découverte sur les oscillations de neutrinos.

L’Académie royale des sciences de Suède a déclaré que les deux chercheurs ont apporté des contributions clés aux expériences démontrant que les neutrinos changent d’identité.

« La découverte a changé notre compréhension du mécanisme le plus profond de la matière et peut être crucial dans notre vue de l’univers », a déclaré l’académie.

Dans les prédictions de la Sigma Xi pour le prix Nobel, Rubin et Ford a reçu 66,7 % des votes pour remporter le prix tant convoité.

Ben Stein, le directeur d’Inside Science, le service d’information de l’American Institute of Physics, a publié une prévision la semaine dernière qui avait également nommé Rubin et Ford comme étant son choix pour les gagnants du prix.

Il existe une page Facebook, mise en place après l’annonce des lauréats 2014 de physique, pour soutenir la candidature de Rubin pour le prix.

Les recherches menées par Rubin et Ford sont considérées comme essentielles pour la compréhension de la matière noire, un élément mystérieux, qui selon les scientifiques, constitue une grande partie de l’univers.

L’astronome hollandais, Jan Oort, et l’astronome suisse, Fritz Zwicky, étaient les premiers à penser à l’idée qu’il y aurait plus de matière dans l’univers qu’on ne le pensait quand ils ont observé les étoiles se déplacer plus rapidement que prévu, ce qui suggère l’attraction gravitationnelle supplémentaire provenait d’une source invisible.

Zwick a utilisé l’expression allemande dunkle Materie – matière noire – parce que ce qui causait la gravité supplémentaire ne pouvait être vu.

Vera Rubin (Crédit : Autorisation)
Vera Rubin (Crédit : Autorisation)

Dans les années 1970, Ford et Rubin ont mesuré une vitesse orbitale plus rapide que prévue des étoiles des galaxies extérieures et ont utilisé leurs observations pour apporter la preuve que la matière noire qui n’émet pas de rayonnement électromagnétique ou de la lumière visible, ce qui la rend très difficile à identifier.

À ce jour, les scientifiques n’ont jamais réellement vu ou isolé la matière noire et ne sont pas en mesure d’observer l’influence de sa gravité sur l’univers.

Les prix ​​Nobel ne sont pas attribués à titre posthume donc avec Oort et Zwicky tous deux décédés, les travaux de Ford et de Rubin les rendent les plus éligibles, affirment les experts.

La chaîne catholique, EWTN, citant un entretien avec Rubin datant de 1996 dans lequel elle a dit qu’elle s’identifie à une Juive religieuse, a repris sa déclaration : « ma science et ma religion sont séparées. Je suis juive, et ainsi la religion est pour moi une sorte de code moral et une sorte d’histoire. Je tente de faire ma science d’une manière morale, et, je crois que, idéalement, la science doit être considérée comme quelque chose qui nous aide à comprendre notre rôle dans l’univers ».

Née en 1928, Rubin a obtenu sa maîtrise en physique à l’Université Cornell.

En 1996, elle a reçu une médaille d’or du Royal Astronomical Society, devenant la première femme à remporter cet honneur en plus de 160 ans.

La même année, elle a été nommée à l’Académie pontificale des sciences, qui est l’académie scientifique du Vatican.

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