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Une commission parlementaire discutera de l’éviction d’Ayman Odeh

Le chef de la commission de la Chambre a annoncé son intention d'organiser une réunion pour discuter de la possibilité d'expulser le chef de la Liste arabe unie

Ayman Odeh, député de la Liste arabe unie, lors d'une manifestation à Tel Aviv le 15 mai 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Ayman Odeh, député de la Liste arabe unie, lors d'une manifestation à Tel Aviv le 15 mai 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le député de Yamina Nir Orbach a déclaré mardi qu’il prévoyait de convoquer la commission de la Chambre de la Knesset – qu’il dirige – pour discuter de la suspension de la Knesset du leader de la Liste arabe unie le député Ayman Odeh.

Cette annonce est le signe de nouvelles tensions au sein de la coalition concernant la nécessité ou non de faire appel à la Liste arabe unie pour soutenir le gouvernement de l’extérieur, dans le cas où l’actuelle coalition bancale continuerait de fonctionner.

Shlomo Karhi, député du Likud, a envoyé à la commission d’Orbach une lettre signée par 70 législateurs, demandant à la commission de démettre le parlementaire, selon une déclaration du bureau d’Orbach.

« La place d’Ayman Odeh n’est pas à la Knesset. Je vais convoquer la commission sous peu, conformément aux procédures, afin de discuter la requête du député Karhi », a déclaré le président de la commission de la Chambre.

Un porte-parole d’Odeh n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire sur l’annonce d’Orbach.

Ces réponses interviennent quelques jours après qu’Odeh a enregistré un message vidéo pour le Ramadan dans lequel il a critiqué les Arabes israéliens qui travaillent au sein des services de sécurité israéliens.

« Les jeunes ne doivent pas rejoindre les forces d’occupation. J’appelle les jeunes qui se sont déjà engagés, qui ne sont pas plus d’un pour cent, un total de quelques milliers, dont l’engagement est insultant et humiliant, je les appelle – jetez leur les armes au visage et dites leur que notre place n’est pas avec vous. Nous ne prendrons pas part à l’injustice et au crime », a-t-il déclaré dans la vidéo, enregistrée à la Porte de Damas de Jérusalem.

Ayman Odeh, chef du parti de la Liste arabe unie, dans une vidéo dans laquelle il appelle les policiers arabes israéliens à démissionner, affirmant qu’ils  » humilient  » leur peuple, le 10 avril 2022 (Crédit : Capture d’écran/Facebook)

Un porte-parole d’Odeh a ensuite précisé que les remarques du député faisaient exclusivement référence aux agents en poste en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, et non à la police civile.

La vidéo, enregistrée en pleine vague d’attentats terroristes, a suscité des condamnations de tous les partis politiques. Elle a été diffusée un jour après qu’Odeh eut semblé adoucir son langage concernant une éventuelle coopération avec le gouvernement en difficulté, qui a perdu sa majorité la semaine dernière et cherche des moyens de se maintenir.

Une coopération au cas par cas avec la Liste arabe unie a été évoquée par plusieurs membres de la coalition, qui aurait besoin d’un soutien d’un soutien parlementaire pour faire avancer son programme législatif, puisqu’elle se trouve actuellement dans une impasse de 60-60 sièges avec l’opposition.

Orbach, qui a lancé la semaine dernière un « ultimatum » au chef du parti Yamina et Premier ministre Naftali Bennett et énoncé ses conditions pour rester dans la coalition, est considéré comme un renégat potentiel. Les demandes d’Orbach à Bennett concernent la promotion d’intérêts pro-religieux et pro-implantations.

Nir Orbach assiste à la réunion du Comité des dispositions à la Knesset, le 28 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le parti de la Liste arabe unie, majoritairement arabe, soutient fermement l’agenda national palestinien et s’est montré par le passé aussi réticent à soutenir les gouvernements israéliens que les coalitions au pouvoir le sont à compter sur le soutien de la Liste arabe unie.

Mais le parti n’est pas un monolithe. Il s’agit plutôt d’un amalgame de trois partis distincts, Hadash, Balad et Taal. Alors qu’Odeh – qui dirige Hadash – a fait des commentaires directs et indirects concernant la coopération gouvernementale, le leader de Taal, Ahmed Tibi, est resté silencieux sur la question.

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