Une école de Jérusalem devient un centre d’accueil pour les enfants de soignants
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Une école de Jérusalem devient un centre d’accueil pour les enfants de soignants

Dés bénévoles, des fonctionnaires d'État et de la mairie prennent en charge les enfants des soignants de Shaare Zedek qui luttent contre le coronavirus

Les dessins réalisés par les enfants des soignants de Shaare Zedek en cours d'art à l'école Yafe Nof. (Autorisation)
Les dessins réalisés par les enfants des soignants de Shaare Zedek en cours d'art à l'école Yafe Nof. (Autorisation)

Contrairement à toutes les écoles du pays, celle de Yafe Nof à Jérusalem à rouvert ses portes une semaine après que les élèves israéliens ont été appelés à rester chez eux. Depuis le 22 mars, elle accueille les jeunes enfants des soignants de l’hôpital Shaare Zedek de Jérusalem.

L’école transformée en garderie est devenue la deuxième maison de 90 enfants âgée de 3 à 8 ans. Elle est ouverte cinq jours par semaine, de 6 heures 30 du matin à 17 heures, soit une heure et demie de plus que les écoles maternelles classiques en Israël.

Les enfants sont répartis en groupes permanents de 11, et les fratries ne sont pas séparées, pour limiter autant que possible la transmission du virus au sein de l’école. Une partie du personnel est issue de l’organisation Lavy, chargée des activités extra-scolaires dans les institutions éducatives municipales de Jérusalem. Les autres membres du personnel sont des soldats et des bénévoles. Il y a au moins deux adultes pour chaque groupe de 8 à 10 enfants.

Les enfants jouent en intérieur et en extérieur, suivent des cours de sport et d’art, entre autres activités prévues par le personnel de ce centre d’accueil éphémère. Une partie des activités sont financées par la municipalité de Jérusalem. Les autres sont proposées aux enfants par des bénévoles.

Les enfants des soignants de Shaare Zedek en atelier à l’école Yafe Nof. (Autorisation)

Un professeur de théâtre vient pour l’heure du conte. Avant Pessah, des membres du mouvement Habad ont organisé un atelier pour préparer de la matza et ont proposé une pièce de théâtre. Les enfants ont également reçu la visite de multiples bénévoles, notamment des clowns médicaux, des chefs à domicile, des jeunes en attente d’entrer à l’armée qui ont donné des cours sur la nature, et d’autres personnes qui ont ramené des bonbons et des petits cadeaux.

« Comme tous les hôpitaux israéliens, à Shaare Zedek, nous avons des consignes sur la marche à suivre en cas d’urgence, comme une guerre ou un tremblement de terre. La prise en charge des enfants du personnel était prévue », a expliqué Ayelet Cohen, coordinatrice de projets bénévoles au sein de l’hôpital, qui s’est donné pour mission de créer un autre centre d’accueil pour les enfants de soignants le mois dernier. « Cependant, nous avons dû changer nos plans de manière considérable à cause du coronavirus. Par exemple, la garderie était censée être située au sous-sol de l’hôpital. Mais en pleine pandémie, il n’était pas souhaitable que les enfants entrent à l’hôpital chaque jour, donc nous nous servons des locaux d’une école. Il faut aussi créer des petits groupes pour éviter que le virus se propage en collectivité. »

De nombreux hôpitaux israéliens ont prévu un accueil pour les enfants des soignants. Dans les cas où les deux parents travaillent au sein d’un même hôpital, la direction tente généralement de s’assurer que leurs gardes ne soient pas simultanées.

Ayelet Cohen (droite) et Nizza Etgeri, directrice des activités extra-scolaires à l’école Yafe Nof. (Autorisation)

Chaque personne qui entre dans l’école Yafe Nof subit une prise de température. Le personnel porte également un masque la plupart du temps et les locaux sont régulièrement désinfectés. Pour le moment, aucun enfant de soignant n’a été confirmé porteur du virus.

L’une des organisations qui envoie ses bénévoles à Yafe Nof est l’organisation caritative One Heart. Elle s’est associée à une académie pré-militaire, Ein Prat, où les étudiants ont proposé de lutter contre les retombées sociales de la pandémie. « Au début de la [période] de quarantaine, nous livrions des plats aux personnes âgées », a raconté Amit Cohen, 19 ans, bénévole à l’école Yafe Nof. « Et ensuite One Heart nous a dit qu’ils avaient besoin de volontaires ici. Avec neufs amis de Ein Prat, nous avons décider de venir. »

Avec un ami, Amit Cohen prend en charge les enfants de 8 heures à 16 heures. Il affirme qu’il éprouve déjà davantage de reconnaissance pour ses parents. « C’est pas évident comme travail, de s’occuper des enfants », dit-il. « C’est difficile de se lever chaque jour, d’être là, puis je dois me préparer quelque chose à manger et m’occuper du reste du personnel. Mais je suis content de le faire. »

Cours de sport pour les enfants des soignants de Shaare Zedek à l’école Yafe Nof. (Autorisation)

Gaya Huppert, 19 ans, est soldate dans le Corps israélien de l’éducation et de la jeunesse de l’armée israélienne. Avant le coronavirus, elle était conseillère dans une école de Maale Adumim et travaillait comme éducatrice auprès de la jeunesse à risques. Depuis l’ouverture de la garderie de Yafe Nof, Huppert a été mobilisée pour enseigner. Elle donne des cours de chimie, des ateliers d’origami et enseigne le yoga… En bref, tout ce à quoi elle peut penser, qui soit adapté aux jeunes enfants. Elle se languit des enfants avec qui elle travaillait avant, mais est ravie de ne pas être confinée. « C’est sympa de sentir que l’on fait quelque chose qui a du sens », dit-elle.

Dans le cadre des activités scolaires, les enfants ont été encouragés à dessiner et à écrire pour leurs parents qui travaillent à l’hôpital. Certains ont exprimé ainsi leurs angoisses. « Papa, je ne veux pas que tu tombes malade », a écrit un enfant.

D’autres tentent d’encourager leurs parents. Un garçon de 7 ans a dessiné un grand cercle vert avec des excroissances – sa représentation du coronavirus – et a écrit : « Maman, je sais que tu sauves des vies. »

Un médecin devant les dessins réalisés par les enfants des soignants de Shaare Zedek en cours d’art à l’école Yafe Nof. (Autorisation)
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