Une mère israélienne se lâche sur l’enseignement en ligne dans une vidéo virale
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Une mère israélienne se lâche sur l’enseignement en ligne dans une vidéo virale

"Si nous ne mourons pas du coronavirus, nous mourrons de l'enseignement à distance", s'énerve Shiri Koenigsberg Levy, enseignante et mère de quatre enfants, dans une vidéo

Shiri Koenigsberg Levy s'agace de l'enseignement à distance imposé par l'épidémie de Covid-19 dans une vidéo devenue virale. (Capture écran)
Shiri Koenigsberg Levy s'agace de l'enseignement à distance imposé par l'épidémie de Covid-19 dans une vidéo devenue virale. (Capture écran)

La vidéo d’une mère israélienne est devenue virale cette semaine. Elle s’insurge contre l’enseignement à distance après la fermeture de toutes les écoles pour tenter de limiter la propagation du coronavirus.

« Ça ne marche pas ce truc d’enseignement à distance. Sérieusement, c’est impossible, c’est fou », déclare Shiri Koenigsberg Levy dans la vidéo qui a fait le tour du monde après avoir été sous-titrée en anglais.

« Vous nous avez achevés – ce n’est que le deuxième jour ! Si nous ne mourons pas du coronavirus, nous mourrons de l’enseignement à distance ! ».

L’apprentissage en ligne pour les élèves des écoles primaires et des collèges s’est arrêté en Israël jeudi, cinq jours seulement après son début.

« Je n’ai que deux ordinateurs à la maison, toute la matinée ils se battent pour les ordinateurs. Un des professeurs de ma fille vit dans un monde de rêve s’il pense qu’elle va se lever à 8 heures du matin pour le voir sur l’écran. À 8 heures du matin, elle arrive à peine à se retourner dans son lit ».

Et toute la journée, « Comment se sent l’enfant ? Il devrait faire un dessin ». « Comment se sent l’enfant ? Il passe toute la journée sur son téléphone portable – il va bien ! ».

Shiri Koenigsberg Levy, professeur d’éducation spécialisée et mère de quatre enfants, raconte qu’elle doit courir « d’un enfant à l’autre – ici c’est la science, ici les mathématiques – oubliez ! Et comment suis-je censée savoir toutes ces choses ? Maintenant, nos enfants vont découvrir à quel point on est bêtes. Comment je suis censée savoir comment transformer une fraction irrégulière ? ».

« Le professeur de musique de mon plus jeune enfant a envoyé une partition musicale ce matin. Qu’est-que je vais faire de cette information ? Quoi, j’ai un groupe de musique chez moi ? Je ne sais pas lire la musique. Juste une seconde, laissez-moi sortir ma clarinette et aider mon fils avec sa partition. Ça suffit, professeurs, réduisez vos attentes », s’énerve-t-elle.

Shiri Koenigsberg Levy a expliqué au site d’information Ynet que la situation « folle » l’avait conduite à monter dans la voiture et à faire la vidéo qu’elle a ensuite téléchargée sur un groupe Facebook pour faire des blagues sur la maternité. « L’humour nous sauve », a-t-elle commenté.

Dans une interview avec Zman Yisrael, le site frère du Times of Israel en langue hébraïque, la mère de famille a indiqué qu’en tant qu’habitante d’Ashkelon, qui est fréquemment victime d’attaques à la roquette, elle était déjà familière de l’apprentissage à distance, mais qu’à cette occasion, les quantités de travail requises étaient excessives.

« En tant qu’habitants du sud qui sont familiers des situations d’urgence à cause des tirs de Gaza, nous avons de l’expérience en termes d’apprentissage à distance. Les parents connaissent cet outil, mais à une dose beaucoup plus légère. Aujourd’hui, la charge de travail est insensée », a-t-elle déclaré, avant de préciser qu’elle soutenait l’initiative. « Je suis très favorable, mais à la bonne dose. Je pense que le ministère de l’Éducation a fait quelque chose d’incroyable et d’extraordinaire. Il a fourni un cadre pour les enfants, et je ne connais pas d’autre pays au monde capable d’en faire autant à un moment donné ».

« Les enseignants travaillent deux fois plus que d’habitude », a-t-elle ajouté. « Demandez-leur s’ils préfèrent enseigner à l’école ou travailler comme ça à la maison ? Tout le monde choisira l’école ».

Une école fermée dans la ville de Safed, au nord du pays, le 13 mars 2020. (David Cohen/Flash90)

Le syndicat des enseignants israéliens a conclu un accord avec le ministère des Finances mercredi soir, en vertu duquel 180 000 enseignants bénéficieront de congés payés jusqu’à la fin des fêtes de Pessah en avril. L’accord ne couvre pas les collèges où les enseignants ont reçu l’instruction de poursuivre l’apprentissage à distance en ligne jusqu’à ce qu’un accord soit conclu entre leur représentant syndical et le ministère.

Depuis jeudi, les enseignants des écoles primaires et des collèges sont autorisés à poursuivre les cours en ligne sur une base volontaire.

Depuis le début des cours à distance, les parents de tout le pays ont signalé que le système éducatif n’était pas suffisamment préparé pour mettre en œuvre ce système à une si grande échelle. Le site web utilisé par le ministère de l’ Éducation pour administrer les cours a fréquemment connu des pannes ou a été signalé comme étant très long à charger.

Le Premier ministre par intérim Benjamin Netanyahu a demandé d’envisager la reprise pour tout le monde.

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