Une mosquée incendiée dans le nord de la Cisjordanie
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Une mosquée incendiée dans le nord de la Cisjordanie

Les habitants d'Aqraba pensent qu'ils ont été ciblés avec des graffitis « vengeance » et « mort » car le meurtrier de l'Israélien Adiel Kolman était du village

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Un imam dans une mosquée du village palestinien d'Aqraba, dans le nord de la Cisjordanie, montre les dégâts causés par un incendie criminel survenu le 13 avril 2018. (Crédit : Zacharia Sadeh / Rabbis for Human Rights)
Un imam dans une mosquée du village palestinien d'Aqraba, dans le nord de la Cisjordanie, montre les dégâts causés par un incendie criminel survenu le 13 avril 2018. (Crédit : Zacharia Sadeh / Rabbis for Human Rights)

Des vandales ont incendié une mosquée dans le village d’Aqraba, dans le nord de la Cisjordanie, avant l’aube de vendredi, dans ce qui semble être un crime de haine.

Des images captées par une caméra de sécurité à l’entrée de la mosquée ont montré deux attaquants qui ont mis le feu à la porte du bâtiment. Leurs visages étaient couverts tout au long de la vidéo.

Des messages prônant la « mort », la « revanche » et « prix à payer » ont été retrouvés sur les murs de la mosquée de Saada, une petite ville palestinienne de plusieurs centaines d’habitants.

Le terme « prix à payer » fait référence à des actes de vandalisme et d’autres crimes de haine perpétrés par des ultra-nationalistes juifs en représailles ostensiblement à la violence palestinienne ou à des politiques gouvernementales perçues comme hostiles au mouvement des implantations. Des mosquées, des églises, des groupes israéliens pacifistes et même des bases militaires israéliennes ont été la cible de vandales nationalistes ces dernières années.

Les habitants ont remarqué l’incendie presque immédiatement vers 2 heures du matin et ont réussi à l’éteindre. Deux sections de la mosquée ont été incendiées complètement, selon Zacharia Sadeh, employé de terrain du groupe Rabbins pour les droits de l’Homme, qui était présent à la mosquée de Saada après l’attaque.

Aucun blessé n’a été signalé dans l’incident.

Sadeh a signalé l’attaque présumée à la police israélienne, dont les agents sont arrivés sur les lieux avec les troupes de l’armée et ont commencé à rassembler des preuves.

La police a déclaré qu’une enquête a été ouverte.

Les habitants ont déclaré aux médias palestiniens que la même mosquée avait été la cible d’un incendie criminel similaire il y a cinq ans, mais que les membres avaient réussi à réparer les dégâts.

Ils ont expliqué que l’attaque semblait avoir été perpétrée en représailles du meurtre d’Adiel Kolman, un Israélien, âgé de 32 ans, qui a été poignardé à mort dans la Vieille Ville de Jérusalem le mois dernier. Le terroriste, Abd al-Rahman Bani Fadel, 28 ans, a été abattu sur les lieux. Il avait été un résident d’Aqraba.

Adiel Kolman, qui a été tué lors d’une attaque au couteau dans la vieille ville de Jérusalem le 19 mars 2018 (Autorisation).

Le groupe antiraciste Tag Meir a publié vendredi une déclaration condamnant l’attaque criminelle « avec dégoût ».

« Depuis décembre 2009, 50 mosquées, églises et monastères ont été incendiés ou profanés dans l’Etat d’Israël, en Judée et en Samarie », a déclaré l’ONG, faisant référence à la Cisjordanie par ses noms bibliques.

Tag Meir n’a pas hésité à désigner le responsable de l’incident.

« Les activistes extrémistes de droite demandent la terreur en enflammant les maisons, les lieux de culte et les voitures, déracinant les oliviers et en vandalisant afin d’effrayer la population palestinienne et de rendre leur vie en Israël insupportable », conclut le communiqué.

Le groupe de défense des droits de l’Homme Yesh Din a publié une déclaration, indiquant qu’il avait documenté 14 incidents d’attaques contre des mosquées en Cisjordanie depuis 2006. Neuf d’entre eux étaient des incendies criminels (sans compter celle de de vendredi), tandis que cinq autres sanctuaires ont été dégradés avec des graffitis.

Un imam dans une mosquée du village palestinien d’Aqraba, dans le nord de la Cisjordanie, montre les dégâts causés par un incendie criminel survenu le 13 avril 2018. (Crédit : Zacharia Sadeh / Rabbis for Human Rights)

L’ONG de gauche a affirmé qu’un acte d’accusation avait été déposé dans un seul de ces cas.

« Le fait que s’agissant d’un sujet aussi sensible — la profanation de lieux de culte — la police n’est toujours pas capable de rassembler suffisamment d’informations pour mener à des inculpations est un signe de honte pour les forces de l’ordre en Cisjordanie », a dénoncé le groupe.

« Yesh Din exige que les autorités agissent de manière décisive pour déchiffrer ces crimes et traduire en justice ceux qui les ont commis », a conclu le communiqué.

Le ministre palestinien des Awqaf et des Affaires religieuses, Sheikh Yousef Adeis, a qualifié l’incident de « terreur ».

« L’escalade dans le comportement du gouvernement israélien conduira la région à une guerre religieuse », at-il déclaré dans un communiqué condamnant le ciblage des églises et des mosquées palestiniennes par des résidents israéliens d’implantations d’extrême droite.

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