Une pénurie de vaccins anti-grippaux pourrait toucher Israël
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Une pénurie de vaccins anti-grippaux pourrait toucher Israël

Les autorités s'inquiètent de la vague simultanée de coronavirus et d'infections grippales en hiver ; on s'attend à une hausse de la vaccination

Vaccination. Illustration. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Vaccination. Illustration. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Israël pourrait être confronté à une pénurie de vaccins anti-grippaux cet hiver alors que les pays du monde entier en réclament dans la crainte d’une vague simultanée de coronavirus et d’infections grippales, selon un reportage télévisé de mardi.

Selon la Douzième chaîne, Israël a commandé environ 6 millions de doses de vaccin, soit trois fois la quantité habituelle, car on s’attend à ce que beaucoup plus de personnes que d’habitude demandent à être vaccinées.

Toutefois, les responsables de la santé craignent que le pays ne soit pas en mesure d’obtenir la quantité totale de vaccins et que, par conséquent, des millions de personnes ne soient pas protégées.

Selon le rapport, les quatre caisses de santé du pays réalisent des commandes pour le vaccin contre la grippe en fonction du nombre de personnes qui, selon leurs prévisions, en réclameront – les années précédentes ont vu environ 2 millions de personnes se faire immuniser.

Des Israéliens attendent pour se faire vacciner le 25 décembre 2015 en pleine épidémie de grippe porcine. (Crédit : FLASH90)

En décembre dernier, le ministre de la Santé de l’époque, Yaakov Litzman, a déclaré qu’Israël devrait créer une usine pour produire des vaccins, compte tenu des pénuries en période de besoin. L’initiative aurait été soutenue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, mais n’a pas encore reçu le feu vert.

En conséquence, Israël est totalement dépendant des importations de vaccins et a été confronté l’année dernière à des pénuries pendant une saison de grippe mortelle causée par une souche particulièrement virulente et agressive.

« Notre hypothèse de travail est que la grippe et le coronavirus se propageront en même temps cet hiver », a déclaré Nissim Alon, directeur de la caisse de santé Leumit, à la Douzième chaîne.

« Les Israéliens s’attendent à pouvoir continuer leur vie comme d’habitude, et nous sommes donc confrontés à un défi médical et logistique dont nous ignorions l’existence. Chaque année, nous commandons des vaccins contre la grippe selon les estimations de l’année précédente, et cette fois, nous en avons commandé trois fois plus. Nous espérons qu’ils arriveront effectivement en Israël et qu’ils ne seront pas ‘volés’ par d’autres pays. Autre chose, le coût des vaccins a doublé ».

Au plus fort de l’épidémie de Covid-19 au début de l’année, certains pays ont été accusés de s’accaparer des fournitures médicales alors qu’ils étaient aux prises avec des pénuries.

L’infirmière en chef de la kupat holim Meuhedet s’est inquiétée du fait que les pénuries pourraient conduire à ce que seuls les plus vulnérables se fassent immuniser.

« Nous avons commandé un demi-million de vaccins contre la grippe. Nous attendons du public qu’il soit plus réceptif à la nécessité de vacciner », indique Mali Kusha. « Nous avons entendu le ministre de la Santé dire que les vaccins pourraient cibler uniquement les populations à risque, mais nous espérons que nous n’atteindrons pas cette situation et que nous pourrons vacciner une plus grande partie de la population. Ce ne sera pas un hiver normal, compte tenu de la grippe et du coronavirus attendus ».

La caisse Clalit a rapporté avoir commandé deux millions de doses, et Maccabi, plus d’un million.

Le ministère de la Santé a réagi au reportage en disant, « Cette année, le ministère de la Santé a commandé plus de vaccins contre la grippe pour la saison à venir que les années précédentes… Nous attendons maintenant plus de 2,1 millions de doses, et le ministère essaie d’augmenter son stock autant que possible ».

Les experts en Israël et à l’étranger ont également averti qu’une baisse des taux de vaccination des enfants, les parents hésitant de plus en plus à se rendre dans les hôpitaux et les centres de santé par crainte du coronavirus, pourrait ouvrir la porte à des épidémies de virus plus simultanées, avec des craintes particulières concernant la rougeole.

Un bébé se fait vacciner dans un dispensaire d’un des centres de santé familiale Tipat Halav, « Goutte de lait ». (Illustratif. Noam Moskowitz/FLASH90)

Le problème de la baisse des taux de vaccination s’aggrave dans le monde entier, a déclaré un haut responsable de l’OMS à la chaîne publique Kan.

« C’est très inquiétant, et ce n’est pas seulement Israël. L’OMS reçoit des informations du monde entier indiquant que les services de vaccination sont touchés », révèle Ann Lindstrand, responsable du programme de vaccination de l’OMS.

« La rougeole était déjà une de nos préoccupations avant la Covid-19″, souligne-t-elle. « En 2019, nous avons eu plus de cas et plus d’épidémies que depuis très longtemps ».

Plusieurs pays, dont Israël et les États-Unis, ont souffert d’une grave épidémie de rougeole l’année dernière, laquelle a entraîné plusieurs décès.

La rougeole est considérée comme la plus contagieuse de toutes les maladies infectieuses. Le virus provoque de graves symptômes de type grippal et une éruption cutanée bosselée caractéristique, mais dans certains cas, les complications qui affectent les systèmes respiratoire et nerveux peuvent mettre la vie en danger. La rougeole a été pratiquement éradiquée en 2000, mais elle a fait un retour en force, en grande partie à cause des parents qui refusent de vacciner leurs enfants en raison d’une fausse propagande anti-vaccinale.

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