Une proche de Biden regrette d’avoir invité un antisémite à Harvard
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Une proche de Biden regrette d’avoir invité un antisémite à Harvard

Kristen Clarke avait invité Tony Martin, auteur d'un livre conspirationniste, à l'université en 1994, ce qui lui a valu de nombreuses condamnations

Kristen Clarke s'exprime lors des audiences de la commission judiciaire du Sénat sur la confirmation de la candidate à la Cour suprême Amy Coney Barrett, le 15 octobre 2020. (Crédit : Anna Moneymaker-Pool/Getty Images)
Kristen Clarke s'exprime lors des audiences de la commission judiciaire du Sénat sur la confirmation de la candidate à la Cour suprême Amy Coney Barrett, le 15 octobre 2020. (Crédit : Anna Moneymaker-Pool/Getty Images)

JTA – Kristen Clarke, candidate du président élu Joe Biden à la direction de la division des droits civils au ministère de la Justice, a déclaré qu’elle avait fait une erreur en invitant l’auteur de propos antisémites à parler à Harvard alors qu’elle y dirigeait un groupe d’étudiants noirs.

En 1994, Clarke, en tant que responsable d’une association d’étudiants noirs, avait invité Tony Martin, auteur d’un livre intitulé The Jewish Onslaught, à prendre la parole et l’a défendu par la suite. Les Juifs du campus avaient à l’époque été consternés par cette invitation.

« Donner une tribune à quelqu’un comme lui, ce n’est pas quelque chose que je ferais de nouveau », a-t-elle déclaré au Forward jeudi.

Clarke, la présidente du Lawyers’ Committee for Civil Rights Under Law, a travaillé en étroite collaboration ces dernières années avec des groupes juifs pour lutter contre les tenants du suprématisme blanc.

Biden a annoncé son choix de nominer Clarke lundi, ce qui lui a valu les éloges de l’Anti-Defamation League.

Le lendemain, Tucker Carlson, un animateur de la chaîne d’information Fox, a dévoilé dans le journal Harvard Crimson des reportages de 1994 sur la controverse Martin. Par la suite, les déclarations de groupes juifs libéraux soutenant Clarke ont rejeté la tentative de la stigmatiser par des actions qu’elle avait entreprises en tant qu’étudiante.

« Cette semaine, Kristen Clarke a reconnu qu’elle avait commis une erreur lorsque, en tant qu’étudiante à Harvard, elle a donné une tribune à un professeur qui encourageait les théories conspirationnistes antisémites », a déclaré jeudi sur Twitter le groupe Bend the Arc : Jewish Action. « Elle dénonce sans équivoque l’antisémitisme – et agit sur la base de cet engagement en luttant contre la discrimination religieuse. »

Le Conseil national des femmes juives, le Conseil démocratique juif d’Amérique et Joel Rubin, directeur exécutif du Congrès juif américain, ont également félicité jeudi Clarke pour son travail de lutte contre l’antisémitisme.

La rabbin Jill Jacobs, qui dirige T’ruah, un groupe rabbinique de défense des droits de l’homme, a déclaré dans une interview que la déclaration de Clarke cette semaine était un « modèle de teshuvah », ou de repentance, et a rejeté ceux qui, à droite, stigmatisent certains pour ce qu’ils ont dit ou fait alors qu’ils étaient bien plus jeunes.

Carlson s’en est pris à Clarke, notamment en sortant de leur contexte des propos datant de l’époque Harvard, au sujet de la suprématie blanche, qu’elle mettait en contraste avec la suprématie noire.

« Ce n’est pas un hasard si les gens de droite s’en prennent spécifiquement aux femmes de couleur et essaient de déterrer quelque chose de leur passé, même si c’est quelque chose qui s’est passé quand elles avaient 19 ans », a déclaré Jacobs.

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