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Une procureur des affaires de Netanyahu nommée assistante du procureur de l’Etat

Cible de tentatives pour bloquer sa promotion, Liat Ben-Ari l'a finalement obtenue après un délai dû à des accusations que sa nomination était motivée politiquement

Liat Ben-Ari (Capture d'écran Ynet)
Liat Ben-Ari (Capture d'écran Ynet)

Jeudi, Liat Ben-Ari, la procureur principale dans une série d’affaires de corruption impliquant le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a été nommée assistante du procureur de l’Etat.

Ben-Ari, qui s’occupait jusqu’alors des crimes fiscaux et économiques au bureau du procureur de l’Etat de Tel Aviv, a dirigé une série d’enquêtes de premier plan impliquant des personnalités politiques, dont Netanyahu et l’ancien Premier ministre Ehud Olmert.

En juin, sa nomination a été décalée après que la Commission de fonctionnaires (CSC) a reçu une lettre anonyme affirmant avoir été écrite par des « procureurs préoccupés » au sein de l’institution judiciaire. La lettre soutenait l’idée que sa nomination s’inscrivait dans une démarche politiquement motivée pour forcer le Procureur général Avichai Mandelblit à inculper Netanyahu.

Netanyahu, qui a démenti toute malversation, a affirmé qu’un Mandelblit « faible » subissait les pressions de procureurs et de médias « gauchistes » pour l’inculper. Il a une audience de pré-inculpation prévue avec Mandelblit cette semaine.

Le procureur-général Avichai Mandelblit lors d’une conférence à Airport City, aux abords de Tel Aviv, le 3 septembre 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

La Commission s’est réunie jeudi et a approuvé à l’unanimité la nomination de Ben-Ari à ce poste.

Le procureur de l’Etat Shai Nitzan a écrit une lettre avec des mots très durs à l’intention de Sigal Yakobi, la directrice générale en fonction du ministère de la Justice. Dans la lettre, Nitzan s’interrogeait sur ses récentes démarches pour tenter de bloquer la nomination de Ben-Ari.

« J’ai été abasourdi d’apprendre… que ces derniers jours, vous avez fait des démarches en lien avec le CSC au sujet de ce poste, a écrit Nitzan. Vous avez non seulement demandé de retarder la date [de la décision] de la commission, mais aussi de supprimer le poste. Tout cela sans un mot ou un demi-mot à mon égard. Cette conduite soulève de graves interrogations. »

Il a noté que Yakobi ne l’avait pas informé, lui en tant que supérieur hiérarchique immédiat du poste, ou le Procureur général. Yakobi a continué à tenter de bloquer la nomination jusqu’à la réunion de la commission jeudi.

« Il est inconcevable qu’un directeur général en poste puisse chercher à faire disparaître une fonction de haut niveau, dans le plus grand département du ministère, un département qui s’occupe du respect du droit, sans consulter au préalable le chef de cette unité », a-t-il écrit.

Yakobi a été nommée à son poste il y a deux semaines, après que le ministre de la Justice Amir Ohana du Likud a brusquement licencié son prédécesseur Eli Palmor, une décision qui a été très critiquée et largement perçue comme étant motivée politiquement.

Ohana a ensuite expliqué sa décision, déclarant qu’il s’agissait d’une pratique courante pour un nouveau ministre de nommer son propre directeur général. Pourtant, il est rare pour un ministre servant dans un gouvernement d’intérim de le faire.

Auparavant, Yakobi était l’Administratrice générale et l’Administratrice judiciaire du ministère de la Justice.

Netanyahu risque d’être inculpé pour fraude et abus de confiance dans trois affaires criminelles, et pour corruption dans l’une d’entre elles. Une affaire implique des cadeaux de la part de riches associés, alors que les deux autres dossiers concernent des petits arrangements avec des propriétaires de journaux. Netanyahu aurait promis d’aider les patrons de presse en échange d’une couverture médiatique favorable. Il a nié toute malversation dans les trois affaires.

Mandelbit a annoncé en février qu’il avait l’intention d’inculper le Premier ministre dans les trois affaires, après une audience prévue pour le 2 octobre.

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