UNESCO : une résolution sur « la Palestine occupée » reportée par consensus
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UNESCO : une résolution sur « la Palestine occupée » reportée par consensus

Le simple report, décidé sans fracas, est considéré comme une victoire et l'amorce d'un changement au sein de l'organisation, a estimé Audrey Azoulay

Le siège de l'Unesco à Paris. (Crédit : Wikimedia Commons/Albertus teolog/domaine public)
Le siège de l'Unesco à Paris. (Crédit : Wikimedia Commons/Albertus teolog/domaine public)

Le Conseil exécutif de l’Unesco a décidé par consensus, jeudi, de repousser à sa prochaine session, en octobre, deux points concernant « les territoires arabes occupés » et « la Palestine occupée », questions qui traditionnellement déchirent l’organisation, a-t-on appris auprès de cette dernière.

« La décision a été prise de façon consensuelle, sans vote, à la suite de discussions menées avec les parties israélienne, palestinienne, jordanienne, américaine et avec le soutien de l’UE » alors que « depuis des années il y a des votes qui fracturent le Conseil exécutif sur la question sensible du Proche-Orient, de Jérusalem, de la Palestine », s’est félicitée, auprès de l’AFP, Audrey Azoulay, directrice générale de l’organisation de l’Onu pour l’Education, la Science et la Culture.

« C’est une façon de procéder qui n’avait pas eu lieu depuis très longtemps et nous ouvre des perspectives pour travailler maintenant de façon collaborative, coopérative, sur cette question sensible », a-t-elle ajouté.

Les deux textes « approuvés par acclamation », selon Mme Azoulay, très brefs, rappellent « les décisions antérieures » de l’Unesco sur la « Palestine occupée » ou sur « les institutions éducatives et culturelles dans les territoires arabes occupés ». Ils indiquent avoir examiné les rapports de l’Unesco sur ces questions ainsi qu’un document en annexe pour chaque point et « décident d’inscrire ce(s) point(s) à l’ordre du jour de (la) 205e session » du Conseil exécutif.

A LIRE : La prochaine résolution de l’Unesco sur Jérusalem sera-t-elle « la plus extrême » ?

Les deux annexes sont des projets de décision présentés par l’Egypte, la Jordanie, le Liban, le Maroc, Oman, le Qatar et le Soudan de nature, une nouvelle fois, à susciter la colère d’Israël.

« Ce n’est qu’une première étape mais sans cette première étape, rien n’est possible », a-t-elle dit

Interrogée sur la possibilité de voir Israël et les États-Unis revenir sur leur retrait, la directrice générale a souligné que ce serait « leur décision ».

« Mais c’est un net progrès, qu’ils ont eux-mêmes reconnu, dans la possibilité d’avoir ce dialogue-là à l’Unesco. Est-ce que cela va déboucher sur d’autres décisions ? Ce sera leur décision; nous verrons et encore une fois ça n’est qu’un début », a-t-elle insisté.

« Au moins il y a un univers des possibles qui est devant nous, qui n’était plus là », a-t-elle ajouté.

L’ancienne ministre française de la Culture Audrey Azoulay, au centre, au siège de l’UNESCO à Paris le 10 novembre 2017, après que les Etats membres de l’UNESCO ont approuvé la nomination d’Azoulay à la tête de l’agence culturelle. (Crédit : AFP / Eric Feferberg)

Israël a décidé en décembre dernier de se retirer de l’organisation onusienne, dans le sillage des États-Unis, pour exprimer son exaspération face à une organisation qu’il accuse d’être anti-israélienne.

Israël et les Etats-Unis avaient déjà interrompu le paiement de leur part à l’Unesco après l’admission en 2011 de la Palestine comme membre à part entière.

La délégation américaine elle-même « a chaleureusement accueilli les progrès démontrés aujourd’hui (jeudi) et a félicité les parties d’avoir fait les pas nécessaires à une approche constructive pour un dossier très difficile et sensible ».

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