Vaccins : une résolution à l’ONU pour plus de solidarité internationale
Rechercher

Vaccins : une résolution à l’ONU pour plus de solidarité internationale

Quelque 45 % des injections ont été réalisées dans les pays riches du G7, qui n'hébergent que 10 % de la population mondiale

Des doses de vaccin COVID-19 de Pfizer-BioNTech arrivent dans un centre de vaccination à Jérusalem, le 4 janvier 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Des doses de vaccin COVID-19 de Pfizer-BioNTech arrivent dans un centre de vaccination à Jérusalem, le 4 janvier 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Pour tenter de contrecarrer les inégalités entre les pays flagrantes depuis le début de la campagne de vaccination contre le Covid-19, l’ONU a adopté vendredi à l’unanimité une résolution exigeant l’équité dans l’accès aux vaccins.

Cette résolution, qui appelle aussi à la solidarité et à des cessez-le-feu dans le monde pour mieux lutter contre le virus et procéder aux vaccinations, a été co-parrainée par l’ensemble des 15 membres du Conseil de sécurité, un fait rare.

Après à peine une semaine de négociations, cette résolution constitue un virage de la communauté internationale vers une unité souvent prise en défaut depuis le déclenchement de la pandémie il y a un an.

Le texte « souligne le besoin urgent de solidarité, d’équité et d’efficacité et invite au don de doses de vaccin par les économies développées et tous ceux en mesure de le faire aux pays à revenus faibles et intermédiaires ou dans le besoin ».

Le Conseil de sécurité des Nations unies réuni à l’ONU, à New York, le 22 juillet 2014. (Crédit : Kena Betancur/Getty Images/AFP)

Neuf doses sur dix

Reste à savoir si cet appel sera entendu et débouchera sur des mesures concrètes. Plus de 200 millions de doses de vaccin ont pour l’instant été administrées dans le monde, mais leur répartition a été inégale entre des nations riches qui se taillent la part du lion et des Etats pauvres qui patientent.

Quelque 45 % des injections ont été réalisées dans les pays riches du G7, qui n’hébergent que 10 % de la population mondiale.

En date du 20 février, plus de neuf doses sur dix (92 %) ont été administrées dans des pays à revenus « élevés » ou « intermédiaires de la tranche supérieure » (au sens de la Banque mondiale).

L’autorisation prochaine aux Etats-Unis d’un troisième vaccin, la formule de Johnson & Johnson, pourrait permettre d’augmenter la quantité des doses disponibles.

Ce vaccin a été passé au crible, au cours d’une audition à Washington retransmise en direct sur internet, par un comité d’experts (en majorité des scientifiques indépendants), une procédure qui devrait aboutir sous peu à une autorisation de mise sur le marché américain.

Son autorisation fait en réalité peu de doute, l’agence américaine des médicaments (FDA) ayant rendu publique plus tôt cette semaine une série de documents, dans lesquels elle a confirmé l’efficacité de ce produit.

Le vaccin de Johnson & Johnson, dont les injections ont déjà commencé en Afrique du Sud, est particulièrement attendu notamment car, contrairement aux autres, il ne s’administre qu’en une seule dose. Il peut être stocké à des températures de réfrigérateur, ce qui facilitera considérablement sa distribution.

Une infirmière prépare une dose du vaccin Oxford-AstraZeneca dans un centre de vaccination au Centre financier international de Dubaï, le 3 février 2021. (Crédit : Karim SAHIB / AFP)

Au Canada, le troisième vaccin autorisé a été vendredi celui du géant pharmaceutique AstraZeneca, déjà largement utilisé à travers le monde, à commencer par le Royaume-Uni depuis le mois de décembre, mais aussi dans l’Union européenne.

Ce vaccin à vecteur viral, mis au point par l’université d’Oxford au Royaume-Uni et le géant pharmaceutique anglo-suédois, avait connu des déboires ces dernières semaines, son efficacité n’ayant pas été jugée suffisamment probante pour les personnes âgées de plus de 65 ans et dans les pays où les variants circulent.

De son côté l’Autriche étudie la possibilité d’importer le vaccin russe Spoutnik V, déjà utilisé en Hongrie. La formule russe attend toujours le feu vert de l’Agence européenne des médicaments (EMA) avant d’être éventuellement déployé dans l’ensemble des 27 pays membres de l’Union européenne.

D’abord accueilli avec scepticisme, Spoutnik V a depuis convaincu les experts de son efficacité. La revue médicale spécialisée The Lancet a publié des résultats selon lesquels il est efficace à 91,6%.

Plus de 2,5 millions de morts

En Asie, Hong Kong et la Corée du Sud ont donné vendredi le coup d’envoi de leurs campagnes de vaccination. La Corée du Sud prévoit de vacciner dans les sept prochains mois 70 % de sa population tandis que Hong Kong espère que l’ensemble des adultes seront vaccinés avant la fin de l’année.

En Israël, le pays le plus avancé du monde dans ce domaine, plus de la moitié de la population a reçu au moins une première dose du vaccin, soit 4,65 millions de ses 9,29 millions d’habitants.

Un professionnel de la santé prépare un vaccin Pfizer-BioNTech COVID-19 à l’hôpital Sheba Tel Hashomer de Ramat Gan, le 12 janvier 2021. (Crédit : Oded Balilty / AP)

Selon le ministère de la Santé, 35 % de la population a déjà reçu une deuxième dose du Pfizer/BioNTech avec un taux dépassant les 85 % chez les personnes âgées de 70 ans et plus.

La pandémie a fait plus de 2,5 millions de morts dans le monde depuis décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP vendredi matin. Plus de 112,9 millions de cas de contamination ont été diagnostiqués.

Les États-Unis sont le pays le plus endeuillé avec 508.314 morts, devant le Brésil (251.498), le Mexique (183.692), l’Inde (156.825) et le Royaume-Uni (122.070).

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...