Virus : Des progrès constatés chez 2 patients suite à un traitement expérimental
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Virus : Des progrès constatés chez 2 patients suite à un traitement expérimental

Les deux malades ont reçu de l'Opaganib de la firme biopharmaceutique RedHill ; une amélioration a été visible en quelques jours, selon la firme

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Une équipe médicale traite un patient atteint du COVID-19 dans une unité spécialisée à l'hôpital Mayanei Hayeshua à Bnei Brak, le 13 avril 2020. (Nati Shohat/Flash90)
Une équipe médicale traite un patient atteint du COVID-19 dans une unité spécialisée à l'hôpital Mayanei Hayeshua à Bnei Brak, le 13 avril 2020. (Nati Shohat/Flash90)

La firme biopharmaceutique israélienne RedHill Biopharma Ltd. a fait savoir, lundi, que des malades du COVID-19 soignés à titre expérimental avec le médicament Opaganib avaient vu leur état s’améliorer quelques jours après le début de leur traitement.

Les deux malades ont eu moins besoin d’oxygène, ils ont montré un niveau plus bas de protéines C-réactives, ce qui indique une inflammation réduite, et un niveau moins élevé en lymphocytes – un type de globules blancs.

Les deux malades présentaient des cas confirmés de coronavirus avant leur traitement, qui a été administré dans des hôpitaux israéliens qui n’ont pas été identifiés. L’un des patients se trouvait dans une unité de soins intensifs et il en est sorti quelques jours après le début de l’essai médicamenteux.

L’administration du médicament a été conforme aux procédures en vigueur, avec une thérapie de fond à base d’hydroxychloroquine, a noté Redhill.

« Notre espoir est que le mécanisme d’action de l’Opaganib, qui a des vertus à la fois antivirales et anti-inflammatoires, aidera les patients atteints du COVID-19 en réduisant l’inflammation pulmonaire et en empêchant par conséquent la maladie de progresser à un stade qui nécessitera une ventilation mécanique », a dit Mark L. Levitt, directeur médical de RedHill.

Il est important de noter que la corrélation et la causalité sont souvent séparés – l’état des deux patients ayant pu potentiellement s’améliorer de manière égale ou plus sans le recours au traitement à l’Opaganib et sachant qu’un petit échantillon de deux personnes pèse peu en termes de signification pour la population en général. Ce qui justifie, en d’autres termes, un espoir prudent.

Le médicament a le potentiel de soigner les symptômes du COVID-19, la maladie causée par le nouveau coronavirus, mais il n’est pas un vaccin, il ne permet pas de construire une immunité et il ne peut en aucun cas prévenir l’infection.

Les malades ont pris le médicament dans le cadre d’un protocole compassionnel, avec l’approbation du ministère de la Santé. Un protocole compassionnel se déroule en dehors de tout essai clinique, dans un cadre de circonstances particulières et avec l’approbation des autorités médicales.

L’Opaganib est un médicament expérimental – ce qui signifie qu’il a été testé mais pas encore approuvé pour un usage élargi.

Le médicament s’administre par voie orale. Il vise à soigner les cancers, les inflammations et les problèmes gastro-intestinaux, et il a des propriétés anti-virales. C’est un inhibiteur sélectif qui vise la protéine SPHK2 (sphingosine kinase-2), susceptible d’entraver la croissance d’un cancer et d’une inflammation pathologique. Il peut aussi bloquer la réplication virale.

Il avait été testé sur des malades non COVID-19 aux Etats-Unis – des essais sont encore en cours – et il a passé les phases 1 et 2 des essais cliniques. Redhill concentre ses activités sur les maladies gastro-intestinales.

Opaganib a été testé dans une étude clinique de phase 1 sur des patients présentant des tumeurs solides avancées, et il est actuellement examiné dans le cadre du traitement du cancer des voies biliaires, individuellement et combiné à l’hydroxychloroquine, médicament qui, selon la Maison Blanche, pourrait soigner le coronavirus – un avis qui n’est pas partagé par les responsables médicaux.

L’Opaganib est également au cœur d’une étude de phase 2 pour le traitement du cancer de la prostate.

« Le traitement par l’Opaganib des malades atteints par le COVID-19 est soutenu par des données pré-cliniques qui démontrent son activité anti-virale unique face à un certain nombre d’autres virus, ainsi que des vertus anti-inflammatoires et son potentiel de réduction des inflammations pulmonaires. De plus, les données cliniques ont montré qu’il était un médicament sûr et toléré par des volontaires en bonne santé et par des malades du cancer », a noté Levitt.

De plus, les autorités israéliennes ont approuvé l’usage de l’Opaganib chez environ 160 malades atteints par le COVID-19, présentant des symptômes qui menacent leur survie dans trois hôpitaux du nord de l’Italie dans le cadre d’un protocole compassionnel, a fait savoir Redhill, la semaine dernière. Les essais n’ont pas encore commencé.

L’Institut national italien des maladies infectieuses et la commission centrale d’éthique du pays ont approuvé l’utilisation immédiate du médicament.

Redhill se prépare à renforcer la fabrication de l’Opaganib et discute actuellement avec les Etats-Unis et d’autres pays de son usage potentiel dans le cadre de la pandémie. Les données pré-cliniques ont indiqué que le médicament était susceptible de réduire les pneumonies qui sont à l’origine d’un grand nombre des décès causés par le COVID-19.

Les actions de Redhill, qui sont échangées au Nasdaq sous le symbole RDHL, ont fait un bond de plus de 100% au cours des dernières semaines. La compagnie est basée à Tel Aviv et à Raleigh, en Caroline du nord.

RedHill a été fondé en 2009 par Dror Ben-Asher et Ori Shilo, deux habitants d’un kibboutz devenus banquiers d’investissement et entrepreneurs.

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