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Visant Gantz, Liberman appelle au boycott du chef de l’AP

Le ministre des Finances estime que les rencontres avec Mahmoud Abbas doivent cesser, le qualifiant de "terroriste qui se livre au terrorisme politique"

Le ministre des Finances Avigdor Liberman s'exprime lors d'une réunion de faction de son parti Yisrael Beytenu à la Knesset, à Jérusalem, le 7 février 2022. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Le ministre des Finances Avigdor Liberman s'exprime lors d'une réunion de faction de son parti Yisrael Beytenu à la Knesset, à Jérusalem, le 7 février 2022. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Le ministre des Finances Avigdor Liberman a déclaré lundi que ses collègues ministres israéliens devraient boycotter le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qu’il a accusé d’incitation à la haine contre Israël.

« Il ne doit pas être légitimé… Il n’est en rien un partenaire », a déclaré Liberman lors d’une réunion de faction de son parti Yisrael Beytenu à la Knesset. « C’est un terroriste comme tous les autres terroristes. Il fait du terrorisme politique, qui est parfois encore plus dangereux et nuisible que le terrorisme conventionnel. »

Ces commentaires ont été largement perçus comme une attaque adressée au ministre de la Défense Benny Gantz, qui a rencontré plusieurs fois Abbas.

Depuis l’entrée en fonction du gouvernement il y a près d’un an, Abbas a tenu une série de réunions avec de hauts responsables israéliens, marquant un changement radical par rapport aux relations entretenues sous le prédécesseur du Premier ministre Naftali Bennett, Benjamin Netanyahu.

La dernière en date a été une rencontre entre Abbas et le directeur du Shin Bet, Ronen Bar, le mois dernier à Ramallah, qui faisait suite à une réunion en novembre 2021, peu après l’arrivée de Bar à la tête du service de sécurité intérieure. Abbas a également rencontré Gantz à deux reprises, ainsi que le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et le ministre de la Santé Nitzan Horowitz.

Bennett a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’avait pas l’intention de rencontrer Abbas, car il estime qu’une telle rencontre n’aurait aucune valeur, mais il n’a pas empêché les ministres et autres responsables de le faire.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, au centre, rencontre les ministres du Meretz Nitzan Horowitz, au centre gauche, et Isawi Frej, au centre droit, le 3 octobre 2021. (Crédit : Meretz)

Liberman a accusé le leader palestinien de « profiter cyniquement des événements du mois dernier. »

« Une personne qui intente des procès à des soldats de Tsahal pour des crimes de guerre ne peut être partenaire de quoi que ce soit », a-t-il déclaré.

« Les pèlerinages chez Abbas et les rencontres avec lui doivent cesser », a-t-il déclaré.

Mais lors d’une réunion de sa faction Yesh Atid à la Knesset, Lapid a déclaré qu’Israël maintiendra ses contacts avec l’Autorité palestinienne, et a ajouté que Gantz « a bien fait » de rencontrer Abbas.

Les commentaires de Liberman sont intervenus dans un contexte de tensions accrues entre Israël et l’Autorité palestinienne à la suite de la mort par balle de la journaliste d’Al-Jazeera Shireen Abu Akleh la semaine dernière.

Lors d’une commémoration officielle la semaine dernière, Mahmoud Abbas a accusé Israël d’être responsable de la mort de la journaliste et a promis que l’affaire serait portée devant la Cour pénale internationale car Israël « ne peut rester impuni ».

Des Palestiniens scandent des slogans et agitent des drapeaux du Hamas après la prière du vendredi à la mosquée Al-Aqsa pendant le mois sacré du Ramadan, quelques heures après que la police israélienne ait affronté des manifestants sur le mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 avril 2022. (Crédit : Mahmoud Illean/AP)

Son décès est survenu dans un climat de tensions croissantes en Cisjordanie ces dernières semaines. Depuis la fin du mois de mars, plusieurs terroristes palestiniens ont franchi la barrière pour se rendre en Israël et y commettre des attaques terroristes, qui ont fait 19 morts en Israël et en Cisjordanie.

Les forces israéliennes ont réagi en multipliant les raids et les arrestations afin de rétablir l’ordre, et en augmentant leurs patrouilles le long de la ligne frontalière avec la Cisjordanie. Ces opérations de sécurité ont souvent donné lieu à des affrontements armés avec des Palestiniens.

Tout au long du mois d’avril, Abbas s’est également exprimé sur les tensions au mont du Temple de Jérusalem, qui ont donné lieu à de violents affrontements entre Palestiniens et forces de sécurité, accusant Israël de violer le statu quo religieux fragile du site.

Les responsables israéliens ont démenti cette accusation, affirmant qu’aucun changement n’a été apporté aux dispositions prises sur les lieux saints et accusant les éléments extrémistes et terroristes d’attiser les tensions.

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