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Yémen : 8 ans après, l’Arabie saoudite cherche à sortir du conflit

Le royaume saoudien veut désormais "faire évoluer son approche au Yémen en passant d'une stratégie militaire à une stratégie politique et sécuritaire", selon International Crisis Group

Des gens défilent avec des drapeaux du sud-Yémen, des EAU et de l'Arabie saoudite ainsi que des portraits du roi saoudien  Salman bin Abdulaziz, au centre-gauche, du prince Prince Mohammed bin Salman, au centre à droite, du président des EAU Khalifa bin Zayed al-Nahyan (à gauche) et de son frère, le prince héritier d'Abu Dhabi Mohammed bin Zayed al-Nahyan (à droite) pensant un défilé à Aden, la seconde ville la plus grande du Yémen, le 5 septembre 2019. (Crédit : Saleh Al-OBEIDI/AFP)
Des gens défilent avec des drapeaux du sud-Yémen, des EAU et de l'Arabie saoudite ainsi que des portraits du roi saoudien Salman bin Abdulaziz, au centre-gauche, du prince Prince Mohammed bin Salman, au centre à droite, du président des EAU Khalifa bin Zayed al-Nahyan (à gauche) et de son frère, le prince héritier d'Abu Dhabi Mohammed bin Zayed al-Nahyan (à droite) pensant un défilé à Aden, la seconde ville la plus grande du Yémen, le 5 septembre 2019. (Crédit : Saleh Al-OBEIDI/AFP)

Huit ans après le début de son intervention militaire au Yémen, l’Arabie saoudite cherche à tout prix à sortir du conflit pour se concentrer sur le développement du royaume, malgré de minces espoirs de paix durable, estiment des analystes.

En annonçant au début du mois son intention de renouer ses liens avec l’Iran, la riche monarchie pétrolière a signalé une volonté d’apaisement au Yémen, où les deux poids lourds de la région se livrent à une guerre par procuration depuis des années.

Ryad dirige depuis 2015 une coalition militaire appuyant le gouvernement yéménite contre les rebelles Houthis, soutenus par Téhéran, dans une guerre qui a dévasté le pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

Mais le royaume saoudien, qui s’est engagé dans un vaste programme de réformes porté par le prince héritier, Mohammed ben Salmane, veut désormais « faire évoluer son approche au Yémen en passant d’une stratégie militaire à une stratégie politique et sécuritaire », indique Ahmed Nagi, du groupe de réflexion International Crisis Group.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington, le 22 mars 2018. (Crédit : AP Photo/Cliff Owen)

« Les opérations militaires comme les frappes aériennes » devraient cesser, la priorité étant aujourd’hui de trouver une « solution diplomatique » au conflit, a-t-il ajouté.

Depuis les premiers raids de la coalition lancés le 26 mars 2015, quelques semaines après la prise de la capitale yéménite par les insurgés, le conflit a fait des centaines de milliers de morts, victimes directes ou indirectes du conflit, et plongé le Yémen dans l’une des pires crises humanitaires au monde, selon l’ONU.

Changer d’image

Les combats ont globalement cessé depuis avril 2022 à la faveur d’une trêve négociée par l’ONU, même si l’accord n’a pas été prolongé à son expiration début octobre.

Avant même l’entrée en vigueur de cette trêve, les Saoudiens avaient entamé des pourparlers indirects avec les Houthis, à travers Oman, avec la volonté notamment de faire cesser les attaques de drones et de missiles lancés depuis le pays voisin contre leurs installations pétrolières.

Les forces loyales aux rebelles houthis du Yémen participent à une parade militaire marquant le septième anniversaire de l’intervention de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite dans leur pays, dans la capitale Sanaa, le 31 mars 2022. (Crédit : MOHAMMED HUWAIS / AFP)

L’Arabie saoudite continue aujourd’hui de négocier pour « parvenir à des accords qui lui permettraient de sécuriser ses frontières tout en maintenant son influence dans les zones contrôlées par le gouvernement », indique l’analyste Ahmed Nagi.

Selon lui, Ryad veut « rester un acteur clé dans la politique intérieure du Yémen » pour garantir sa sécurité « au cas où le conflit se poursuit au niveau local ».

La coalition militaire dirigée par Ryad s’est engagée au Yémen avec l’objectif affiché de protéger les civils contre les attaques des Houthis, de restaurer le gouvernement reconnu par la communauté internationale et d’empêcher son voisin de tomber sous la coupe d’une force proche de Téhéran.

Mais huit ans plus tard, les rebelles contrôlent de larges pans du territoires et disposent d’un arsenal militaire important, utilisé ces dernières années pour attaquer l’Arabie et les Emirats arabes unis, un autre membre de la coalition.

Cette menace compromet l’ambitieux chantier visant à réduire la dépendance de l’économie saoudienne à l’or noir, et transformer l’image du royaume conservateur.

Les autorités saoudiennes se concentrent « sur le développement, le tourisme et les méga-projets, avec l’idée que toute implication dans un conflit » pourrait nuire aux investissements et à la stabilité, explique un analyste proche des négociations.

Des forces loyales aux Houthis du Yémen soutenues par l’Iran prennent part à des funérailles de masse pour les combattants tués dans des batailles avec les troupes gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite, dans la capitale du Yémen, Sanaa, le 8 avril 2021. (Crédit : Mohammed Huwais/AFP)

Le rôle de l’Iran

Le royaume « et de nombreux acteurs régionaux », veulent toutefois « passer d’une forme d’entente entre l’Arabie et les Houthis à un processus plus large mené par l’ONU », précise-t-il sous couvert d’anonymat, car il n’est pas autorisé à s’exprimer dans les médias.

Selon lui, l’Arabie veut ainsi « s’en laver les mains » et se dégager de toute responsabilité en cas de nouvelle flambée des violences dans le pays, miné par les divisions politiques, régionales et tribales.

Quelques jours après l’annonce à Pékin du rétablissement prochain des relations diplomatiques entre Ryad et Téhéran, après sept ans de rupture, un responsable saoudien avait souligné le rôle que pouvait jouer l’Iran dans éventuel un accord avec les Houthis permettant de sécuriser les frontières.

Selon ce responsable, les discussions avec les rebelles visent aussi à parvenir à « une paix durable et ouvrir la voie à une solution politique » au Yémen, même si de nombreux analystes doutent d’une résolution immédiate d’un conflit très complexe.

L’Arabie saoudite a « décidé de quitter le Yémen quel qu’en soit le prix », estime un diplomate arabe à Ryad. Le royaume « veut faire les gros titres pour des réformes sociales, des projets impressionnants », pas pour des violences liées au conflit, dit-il.

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