Aaron Klein réfute les accusations d’antisémitisme contre Bannon et “ne connaît pas” la droite alternative
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Entretien‘Je le connais comme un amoureux d’Israël et quelqu’un qui lutte littéralement contre l’antisémitisme’

Aaron Klein réfute les accusations d’antisémitisme contre Bannon et “ne connaît pas” la droite alternative

Pour le dirigeant du bureau de Jérusalem de Breitbart, Bannon est “l’un des meilleurs amis qu’Israël a jamais eu” à la Maison Blanche

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Stephen Bannon, stratège de Donald Trump, alors candidat républicain à la Maison Blanche, pendant le dernier meeting de campagne, à Grand Rapids, Michigan, le 8 novembre 2016. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)
Stephen Bannon, stratège de Donald Trump, alors candidat républicain à la Maison Blanche, pendant le dernier meeting de campagne, à Grand Rapids, Michigan, le 8 novembre 2016. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)

Stephen Bannon, le choix controversé du président américain élu Donald Trump pour être stratège en chef de la Maison Blanche, est un « amoureux d’Israël » qui a durement travaillé pour lutter contre la haine des juifs dans les universités américaines, a déclaré dimanche un proche de Bannon.

« Non seulement il n’est pas antisémite, mais il combat l’antisémitisme », a déclaré Aaron Klein, chef du bureau de Jérusalem du site Breitbart News, que Bannon dirigeait avant de rejoindre la campagne de Trump en août dernier.

Klein, interviewé dimanche par le Times of Israël, a également déclaré qu’il n’était pas familier avec la droite alternative, le mouvement nationaliste blanc qui a été enhardi et alimenté par la campagne Trump, et qui, selon de nombreux avis, intègre des éléments antisémites et racistes.

Bannon s’était vanté cette année que Breitbart soit « la plate-forme de la droite alternative ».

« Stephan Bannon m’a contacté pour lancer Breitbart Jérusalem il y a un an, avec l’objectif spécifique de défendre Israël contre l’offensive de reportages réellement injustes, négatifs et de parti-pris sur Israël par la plupart des médias d’information du monde », a déclaré Klein.

Stephen Bannon, à droite, dans le hall de la Trump Tower à New York, le 11 novembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images via JTA)
Stephen Bannon, à droite, dans le hall de la Trump Tower à New York, le 11 novembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images via JTA)

Bannon, qui était le président et directeur exécutif du site avant de rejoindre la campagne, a été « particulièrement inquiet », et a tenté de lutter contre le mouvement de boycott, désinvestissement et sanction (BDS) contre Israël sur les campus américains, a déclaré Klein.

Klein, originaire de Philadelphie, est diplômé de l’université Yeshiva et vit et travaille en Israël depuis 2005. Il a déclaré qu’il connaissait Bannon depuis des années, et qu’il était devenu un de ses « amis proches ». A Breitbart, a déclaré Klein, il a travaillé « très étroitement » avec Bannon, et ils communiquaient plusieurs fois par jour ensemble. Il ne lui a cependant pas parlé depuis l’élection du 8 novembre.

Aaron Klein, directeur du bureau de Jérusalem du site Breitbart News. (Crédit : autorisation)
Aaron Klein, directeur du bureau de Jérusalem du site Breitbart News. (Crédit : autorisation)

« Il a personnellement promu d’innombrables articles de Breitbart sur Jérusalem pour couvrir la marée croissante d’antisémitisme sur les campus des universités américaines, a déclaré Klein. C’est une partie de lui que personne ne connaît. »

Bannon a été accusé d’antisémitisme et de sectarisme, bien qu’il ait démenti ces accusations.

Alors que plusieurs associations juives ont appelé Trump à revenir sur sa nomination, l’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, Ron Dermer, et le ministre de l’Agriculture Uri Ariel ont publiquement soutenu Bannon, comme d’autres organisations juives, dont l’Organisation sioniste d’Amérique, la ZOA.

Bannon était attendu au dîner de gala annuel de la ZOA dimanche soir, mais n’y a finalement pas été. Des centaines de manifestants majoritairement juifs s’étaient rassemblées devant le Grand Hyatt Hotel de New York, chantant « Steve Bannon doit partir » et d’autres slogans appelant Trump à le renvoyer.

Klein, qui a écrit plusieurs best-sellers et anime une émission de radio populaire dans laquelle il attaque régulièrement l’administration du président américain Barack Obama, a déclaré que dire que Bannon était antisémite était « manifestement absurde ».

Des informations sur ce que Bannon aurait dit à son ex-femme, qu’il ne voulait pas que leurs enfants aillent à l’école avec des juifs, sont « absolument fausses », a-t-il déclaré. « C’est vraiment s’accrocher aux branches quand tout ce qu’ils ont est une ex-femme mécontente dans un document de divorce contesté faisant une accusation qu’il a ensuite démentie. »

Klein a ajouté que « je le connais intimement et non seulement je ne lui connais aucune déclaration antisémite, mais je le connais comme un amoureux d’Israël et quelqu’un qui lutte littéralement contre l’antisémitisme. »

Abraham Foxman, ancien dirigeant de la Ligue anti-diffamation (ADL). (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Abraham Foxman, ancien dirigeant de la Ligue anti-diffamation (ADL). (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Même la Ligue anti-diffamation (ADL), qui « s’oppose fortement » à la nomination de Bannon à la Maison Blanche, a reconnu dans un communiqué de presse n’être « pas informée d’une déclaration antisémite faite par Bannon lui-même », a souligné Klein.

Cependant, l’organisation a également déclaré que Breitbart « a servi de plate-forme à une vaste gamme de sectarisme », et que sous la direction de Bannon, le site « est devenu la source principale des opinions extrêmes d’une minorité vocale qui colporte le sectarisme et promeut la haine. »

Bannon, a ajouté l’ADL, « s’est essentiellement établi lui-même comme le conservateur en chef de la droite alternative. »

Selon l’ADL, le mouvement de la droite alternative est un « réseau aux contours flous d’individus et de groupes qui promeuvent l’identité blanche et rejettent le conservatisme classique pour lui préférer des politiques qui adoptent le racisme, l’antisémitisme et la suprématie blanche de façon implicite ou explicite. »

Une pancarte vue pendant une manifestation contre la nomination de Stephen Bannon au poste de stratège en chef de la Maison Blanche par le président américain élu Donald Trump, à Los Angeles, le 16 novembre 2015. (Crédit : AFP/David McNew)
Une pancarte vue pendant une manifestation contre la nomination de Stephen Bannon au poste de stratège en chef de la Maison Blanche par le président américain élu Donald Trump, à Los Angeles, le 16 novembre 2015. (Crédit : AFP/David McNew)

Avant d’être nommé à la Maison Blanche, Bannon aurait adopté le nationalisme et l’idée que son site internet soit « la plate-forme de la droite alternative », même s’il a dénoncé les éléments racistes et antisémites du mouvement, dont il affirme qu’ils sont une minorité.

Klein, au contraire, s’est dit peu familier avec la droite alternative.

« Qui sont-ils ? Que sont-ils ? Il y a de multiples informations conflictuelles, a-t-il déclaré. Nous n’avons aucune association avec la droite alternative. Je ne sais même pas qui ils sont. »

Un article très détaillé et largement sympathique avec la droite alternative, publié par le propre site Breitbart de Klein cette année, explique que, pour les intellectuels du mouvement, « la culture est inséparable de la race. »

Il est également dit que la droite alternative s’est « unie autour de Richard Spencer », un dirigeant suprématiste blanc qui a invoqué samedi, pendant un évènement à Washington, une imagerie nazie explicite pour fêter la victoire de Trump.

Malgré son étroite amitié avec Bannon, Klein a refusé de commenter ses opinions et politiques spécifiques concernant le Moyen Orient et le conflit israélo-palestinien, déclarant seulement que Bannon est « l’un des meilleurs amis qu’Israël a jamais eu à la Maison Blanche. »

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