Abbas appelle l’UE à s’impliquer davantage dans les négociations de paix
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Abbas appelle l’UE à s’impliquer davantage dans les négociations de paix

Le chef de l'AP a déclaré que la "non-reconnaissance des droits des Palestiniens" allait "à l'encontre des principes européens" et assuré que cela ne nuirait pas aux négociations

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors du sommet réunissant la Migue arabe et l'Union européenne, à Charm el-cheikh, le 24 février 2019. (Crédit :  Wafa)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors du sommet réunissant la Migue arabe et l'Union européenne, à Charm el-cheikh, le 24 février 2019. (Crédit : Wafa)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a exhorté dimanche les Européens à jouer un plus grand rôle dans la médiation du processus de paix et à reconnaître « un état de Palestine », déplorant l’absence d’une telle reconnaissance, qu’il a considérée comme une trahison des valeurs européennes.

« Le temps n’est-il pas venu pour les Etats européens qui ne l’ont pas encore fait de reconnaître un état de Palestine, notamment à la lumière de votre soutien à la solution à deux Etats ? », a déclaré Abbas dans un court discours au sommet réunissant Ligue arabe et dirigeants européens à Charm el-Cheikh, en Égypte.

« Vous avez reconnu Israël, vous l’avez soutenu depuis sa création et défendu sa sécurité. C’est votre droit. Mais permettez moi de dire cela : votre non-reconnaissance des droits des Palestiniens à l’auto-détermination dans son état est une démarche qui va à l’encontre de vos valeurs et de vos principes européens. »

Si plusieurs pays européens ont reconnu un État palestinien, la majorité d’entre eux, notamment la France, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie ne l’ont pas fait.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors du sommet réunissant la Ligue arabe et l’Union européenne, à Charm el-cheikh, le 24 février 2019. (Crédit : AP Photo/Francisco Seco)

Israël a toujours dit que la reconnaissance d’un État palestinien avant la finalisation d’un accord de paix endurcirait la position des Palestiniens dans les négociations et compliquerait la conclusion d’un accord.

Abbas a déclaré que la reconnaissance d’un état palestinien par les pays européens ne « remplaçait » pas les négociations ni n’était dirigée contre Israël. Il avait déclaré par le passé qu’une telle démarche encouragerait les Palestiniens à garder espoir pour la paix.

Le président de l’Autorité palestinienne a également appelé les Européens à jouer un plus grand rôle dans les négociations de paix et réitéré son appel à une conférence internationale, qui ne serait pas exclusivement placée sous l’égide des Etats-Unis.

Depuis que l’administration Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël en 2017, les Palestiniens boycottent toute médiation américaine. Les relations se sont davantage compliquées quand Washington a coupé plusieurs centaines de milliers de dollars d’aide aux Palestiniens.

Le dirigeant palestinien estime que la position américaine a encouragé Israël à se placer au-dessus de la loi et que pour cette raison, les Etats-Unis ne pouvaient plus faire office « d’unique » médiateur. Il a déclaré à de nombreuses reprises qu’il rejetterait le très attendu plan de paix de Trump, qui devrait être dévoilé après les élections israéliennes du 9 avril.

À la place, il a préféré renouveler son soutien à l’initiative de paix arabe, aussi appelée Initiative saoudienne, que la Ligue arabe a soutenue en 2002 à Beyrouth.

Le monarque saoudien Salmane lors du sommet réunissant la Migue arabe et l’Union européeene, à Charm elè-cheikh, le 24 février 2019. (Crédit : AP Photo/Francisco Seco)

« Mettre en œuvre l’initiative de paix arabe telle qu’elle a été fondée en 2002 est la seule façon de parvenir à la paix et ce que soutiennent tous les Arabes », a-t-il déclaré dimanche.

Avec cette initiative, il s’agirait pour Israël d’accepter une solution à deux Etats selon les frontières de 1967 et une solution « juste » au problème des réfugiés palestiniens, en échange d’une normalisation des relations entre Israël et les pays arabes et la signature d’un armistice.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait savoir qu’il ne souhaitait pas travailler avec l’initiative de paix arabe comme toile de fond, affirmant qu’il voudrait normaliser les relations avec le monde arabe indépendamment des progrès des pourparlers israélo-palestiniens.

Cependant, un responsable saoudien a récemment déclaré que la résolution du conflit israélo-palestinien était un prérequis à la normalisation des liens avec l’Etat hébreu.

« Du point de vue israélien, M. Netanyahu aimerait que nous ayons une relation, et ensuite, nous résoudrons la question palestinienne. Du point de vue saoudien, c’est tout l’inverse », avait déclaré le prince Turki al-Fayçal, ancien chef du renseignement saoudien et ambassadeur aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, à la Treizième chaîne israélienne en février.

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